Journée de la visibilité lesbienne 2020

Les personnes LGBTI sont particulièrement vulnérables dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19, notamment les femmes lesbiennes, dans un contexte de confinement qui renforce l’isolement, la précarité, les violences intrafamiliales, qui exacerbe les LGBTIphobies et les discours de haine.

Pour beaucoup, être lesbienne est un facteur aggravant des conditions de confinement. Certaines ont dû faire le choix entre rester seule ou se confiner dans leur famille lesbophobe, deux choix néfastes pour leur santé mentale. Quant aux plus jeunes confinées dans des familles hostiles, elles peuvent être victimes de coming out forcé ou de violences lesbophobes. Dans une situation où l’on se retrouve en vase clos et sans échappatoire, la lesbophobie ambiante, de tous les jours, peut augmenter les violences à l’encontre des femmes lesbiennes. Selon l’enquête VIRAGE (2015), le fait d’être lesbienne augmente déjà de 2,5 fois le risque de subir des violences intrafamiliales, et de 4 à 5 fois de subir des violences sexuelles, par rapport à une femme cis hétérosexuelle. Beaucoup doivent opter pour le renfermement sur soi et cacher leur orientation sexuelle ou identité de genre pour ne pas être victimes de LBTIphobies.

Par ailleurs, face à cette crise sanitaire, les femmes sont en première ligne. Caissières, soignantes, auxiliaires de vie, agentes d’entretien, ouvrières, pharmaciennes, elles occupent des postes stratégiques et sont davantage exposées. Parmi ces femmes, sont naturellement présentes des lesbiennes qui ont plus de risques de se retrouver dans des situations de précarité et d’isolement. En effet, la part des lesbiennes est deux fois plus importante dans la catégorie ouvrière que les femmes cis hétéros, elles sont deux fois moins en couple et vivent souvent seules, sans liens familiaux. Peu de nos aînées lesbiennes ont des enfants et se retrouvent totalement isolées durant cette période.

De manière à toujours être disponible pour les personnes LGBTI qui en ont besoin pendant le confinement, SOS homophobie a élargi ses horaires de chat’écoute désormais ouvert 7J/7 de 18h à 20h.

En cette journée de la visibilité lesbienne, SOS homophobie tient à rappeler que la crise de COVID-19 ne justifie en rien ni le recul des droits, ni l’abandon des LGBTI, ni l’augmentation des LGBTIphobies.