Suite à une circulaire de 1983, les homosexuels masculins, mais aussi parfois des lesbiennes, sont exclu(e)s systématiquement du don du sang, du seul fait de leur orientation sexuelle. Au nom du "principe de précaution" cette discrimination s'applique qu'ils aient eu ou non des "conduites à risque".
Nous avons enquêté sur la pertinence de cette exclusion et nous nous devons de conclure qu'elle ne repose, aujourd'hui, sur aucun argument scientifique.
On constate en effet une différence de traitement entre un hétérosexuel ayant une conduite à risque (exclusion temporaire) et un homosexuel (exclusion définitive du seul fait de son orientation sexuelle).
Donner son sang est un acte citoyen qui engage la responsabilité de chacun. Écarter systématiquement les homosexuels revient à considérer qu'ils seraient moins citoyens et moins responsables que les hétérosexuels.
Nous pensons donc que ce principe de précaution doit être remis en cause dans son application abusive et discriminante.
Nous demandons à ce que la condition de "groupe à risque" soit remplacée par la condition de "conduite à risque".
Pour sensibiliser l'ensemble de l'opinion publique nous mettons en place une campagne :
A la clôture de l'opération, le nombre total de promesses de dons et ces "engagements receveurs(euses)" sera remis solennellement à la direction de l'Établissement Français du Sang. Charge à eux de les accepter et ainsi sauver des vies ou de les refuser.
Merci de votre confiance.
Avertissement : les promesses de don collectées seront transmises à SOS homophobie qui gère l'opération. SOS homophobie s'engage à garantir la confidentialité des données communiquées. Les informations transmises à l'Etablissement Français du Sang seront anonymes : seul votre prénom et votre code postal seront communiqués.
Nous faisons confiance à votre responsabilité citoyenne pour aller donner votre sang et respecter cet engagement, si l'Établissement Français du Sang change de position.
SOS homophobie - c/o Centre LGBT Paris IDF - 63 rue Beaubourg - 75003 Paris
Tél. : 0810 108 135
Mail : sos@sos-homophobie.org
Site : http://www.sos-homophobie.org
Chaque année, de façon récurrente, nous recevons des appels ou des mails de gays, et parfois de lesbiennes, qui se sont vus refuser leur sang alors qu'ils voulaient en faire don par simple acte de générosité. Le motif de ce refus : leur homosexualité. L'orientation sexuelle peut-elle être un objet de refus de don du sang ?
Hélas, oui. Depuis le 20 juin 1983, une circulaire relative à la prévention du SIDA par la transfusion sanguine a été mise en place par le Professeur Roux, Directeur Général de la Santé à l'époque, interdisant aux "personnes homosexuelles ou bisexuelles" de donner leur sang étant considérées comme un "groupe à risque" au même titre que les utilisateurs de drogues injectables par voie veineuse, les personnes originaires d'Haïti et d'Afrique équatoriale, les partenaires sexuels (hommes ou femmes) des personnes appartenant à ces catégories. La formulation n'est pas très heureuse, puisqu'elle ne concerne que les hommes homosexuels ou bisexuels. Ainsi les relations homosexuelles masculines sont répertoriées comme un comportement à haut risque d'exposition au VIH, hépatite B et C dans la dernière édition des contre-indications médicales au don du sang relatives à la prévention de la transmission d'agents viraux.
Si cette mesure pouvait se justifier au regard des connaissances scientifiques de l'époque et d'une population gay majoritairement touchée par le VIH, aujourd'hui 22 ans après, les statistiques nous démontrent que depuis 15 ans, l'épidémie du sida en France se développe beaucoup plus rapidement chez les hétérosexuel(le)s (+410% en 15 ans) que chez les gays (-68% sur la même période, source INVS : Institut National de Veille Sanitaire). Ainsi depuis 1997, on peut affirmer que la pratique sexuelle hétérosexuelle est le mode de contamination le plus fréquent. De plus, il ne faut pas oublier qu'avec les fréquentes campagnes de prévention lancées au sein du milieu gay depuis les années 1980, ce groupe est celui qui recourt le plus au dépistage (89% des gays versus 36% de l'ensemble des hommes, source INVS), les statistiques doivent donc tenir compte de cet indicateur qui nous démontre qu'il y a plus d'hétérosexuel(le)s que de gays porteurs du VIH qui s'ignorent. D'autre part, si on devait tenir compte des statistiques pourquoi ne pas alors exclure également tous les hommes puisqu'ils représentent "un sexe à risque" !!!
Malgré des statistiques quelque peu contestables, rien ne prouve que les gays aient plus de conduites à risque que les hétérosexuel(le)s : en effet si des études faites auprès de gays fréquentant des lieux "hautement représentatifs" tels que les saunas, les backrooms et autres lieux de drague (cf le Baromètre Gay 2002 de l'INVS : enquête réalisée dans les lieux de rencontre gays), montrent que certains gays ont des conduites à risque, en revanche aucune étude n'a été menée sur les conduites à risque des hétérosexuel(le)s. D'ores et déjà, ces études, biaisées par les lieux d'enquête, tendent à ne montrer qu'une "image d'Epinal" où tous les gays sont associés à un "style de vie libertin" engendrant des conduites à risque. L'INVS oublie trop souvent que l'homosexualité avant d'être une sexualité est une affaire d'identité qui recouvre une multitude de pratiques sexuelles tout comme l'hétérosexualité sur lesquelles il serait hasardeux de généraliser a priori.
Malgré toutes les précautions prises, seules l'honnêteté et la franchise des donneurs peuvent empêcher la transmission de sang contaminé. Un homosexuel tout comme un hétérosexuel peut très bien mentir sur sa vie sexuelle lors du questionnaire mené par le médecin. De toute façon, le risque est minime car pour toute personne qui donne son sang, des tubes d'échantillons du sang sont prélevés simultanément afin de faire des analyses. Chaque don est donc systématiquement testé individuellement. Chaque donneur est identifié par un numéro de don unique avec un code à barre qui est attribué à sa poche de sang pour assurer toute la traçabilité à chaque étape du circuit. Ainsi lorsqu'une anomalie est décelée, le donneur est toujours prévenu aussitôt par l'EFS (Etablissement Français du Sang). Le seul risque pourrait venir du fait que des dons seraient réalisés sur une période (la fenêtre sérologique) où on ne peut pas encore détecter la maladie chez le donneur faute de fabrication suffisante d'anticorps par l'organisme et encore cette période est très courte (12 jours après la contamination).
SOS homophobie a décidé de se mobiliser contre cette discrimination en lançant un appel national à tous les homosexuels masculins séronégatifs qui souhaitent donner leur sang et qui déclarent sur l'honneur ne pas avoir de conduites à risques lors de leurs rapports sexuels, ce qui sous-entend : pas de rapports non protégés, pas de partenaires multiples ou avec un partenaire unique depuis moins de 6 mois. Ces derniers pourront remplir une promesse de don du sang. Nous invitons également tous ceux qui ne font pas partie de cette catégorie et qui souhaitent soutenir notre action à remplir un engagement receveur(se) affirmant qu'ils s'insurgent contre l'exclusion systématique des homosexuel(le)s du don du sang et déclarent, si cette mesure était abolie, ne pas craindre d'être transfusé(e)s (il est bien sûr possible de cocher les deux : promesse de don et engagement receveur(se)). Les promesses de don et les engagements receveurs collectés seront transmis à SOS homophobie qui gère l'opération (SOS homophobie s'engage à garantir la confidentialité des données communiquées).
Cette campagne de don du sang a pour objectif de sensibiliser les Français(es) à cette discrimination trop souvent ignorée par les homosexuels eux-mêmes et davantage encore par tous ceux qui peuvent donner leur sang. Cette discrimination sous-entend que les homosexuels sont une population irresponsable sexuellement et ont par essence un sang impur indigne d'être transmis pour sauver une vie. Il est intolérable que de tels principes moralisateurs puissent régenter des principes de précaution soit disant scientifiques ! Nous voulons pointer du doigt l'amalgame sous-jacent à cette mesure qui associe les comportements à risque à une orientation sexuelle. D'autant plus que les conduites à risque ne sont pas l'apanage des homosexuels ! Cependant, si les hétérosexuel(le)s qui ont des conduites à risque sont exclus temporairement (6 mois après un rapport non-protégé), les homosexuels masculins, eux, sont exclus systématiquement et définitivement quels que soient leurs comportements sexuels. Cette mesure ne sert qu'à stigmatiser une orientation sexuelle qui dérange et entraîne la ségrégation d'une minorité à un acte de citoyenneté et de solidarité, ce qui ne fait que renforcer l'homophobie ambiante !
Ainsi nous demandons la révision de cette mesure afin que soit prise en compte non plus l'appartenance à une orientation sexuelle mais que le cas par cas soit étudié en dehors de toute considération sexuellement discriminatoire. Nous demandons également une exclusion temporaire et non définitive des homosexuels masculins au même titre que les hétérosexuel(le)s, en cas de conduites sexuelles jugées à risque.
A la clôture de l'opération, le nombre total de promesses de dons et d'"engagements receveurs(euses)" sera remis symboliquement à la direction de l'Établissement Français du Sang. Charge à eux de les accepter et ainsi sauver des vies ou de les refuser.
Les informations transmises à l'Etablissement Français du Sang seront anonymes : seul le prénom et le code postal seront communiqués. Nous faisons confiance à votre responsabilité citoyenne pour aller donner votre sang et respecter cet engagement, si l'Etablissement Français du Sang changeait sa position.
SOS homophobie - c/o Centre LGBT Paris IDF - 63 rue Beaubourg - 75003 Paris
Tél. : 0810 108 135
Mail : sos@sos-homophobie.org
Site : http://www.sos-homophobie.org
La circulaire de 1983 concerne l'interdiction de don du sang qui touche "les personnes homosexuelles ou bisexuelles ayant des partenaires multiples". En fait, à l'époque, le Pr Roux visait uniquement les gays (majoritairement touchés par le VIH à l'époque), même si la formulation n'est pas très heureuse (assimilation "personne homosexuelle"=gay). Cependant, de façon abusive, des médecins de l'EFS se référant à cette circulaire en sont venus à l'interdire également aux lesbiennes.
En 2002, l'EFS a publié de nouvelles recommandations se rendant compte du statut potentiellement discriminatoire de cette directive et a précisé le motif d'exclusion qui n'est plus d'être "une personne homosexuelle ou bisexuelle" mais d'avoir eu "des relations homosexuelles masculines", ce qui revient sensiblement au même quant à la motivation originale de la circulaire, mais qui a l'avantage de sous-entendre clairement que les lesbiennes peuvent donner leur sang.
C'est pourquoi nous nous référons toujours à la circulaire de 1983 et non aux nouvelles recommandations de 2002 pour notre initiative qui concerne la catégorie d'homosexuels qui ne peuvent pas donner leur sang, à savoir les gays, vu que la position de l'EFS n'a pas changé sur ce point.
Lire les nouvelles recommandations de l'EFS (bas de la page 55, source INVS, fichier PDF disponible sur le site web de l'INVS)
Ce sont bien les relations homosexuelles masculines qui sont motif d'exclusion, les relations lesbiennes n'étant pas mentionnées. Cependant il existe d'autres motifs d'exclusion telle que le multipartenariat sexuel par exemple...
En résumé, l'EFS n'interdit pas le don du sang aux lesbiennes du seul fait de leur orientation sexuelle : quand cela arrive, c'est une application abusive et purement discriminatoire de quelques médecins de l'EFS qui n'ont pas compris la directive qu'on leur a enseignée. Malheureusement, cela semble concerner un certain nombre de médecins. SOS homophobie a réalisé une enquête sur la lesbophobie, à laquelle ont répondu 1793 lesbiennes. 178 lesbiennes rapportent un ou plusieurs cas de lesbophobie dans le domaine de la santé et des soins, dont :
Nous avons donc choisi (avec l'accord de la Commission Lesbophobie de SOS homophobie) de ne pas inclure les lesbiennes à la promesse de don du sang car le don du sang leur est autorisé en théorie et qu'il n'y a donc aucune interdiction à lever pour elles. Nous ne nions pas qu'elles sont elles aussi victimes de discrimination puisque nous avons bien remarqué qu'elles aussi étaient parfois exclues du don du sang, ce qui montre la complète absurdité de cette directive puisqu'elle n'est même pas bien appliquée ou comprise par les médecins de l'EFS eux-mêmes ! Les lesbiennes, tout comme les autres catégories de personnes soit qui peuvent donner leur sang soit qui en sont empêchées par un autre motif, sont donc invités à signer l'engagement "receveur(se)".
Au travers de cette initiative, SOS homophobie souhaite informer les gens sur l'absurdité de cette exclusion y compris sur une exclusion complètement abusive des lesbiennes, nous ne les oublions absolument pas dans ce débat et nous les invitons à se solidariser contre cette exclusion en signant un engagement receveuse.
SOS homophobie - c/o Centre LGBT Paris IDF - 63 rue Beaubourg - 75003 Paris
Tél. : 0810 108 135
Mail : sos@sos-homophobie.org
Site : http://www.sos-homophobie.org