4ème bilan du quinquennat Hollande : avoir le courage de ses engagements

En 2012, François Hollande a répondu au questionnaire de SOS homophobie adressé à tou-te-s les candidat-e-s à l’élection présidentielle. Il s’est alors engagé sur nos douze principales revendications politiques. Alors que les marches des fiertés LGBT (Lesbiennes, Gay, Bi, et Trans') ont lieu actuellement partout en France, quel bilan peut-on tirer de l’action gouvernementale en matière de lutte contre les LGBTphobies ?

Des avancées essentielles ont eu lieu qu’il s’agisse de l’adoption de la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe, de la reconnaissance de « l’identité sexuelle » comme motif de discrimination, de la fin de l’exclusion systématique et à vie des gays et des hommes bis du don du sang ou encore de l’inscription dans les programmes scolaires de lutte contre l’homophobie.

Mais, ces progrès ont aujourd’hui un goût inachevé qui témoigne malheureusement de l’absence de courage des pouvoirs publics. La procréation médicalement assistée (PMA) reste fermée aux couples de femmes et aux femmes célibataires par crainte des « vociférations de la Manif pour tous » selon les propres mots de la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol. Le don du sang des gays et des hommes bisexuels reste soumis à une exclusion de douze mois sans relations sexuelles avec un autre homme, exclusion fondée sur le concept de « groupe à risque » et non de « pratique à risque ». Dans le domaine de l’éducation, SOS homophobie rappelle que les mesures prises seront sans effet sans un accompagnement fort de la mise en œuvre des nouveaux programmes scolaires.

A quelques mois des nouvelles élections présidentielle et législatives, nous avons l’espoir que des progrès peuvent encore être accomplis. L’ouverture de la PMA à toutes les femmes ne dépend que d’une volonté politique ferme. Sur le changement d’état-civil des personnes trans', SOS homophobie en appelle aux parlementaires et au gouvernement pour que les dispositions inscrites dans le projet de loi Justice du XXIème siècle évoluent vers un changement d’état-civil libre et gratuit. De la même manière, le projet de loi Egalité et Citoyenneté, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale offre l’occasion de renforcer durablement les moyens de lutter contre l’homophobie et la transphobie, en reconnaissant, en particulier, « l’identité de genre » et non « l’identité sexuelle » comme motif de discrimination. De nouvelles mesures peuvent encore être prises en faveur d’une lutte plus efficace contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie à l’école et sur les lieux de travail.

Au cours des prochains mois, SOS homophobie sera particulièrement attentive aux derniers progrès qui pourraient être accomplis lors de ce quinquennat.Nous souhaitons ardemment que les actes du président François Hollande soient conformes aux engagements que le candidat a pris en 2012.