9e jour du procès Bruno Wiel : les derniers mots des accusés de Bruno Wiel

Chaque jour du 18 au 28 janvier, SOS homophobie tient le journal du procès des quatre agresseurs de Bruno Wiel.

La dernière matinée du procès s'achève après les plaidoiries de la défense par une invitation du Président de la cour à ce que chaque accusé prenne la parole librement.

"Monsieur Sanchez, avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?"

"Je veux m'excuser. J'ai mal exprimé les choses, j'y arrive pas, j'arrive pas à le regarder. Je suis désolé. J'ai honte depuis le jour où ça s'est passé. Auprès de sa famille... j'ai été touché par le témoignage de sa famille, de son frère. [Silence] Je tiens à dire, Monsieur Wiel, que je m'en veux à un point inimaginable. J'espère que Bruno Wiel saura se reconstruire, je lui souhaite tout le bonheur possible."

"Monsieur Wijesinghe ?"

"Je sais que Bruno Wiel attendait plus de notre part pour ce procès. Je regrette vraiment ce qu'il s'est passé. Ca sert à rien de s'excuser. Toutes ces choses qu'on lui a faites, ces violences qu'il a subies... Je regrette vraiment. J'espère qu'il va se reconstruire et qu'il aura une belle vie."

"Monsieur Soleiman ?"

"Je m'adresse à tout le monde. Les actes que j'ai commis sont inexcusables et injustifiables. Ce procès, c'est mon enterrement. La personne que j'étais est morte. Je ne peux plus vivre de la même façon, je m'en suis rendu compte pendant ma détention. J'espère que je pourrai me reconstruire et racheter mes fautes. Je ne cherche plus qu'à me racheter. J'ai beaucoup de difficultés à m'adresser à Monsieur Wiel, mais je vais le regarder [se tourne vers Bruno] : vous êtes un bon homme, comme on dit chez nous, et moi je suis une grosse merde [il pleure]. Ma vie, elle vaut rien. Je ne sais pas comment j'en suis arrivé là. J'ai envie de te mettre une arme dans les mains et de te dire : "Fume-moi." C'est tout ce que je mérite. Je te demande pardon, mais je sais que ça ne se fait pas. Je suis désolé."

"Monsieur Deugoué N'Gagoué ?"

"Monsieur Wiel, ce que vous avez subi, c'est inimaginable. C'est vrai, j'ai fuis. Mais là où j'étais, j'aurais pu rester. Mais je me devais de revenir et de vous dire la vérité. Je ne savais pas que j'avais une telle haine en moi [...] J'ai pété un câble, j'ai pété un plomb. La souffrance qui sommeillait en moi s'est réveillée. Je ne suis pas un monstre, je n'ai pas la mentalité de la cité. Je suis désolé."

A suivre : le verdict du jury