Adoption par les couples homosexuels : l'UMP et le gouvernement à la remorque des Français-es et de l'Europe

En célébrant la chute du mur de Berlin, l'UMP prétendait la semaine dernière avoir fait chuter "le mur de l'immobilisme" en France. Pourtant, force est de constater que sur la question de l'homoparentalité et de l'adoption par des couples homosexuels, l'UMP reste emmurée dans ses conservatismes. 10 ans après son combat d'arrière-garde contre le PaCS, combat marqué par des saillies homophobes outrancières et injurieuses, l'UMP s'apprête à rejouer le même scénario en se montrant sourde à l'évolution de l'opinion des Français-es.

Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, déclare ce matin dans La Croix : "Ma famille politique est opposée à l’adoption par les couples homosexuels. La loi ne le permet pas et je ne vois pas pourquoi il faudrait la changer". L'hypocrisie qui consiste à autoriser l'adoption par un-e célibataire homosexuel-le mais à la refuser aux couples semble très bien convenir à M. Bertrand, puisqu'il ne remet pas en cause l'adoption par les célibataires.
Pour M. Bertrand, "ce qui prime avant tout, ce sont les droits de l’enfant. En l’occurrence, le droit à bénéficier de repères stables". Pense-t-il sérieusement que tous les pays européens qui ont ouvert l'adoption aux couples homosexuels ont sciemment décidé de priver des enfants d'un développement harmonieux ?

Les Français-es ont pourtant bien compris que rien ne peut justifier l'inégalité des droits entre homosexuel-le-s et hétérosexuel-le-s. Ils et elles savent bien qu'aux Pays-bas, au Royaume-Uni, en Suède, en Espagne, en Belgique, au Danemark et en Norvège, le droit à l'adoption pour les couples homosexuels n'a en aucune manière fragilisé la société, ni mis en danger les enfants. Un sondage BVA publié le 13 novembre par Canal + montre que 57% des Français-es sont favorables à l'adoption par les couples homosexuels (ils n'étaient que 48% en 2006), et 64% des personnes interrogées sont pour le mariage homosexuel.

Les Français-es sont prêt-e-s, ils soutiennent ces revendications, alors qu'attend le gouvernement pour lancer une réforme populaire ? Avoir toujours 10 ans de retard sur nos voisins européens, est-ce là un élément de l'identité nationale dont le gouvernement est si fier ?

Sur ces questions, on cherche en vain le pragmatisme si souvent revendiqué par l'UMP et le gouvernement. SOS homophobie les appelle à la rupture avec l'idéologie de 1999.
Comment l'UMP et le gouvermement peuvent-ils justifier le refus de l'adoption par les couples homosexuels, si ce n'est par leur conviction profonde que les homosexuel-le-s sont des êtres inférieurs aux hétérosexuel-les, et qu'ils-elles représentent un danger pour les enfants ?