Agression d'un couple de lesbiennes dans l'Essonne : SOS homophobie se porte partie civile.

Le 2 juillet dernier, Cynthia et Priscilla, un couple de lesbiennes habitant ensemble à Epinay-sous-Sénart (Essonne), ont été agressées physiquement par quatre jeunes. Cette agression faisait suite à des insultes et menaces répétées depuis leur arrivée dans cette cité : on voulait faire partir "ces gouines" parce que "l'homosexualité, c'est péché".

La lesbophobie au quotidien contre Cynthia et Priscilla a débuté dès le jour de leur emménagement à la cité des Gerbaux: insultes, remarques méprisantes, tags "Les gouines" sur leur immeuble... Le 2 juillet, l'agression dont elles ont été victimes a eu pour conséquences un nez fêlé pour l’une, un oeil poché et une dent abîmée pour l’autre, et quatre jours d'incapacité totale de travail pour chacune.

Leurs agresseurs ont aussitôt été interpellés, mais tous les quatre – dont trois mineurs – ont très vite été libérés. Durablement traumatisées, les deux amoureuses ont décidé de quitter le quartier ne se sentant pas en sécurité puisque leurs agresseurs avaient été relâchés.

Ce mardi 24 novembre, veille de la Journée du lutte contre les violences faites aux femmes, se tient à Evry le procès à huis-clos des trois mineurs impliqués, le majeur ayant déjà été jugé en septembre dernier. SOS homophobie s'est constituée partie civile aux côtés des victimes.

Cette affaire permet d'attirer l'attention sur les agressions dont les lesbiennes sont l'objet en France. Car, contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas seulement les gays mais également les lesbiennes qui sont victimes d'agressions physiques à caractère homophobe, dans la rue, au lycée ou dans leur voisinage.

Plusieurs faits survenus les mois passés en témoignent, confirmant les témoignages reçus par l'association sur sa ligne d'écoute anonyme :

  • chassées de leur logement, Jessica et Virginie, résidant à Segré (Maine-et-Loire), l’ont également été à la mi-juin. Durant un an, une vingtaine de jeunes postés en bas de chez elles leur ont fait vivre un enfer, allant jusqu’à pointer sur elles une arme à feu.
  • à Bondoufle (Essonne), début juin, c’est à visage couvert mais à mots ouverts qu’on s’en est pris à Aude et Hélène*. "Putain de lesbienne, tu pollues la rue" : cet infâme gribouillage ornait le pare-brise de leur voiture, vandalisée à plusieurs reprises.
  • au parc Saint-Pierre, à Calais, le 30 mai, trois lesbiennes ont été frappées au visage en pleine rue par un homme de 25 ans, qui, pour sa défense, prétend "qu’il croyait s'en être pris à trois hommes..."
  • au cœur de Metz, le 3 août, une femme de 30 ans a été bousculée puis frappée, après avoir été copieusement insultée.
  • en septembre, une adolescente de 16 ans scolarisée dans un lycée d'Albi a subi un harcèlement puis une violente agression par des collégiennes parce qu'elle avait été vue échangeant un baiser avec sa petite amie.
  • en novembre, toujours à Albi, un couple de lesbiennes a été violemment agressé à la sortie d'un bar après avoir été insulté : "On a vu que vous vous prenez pour des hommes, venez, on va vous sodomiser ".

Ces affaires confirment le constat établi par l'association depuis plusieurs années : les agresseurs sont le plus souvent des garçons jeunes, parfois mineurs, d'où l'urgence d'actions éducatives visant à déconstruire les préjugés sur les homosexuel-le-s.

SOS homophobie est une association mixte de lutte contre l'homophobie. A travers sa ligne d'écoute anonyme, elle vient en aide à toutes les victimes, femmes et hommes, d'actes et propos homophobes. Ligne Azur: 0 810 108 135.

En savoir plus sur la lesbophobie en France:
Synthèse de l'Enquête sur la lesbophobie

Rapport sur l'homophobie 2009, chapitre sur la lesbophobie page 80

Présentation de la Commission lesbophobie

Micro-trottoir "Etre lesbienne aujourd'hui" (vidéo de 15 min)