Agressions de couples gays et lesbiens par des extrémistes catholiques : qu’en pense l’archevêché de Paris ?

Un kiss-in contre l’homophobie a eu lieu le 14 février, pour la Saint-Valentin, sur la place Saint-Michel à Paris. L’événement, initialement prévu sur le parvis de Notre-Dame, avait été déplacé suite aux menaces de violences graves de groupes catholiques extrémistes. Au pied de la fontaine Saint-Michel, plusieurs dizaines de participant-e-s
ont ainsi pu s’embrasser en toute liberté et sérénité, protégé-e-s par des forces de police en nombre suffisant. Au moment de la dispersion, quelques personnes ont décidé, indépendamment les unes des autres, de rejoindre le parvis de Notre-Dame, où les attendaient plus d’une centaine d’extrémistes catholiques et de FAFS.

Au moment où un kiss-in s’est improvisé sur le parvis, les extrémistes ont attaqué avec violence les militant-e-s s’y trouvant, en blessant certain-e-s qui se sont retrouvé-e-s à terre. Plusieurs témoins attestent avoir entendu sur place les insultes « sac à sida », « sale gouine », « tapette » proférées avec violence, et ont vu des saluts nazis dans l’assistance, qui scandait « Habemus Papam ! » et des « Barrez-vous, allez faire ça chez vous » à mesure que les forces de police éloignaient les militant-e-s LGBT vers le pont pour les protéger.

Parallèlement, quatre des agresseurs ont été interpellés et emmenés par les forces de police. Face à cette violence inouïe et aux injures homophobes, mais aussi aux propos incitant à la haine raciale, plusieurs victimes ont décidé de porter plainte, alors que le commissariat du 4ème arrondissement, assiégé par quelques extrémistes, a du fermer et faire intervenir une brigade d’intervention face aux menaces.

SOS homophobie est solidaire des personnes qui ont été, ce dimanche 14 février, menacées, insultées et frappées, pour le seul motif qu’elles sont homosexuelles. En 2010, il est très inquiétant de voir que deux femmes ou deux hommes exprimer librement leur amour et leur désir peut encore être un motif de violence, qui plus est quand ces actes graves se réclament d’une confession, qui pourtant prône le respect et l’amour de son prochain.

SOS homophobie se joint aux autres associations en demandant aux responsables religieux de condamner publiquement les actes graves qu’ont commis, en leur nom, des membres de l’Eglise catholique.

Alors que la prochaine Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai, aura pour thème « Religions et homophobie », il semble plus que nécessaire qu’un véritable dialogue s’amorce entre les institutions religieuses et les défenseurs des droits de l’homme, aux rangs desquels les associations de lutte contre
l’homophobie figurent, afin que des actes d’une telle animosité ne puissent plus être perpétrés au nom d’un dogme, contre des citoyen-ne-s qui ne demandent rien d'autre que la liberté de s'aimer sans être humiliés et molestés.