Annulation de l’agrément national de SOS homophobie : un coup porté à la lutte contre l’homophobie qui n’en devient que plus nécessaire

Fin 2009, au nom de la neutralité, la confédération nationale des associations des familles catholiques a attaqué l’agrément national accordé la même année à SOS homophobie à titre d’association complémentaire de l’enseignement public. A l’issue de cette démarche, le tribunal administratif de Paris a ce 23 novembre annulé l’agrément délivré par le Ministère de l’Education nationale.

 

Cette procédure semble paradoxale de la part d’une confédération qui soutient dans un communiqué (1) l’opportunité et la nécessité de lutter contre l’homophobie et la biphobie alors qu’elle a préféré intenter une action ayant pour objet d’entraver une action de prévention plutôt que de dialoguer. SOS homophobie dénonce l’indécence hypocrite de cette organisation : on ne peut pas prôner la lutte contre l’homophobie et entraver dans le même temps sa prévention.

De cette action, les seules gagnantes sont bien la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie.

 

Pendant que certain-e-s, qui n’en sont pas à leur coup d’essai, s’escriment à faire annuler cet agrément de l’Education nationale, SOS homophobie a relevé 72 témoignages d’homophobie en milieu scolaire en 2011. Pendant que certain-e-s veillent au principe de neutralité, SOS homophobie rappelle qu’en décembre 2011, l’Institut National de Veille Sanitaire publiait un bulletin (2) rappelant le surrisque de tentative de suicide chez les adolescent-e-s homosexuel-le-s en soulignant l’homophobie qu’ils et elles subissent au quotidien comme facteur de risque. Chacun ses priorités.

 

L’une des priorités de SOS homophobie est de rappeler que les mots, que ce soient des insultes ou des paroles d’exclusion ou de marginalisation, frappent parfois plus dur que les coups.

 

L’une des priorités de SOS homophobie est de sensibiliser chaque année des milliers d’élèves sur les violences et discriminations commises en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. En 2011-2012, SOS homophobie a réalisé ces actions de prévention auprès de plus de 12 000 élèves.

 

L’une des priorités des bénévoles de SOS homophobie en intervenant dans l’enseignement public est de rappeler le cadre laïc et républicain de notre société, tout en s’efforçant de respecter la neutralité vis-à-vis des convictions religieuses ou politiques de chacun-e. Dans ce cadre, demander le respect vis-à-vis de tou-te-s quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur identité de genre ne saurait être considéré comme un point de vue manquant de neutralité.

 

En cette période tumultueuse où les paroles d’exclusion sont légion, dans un climat terriblement hostile à l’égalité des droits entre personnes hétérosexuelles, bisexuelles et homosexuelles, cette décision tombe mal et semble donner raison aux homophobes.

 

Nous ne l’acceptons pas. Aussi, bien que nous puissions intervenir en milieu scolaire sans cet agrément et, puisque ce dernier a été annulé – sans que soit remis en cause la qualité et l’intérêt sociétal du travail réalisé depuis des années – nous engageons avec
le ministère de l’Education Nationale un travail visant à résoudre ce problème. SOS homophobie est plus que jamais décidé à demander un nouvel agrément.

 

 

(1)  http://www.afc-france.org/education/vie-scolaire-et-education/ecole/1348-le-tribunal-administratif-de-paris-annule-l-agrement-education-nationale-accorde-a-sos-homophobie

(2) 
http://www.invs.sante.fr/Publications-et-outils/BEH-Bulletin-epidemiologique-hebdomadaire/Derniers-numeros-et-archives/Archives/2011/BEH-47-48-2011