Bagneux : un jeune homme victime de violences à caractère antisémite et homophobe

Un jeune homme de 19 ans, de confession juive, a été séquestré à Bagneux (Hauts-de-Seine) le 22 février par un groupe de 6 jeunes. Il a été insulté et battu à coups de poing et de pieds pendant plusieurs heures. Selon une source judiciaire, les agresseurs lui auraient fait subir des sévices à caractère antisémite et homophobe. Ils auraient écrit « sale juif » et « sale pédé » sur son visage, l'auraient obligé à avaler des mégots de cigarette et à sucer un préservatif déroulé sur un bâton.

Les six jeunes on été mis en examen pour "violences en réunion en raison de l'appartenance véritable ou supposée à une race ou à une religion et en raison de l'orientation sexuelle, séquestration en bande organisée, actes de torture et de barbarie, vol aggravé, extorsion et menaces". Ils auraient reconnu « à peu près l'ensemble des faits".

Cette affaire ignoble montre que le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie naissent à la même source, la déshumanisation de l'Autre, et se traduisent par des actes similaires.

Comme très souvent dans les affaires d'agressions homophobes, il apparait que les auteurs présumés sont des mineurs et de jeunes adultes, âgés de 17 à 24 ans. D'où la nécessité, systématiquement répétée par SOS homophobie, d'un politique ambitieuse de prévention de l'homophobie à destination de l'ensemble de la jeunesse.

En présentant la semaine dernière le Plan santé des jeunes, la ministre de la Santé annonçait « la conduite d'une politique gouvernementale vigoureuse de lutte contre l'homophobie ». Plus que jamais, il est temps que le gouvernement passe aux actes, en appliquant les circulaires de l'Education nationale relatives à la prévention, et en permettant aux associations d'y concourir, comme le Président de la République s'y est engagé.

Il est temps aussi que cesse le soutien inconditionnel de l'UMP à Christian Vanneste, condamné pour avoir déclaré que « l'homosexualité est une menace pour la survie de l'humanité », car les témoignages reçus par SOS homophobie montrent que de tels propos peuvent ne pas être sans influence sur les agresseurs. En 2007, un homme agressé dans la rue à Metz nous a rapporté les propos tenus par son agresseur lors de la confrontation au commissariat : « Sale PD, si tout le monde était comme toi ce serait la fin de l'humanité ».

SOS homophobie étudie la possibilité de se porter partie civile aux côtés de la victime de Bagneux.