Bruno Wiel : un procès essentiel pour la lutte contre l'homophobie

Le procès des quatre hommes qui ont agressé Bruno Wiel la nuit du 19 au 20 juillet 2006 au parc des Lilas, à Vitry sur Seine, s'est achevé ce vendredi 28 janvier aux Assises du Val-de-Marne, après dix jours d'audiences éprouvantes. Le jury a délibéré pendant sept heures, le verdict a été rendu à 21 heures : les quatre accusés sont reconnus coupables d'avoir porté des coups de nature à donner la mort à la victime en raison de son orientation sexuelle. La cour a jugé qu'ils ont bien agi en bande organisée, qu'ils ont commis un vol avec violence, et qu'ils ont perpétré la torture et des actes de barbarie à l'encontre de Bruno Wiel parce qu'il est homosexuel. L'un des coupables a été condamné à 16 ans de réclusion criminelle ; les trois autres écopent de 20 années de réclusion criminelle chacun. SOS homophobie a réclamé le remboursement des frais occasionnés par sa constitution de partie civile, et 1 euro symbolique de dommages et intérêts par coupable. 

Le verdict du procès, tout comme la façon dont l'instruction a été menée et le souci de laisser le temps au débat et à chaque partie de s'exprimer au cours des dix jours d'audience, est exemplaire : "l'affaire Bruno Wiel" restera comme l'un des grands procès pour crime homophobe en France. En reconnaissant que la victime a été agressée en raison de son orientation sexuelle, le jury a lancé un message d'une importance capitale : l'homophobie, en 2011, doit être condamnée avec la même vigueur que toute autre manifestation de violence à l'égard de personnes pour ce qu'elles sont, et non pour ce qu'elles font. Toutes les conditions étaient réunies pour que la société reconnaisse Bruno Wiel comme victime d'un acte homophobe : les accusés avaient reconnu les faits, l'instruction a permis d'établir un acte d'accusation ne souffrant aucune insuffisance, et la victime est allée jusqu'au bout de sa démarche, dans tout son courage et sa dignité. Grâce à Bruno Wiel, la lutte contre l'homophobie a encore progressé.

SOS homophobie tient à remercier en premier lieu Monsieur Pierre Bergé, soutien inconditionnel de son action sans qui une constitution de partie civile, faute de moyens financiers, n'aurait pas été possible. L'association remercie également ses membres qui, chaque jour, se sont relayés aux Assises de Créteil pour être aux côtés de Bruno Wiel* ainsi que son avocate, Maître Caroline Mécary, qui n'a cessé, durant tout le procès, de faire prendre conscience du caractère homophobe de ce qu'a vécu la victime, ce qui a été reconnu par la Justice. SOS homophobie adresse ses remerciements à : Maîtres Sophie Maltet et Cyril Dubois, qui ont accompagné et soutenu Bruno Wiel depuis l'agression ; l'avocat général, Maître Benoist Hurel, dont les réquisitions ont également plaidé clairement pour une reconnaissance du caractère homophobe de l'agression ; la rédaction de Têtu, qui lui a permis de tenir un journal de bord du procès pendant toute sa durée (http://blogs.tetu.com/journal-du-proces-bruno-weil/). Et, enfin, Bruno Wiel pour son courage exemplaire, non pas militant mais citoyen dans ce qu'il a de plus fort et de plus digne, porteur d'un message pour les victimes d'homophobie : quelque soit leur degré (injures, harcèlement, discrimination, coups...), rien ne justifie les violences dont vous êtes l'objet. Vous avez les moyens de vous défendre. Faites-vous entendre.  

*Ronan, Michel, Noëlle, Maïté, Julien L., Thomas, Coralie, Elisabeth, Julien D., Stéphane, Michaël, Bartholomé.