Condamnation exemplaire du journal Minute

Ce mardi 20 mai 2014, le tribunal correctionnel de Paris reconnaît le journal Minute coupable d’injure et d’incitation à la haine à raison de l’orientation sexuelle dans son édition du 11 juillet 2011 et le condamne à 4000 euros d’amende et 3000 euros de dommages-intérêts.

Le 11 juillet 2011, l’hebdomadaire Minute publiait un numéro dont la Une et le contenu étaient largement consacrés à la question de l’ouverture du mariage pour toutes et tous mais aussi à l’explication de cette revendication par un quotidien à destination d’enfants du primaire, ou encore au don du sang. L’occasion pour le journal d’enchaîner les références à la zoophilie, à la polygamie ou encore au VIH. Une succession presque exhaustive des préjugés les plus nauséabonds en la matière.

SOS homophobie entendant qu’il soit reconnu que la liberté d’expression ne permet pas tout, et certainement pas de s’affranchir du respect dû à autrui et à sa dignité, avait assigné l’hebdomadaire.

Minute s’était déjà illustré en début de procédure par le dépôt d’une question prioritaire de constitutionnalité visant à faire déclarer le terme d’orientation sexuelle contraire à la constitution. Manœuvre purement dilatoire qui fut bien évidemment écartée par le tribunal.

La condamnation de l’hebdomadaire représente aujourd’hui une victoire pour une liberté d’expression respectueuse de tou-te-s, de toutes les orientations sexuelles et identités de genre, y compris par voie de presse.

L’association tient à remercier tout particulièrement son avocat, Maître Kevin Grossmann, dont le soutien aura été majeur tout au long de cette procédure.

Les sommes reçues au titre de dommages-intérêts seront utilisées par l’association afin d’apporter une aide aux victimes d’homophobie, de biphobie et de transphobie à qui les moyens – notamment financiers – manquent trop souvent pour faire valoir leurs droits.

Alors que SOS homophobie n’a jamais reçu autant d’appels de victimes et témoins d’homophobie, de biphobie et de transphobie, la lutte contre ces violences et discriminations doit s’intensifier qu’il s’agisse de les prévenir ou de les sanctionner.

Contact : Elisabeth Ronzier, Vice-présidente

elisabeth.ronzier@sos-homophobie.org