Condamnation pour injures transphobes à Evreux

À l’issue de l’audience du 15 novembre 2019, le tribunal de police d’Evreux a condamné l’auteur d’actes transphobes à une amende de 800 € ; SOS homophobie, qui s’était portée partie civile aux cotés de la victime, a obtenu 200 € de dommages-intérêts.

Voilà plus de trente ans qu’Alexandre*, installé dans l’Eure depuis 1994, avait changé d’état civil. Sa vie a basculé lorsque l’un de ses voisins, d’une façon qui demeure inconnue, a appris sa transidentité.

Alexandre est devenu depuis la cible d’insultes et de harcèlement transphobe de la part de cette personne, qui le mégenre, c’est-à-dire utilise volontairement un genre dans lequel Alexandre ne se reconnaît pas.

Celle-ci profère aussi à son encontre des injures d’une extrême violence (« salope, putain, sur ton visage tu es marqué, tu es une bonne femme, ton passé te suivra toujours »), et l’incite à mettre fin à ses jours.

De plus, la transidentité d’Alexandre a été dévoilée à sa famille (notamment à sa fille, qui l’ignorait) ainsi qu’à l’ensemble de ses voisins.

Saisie par Alexandre, SOS homophobie s’est constituée partie civile à ses côtés, et à l’issue de l’audience du 15 novembre 2019, le tribunal de police d’Evreux a condamné son agresseur d’Alexandre à 800 € d’amende, dont 300 € avec sursis.

Le tribunal a également reçu la constitution de partie civile d’Alexandre et de SOS homophobie, qui s’est vu accorder 200 € de dommages-intérêts en réparation du préjudice causé à la communauté LGBT défendue par celle-ci.

SOS homophobie se félicite de cette décision, et ce particulièrement en ce que la circonstance aggravante « d’infraction commise à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre » était présente dès l’ordonnance de renvoi, puis dans les réquisitions de la procureure de la République, et que cette circonstance a été retenue par le Tribunal.

Cette décision contraste fortement avec le climat d’impunité dont bénéficient encore trop souvent les auteurs d’actes transphobes.

* Pour préserver son anonymat, le prénom de la victime a été modifié