Débats au Sénat sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, Jeudi 11 avril, par R., membre du bureau

Cet après-midi, j’arrive plein d’attentes au sénat : moi qui ai été très impressionné par ces mêmes débats au Palais Bourbon, j’espère autant de passion, d’échanges vigoureux, d’exaltation… Les sénatrices et sénateurs, qu’on présente comme des sages, le sont réellement (parfois peut-être trop !). L’article 1, le principal, a été voté. Et l’assemblée s’est vraisemblablement mise d’accord pour finaliser rapidement les débats sur les autres articles. On sent une certaine sagesse ; ce n’est plus un débat exalté. Certes, certains amendements sont défendus, mais la plupart sont regroupés ou pas défendus à coups de « Même nature, Monsieur le Président, donc je ne le défends pas ! ».

Je suis impressionné par le rapporteur et par la ministre de la famille (la garde des sceaux s’est absentée cet après-midi). Les dossiers sont maîtrisés, les réponses sont préparées et pertinentes. L’un et l’autre sont vigilants face à certains amendements qui ne sont pas toujours en lien direct avec l’objet de cette loi (par exemple systématiser la délégation de célébration des mariages aux conseillers-res municipaux-ales ou autoriser les mariages religieux célébrés avant les mariages civils…). Le rapporteur, Jean-Pierre Michel est épatant : sa maîtrise du texte et sa préparation des réponses aux propositions d’amendements montrent combien il a travaillé sur ce dossier. Il trouve systématiquement une réponse adaptée et argumentée et garde sa ligne.

Les votes s’enchaînent, la plupart du temps à main levée ; on sent que la loi sera bientôt votée par le sénat.

En sortant de la cour, je suis sidéré : dans la rue, en face, des femmes, des hommes, des enfants sont agenouillés et prient, face à une grande croix en bois. Est-il acceptable que, face à ce temple de la démocratie et dans notre république laïque, des pressions religieuses soient ainsi exercées sur des élu-e-s ? Tant qu’il y aura des Dominique Bertinotti, des Christiane Taubira, des Jean-Pierre Michel… pour défendre l’égalité à laquelle nous avons droit, nous serons protégé-e-s de ce genre de pressions. Merci à elles, merci à lui !