Débats à l'Assemblée nationale - dernier jour, par S., intervenante en milieu scolaire

Le vote du projet de loi, après d'âpres débats, est prévu ce mardi.

15h45 : rendez-vous devant l'Assemblée pour la séance prévue de 16h à 17h. Il y a déjà du monde, des têtes connues, d'autres qu'on s'amuse, faute d'une activité plus intellectuelle, à mettre dans telle ou telle case (celle des Pour, celle des Anti - encore un classement binaire, on ne s'en sortira pas).

Le déploiement des forces de l'ordre est important ; entre policiers et gendarmes, c'est très impressionnant.

L'attente commence, on se retrouve, papote. Une dame : "vous manifestez ?" ; nous : "Du tout, nous attendons de pouvoir suivre la séance" ; "Ah bon, moi je vais manifester...". Certes ! où ? pourquoi ? peu importe, on piétine. D'autres dames s'interrogent ici et là sur comment entrer dans l'Assemblée, on fait bureau de renseignements pour finir par dire que cela semble bien compromis dans l'immédiat. Un car de japonais-e-s nous fait coucou (enfin les japonais-e-s pas le car...).

La sonnerie annonce l'ouverture de la séance. Grand Aaaaah ! dans la foule impatiente d'écouter nos élu-e-s. Les rangs se resserrent, mais à 16h40, nous en sommes toujours au même point. Rien ne bouge ou très localement, basculement d'un pied sur l'autre. Cela devient inquiétant, le vote va avoir lieu et nous seront toujours sur le trottoir ! Ah ! léger mouvement vers l'entrée, quelques personnes sont invitées à passer la porte (dans le bon sens...).

Sur l'écran de contrôle, M. Coronado, nous sommes toujours dehors. La pression monte, nous ne formons plus qu'un gros tas en bonnet ou non dans le froid, et les un-e-s contre les autres nous nous dirigeons vers cette fameuse porte, première porte... On n'aura jamais été aussi proches, collé-e-s-serré-e-s même, entre Pour et Anti... C'est fou l'Histoire !

Passage de la porte muni-e-s de son invitation et de sa carte d'identité, premier contrôle donc. Second contrôle type aéroport, puis de nouveau la file d'attente dans l'escalier, un contrôle (le troisième) avec une nouvelle vérification de la carte d'invitation et la photocopie de celle d'identité. De là, montée vers le vestiaire, écran télé (c'est Mme Buffet qui s'exprime, la dernière sur la liste et ensuite le vote), mini queue au vestiaire, contrôle (le... je ne sais plus...), le portique ne sonne pas, ouf montée 4 à 4 vers les tribunes, celles du haut donc...

Arrivé-e-s, le Président annonce "le vote est ouvert...", nous ne sommes même pas assis-e-s où il faut donc on nous indique de nous déplacer, "le vote est clos...", faut pas que je mette mes coudes sur la rambarde me dit l'agent de surveillance "...329 Pour et 229 Contre".

Les député-e-s de droite, hormis une petite poignée, quittent l'hémicycle, la gauche applaudit et debout scande "égalité". Il est 17h.

La parole est à Mme la Garde des sceaux. Brillante, juste pour ça, je suis contente d'être là...

C'est fini ! J'y étais !

Merci Mme Taubira de porter ce projet avec autant d’énergie et de conviction, merci Mmes, M les député-e-s qui avez voté Pour afin de ne plus nous maintenir en marge de la société !