Des mots qui insultent, qui blessent et qui tuent

Dans le dernier numéro du magazine Charles, Christine Boutin a déclaré : « Je n’ai jamais condamné un homosexuel. L’homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n’est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné. » SOS homophobie condamne avec la plus grande vigueur les propos tenus et se réserve la possibilité de poursuivre Christine Boutin en justice. 

Alors que SOS homophobie a enregistré en 2013 un nombre record de témoignages de personnes victimes d’insultes, de discriminations ou de violences physiques, Christine Boutin, en affichant toute son horreur et son aversion à l’égard de l’homosexualité, alimente les souffrances dont sont encore victimes trop de lesbiennes, de gays, de bi-e-s et de trans.

Depuis les débats sur le Pacs, Christine Boutin, ancienne ministre et ancienne députée, s’est illustrée par ses nombreuses prises de parole à l’encontre des homosexuel-le-s et contre l’égalité des droits. Dès 1998, Christine Boutin se demande « où placera-t-on la frontière, pour un enfant adopté, entre l’homosexualité et la pédophilie ? » Quinze ans plus tard, pendant les débats sur le mariage pour tou-te-s, elle compare l’homosexualité à une « mode » et déclare qu’ « on est envahis de gays ».

Ce type de déclarations, largement relayées par les médias et trop peu souvent dénoncées, blessent les personnes concernées, alimentent un climat de haine et légitiment les agressions homophobes, comme celles de Wilfred et Olivier en avril 2013, ou celle plus récente de Jean-Paul F. et Jean-Paul B., tabassés en pleine rue pour s’être seulement enlacés. SOS homophobie a d’ailleurs décidé de se constituer partie civile aux côtés des victimes dans ces deux affaires.

L’homophobie n’a pas qu’un seul visage : ce n’est pas uniquement celui de celles et ceux qui insultent et portent les coups, mais également celui de celles et de ceux dont les paroles justifient et encouragent la violence contre les lesbiennes, les gays, les bi-e-s et les trans.

SOS homophobie en appelle à la responsabilité de l’ensemble de la classe politique et des médias. Toute parole homophobe doit aujourd’hui être condamnée par tout-e-s avec la plus grande fermeté. L’association continuera à être extrêmement attentive et vigilante à toute prise de parole publique susceptible d’alimenter la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie.