En 2011, les homos n'ont toujours pas le droit de donner leur sang

Communiqué de presse co-signé avec Elus Locaux Contre le Sida

Le 14 juin est la Journée mondiale des donneurs de sang. Nous connaissons tou-te-s des membres de nos familles, des proches, des amis qui ont eu besoin d’une transfusion de sang, à cause d’une maladie ou d’un accident. Nous-mêmes, peut-être. 

L’Etablissement Français du Sang (EFS) alerte plusieurs fois par an sur le risque de pénurie, les besoins augmentant régulièrement. Et la sécurité transfusionnelle doit être érigée en principe premier ; c’est pourquoi l’organisme a édicté un certain nombre de contre-indications au don du sang, notamment pour les personnes ayant des comportements à risque. Bien évidemment normal si l’on se base sur des critères de santé publique… intolérable si l’exclusion est motivée par des préjugés. Ainsi, les gays sont-ils toujours interdits - à vie ! - de donner leur sang, sans qu’une quelconque question relative à leur comportement leur soit posée lors du questionnaire préalable à tout don. Et SOS homophobie reçoit également de nombreux témoignages de lesbiennes n'ayant pu donner leur sang, même si elles ont officiellement la possibilité de le faire. L’homosexualité constitue donc, en soi, un risque pour l’EFS. Est-ce à dire que le don du sang d’un-e hétérosexuel-le ayant des rapports avec de multiples partenaires serait moins dangereux que celui d’un gay ou d'une lesbienne n’ayant aucune pratique à risque ?  

Si l’on écoute le ministre de la santé Xavier Bertrand, la réponse à cette question est claire : oui, il faut lever l’interdiction ; il l’a, à maintes reprises, déclaré. Si l’on comprend bien le sens de la décision de la HALDE de 2006 : oui, l’éviction du don du sang doit être décidée via l’analyse du comportement. Si l’on en croit les Français-es, la réponse à cette question est tout aussi claire : 76% jugent choquante l’interdiction imposée aux gays de donner leur sang. Et pourtant, les politiques sont revenus sur la parole donnée, les Français n’ont pas été écoutés, la santé publique a été oubliée et des vies n’ont pas été sauvées…  

Non seulement cette exclusion est discriminatoire et insultante pour les gays et lesbiennes mais, à l’heure où le sang manque cruellement et où les appels au don sont fréquents, il n’est pas raisonnable sur le plan sanitaire de maintenir une telle discrimination. Elus Locaux Contre le Sida et SOS homophobie rappellent, une nouvelle fois, que c'est la notion de « pratique à risque », et non de « groupe à risque », qui doit retenue comme facteur d'exclusion pour le don du sang. Il n’est pas question, contrairement à ce que certains peuvent clamer, de baisser le niveau de sécurité transfusionnelle, mais bien d’assurer cette sécurité via un critère de santé publique et non par rapport à des préjugés.