Et si on avançait pour les droits des trans' ?

L’Assemblée générale de SOS homophobie s’est tenue le 10 septembre 2016 dans une ambiance démocratique et militante, marquée par la volonté de lutter pour les droits et libertés des personnes LGBT et contre toutes les formes de discrimination. Elle a été l’occasion d’adopter de nouvelles revendications concernant les droits des personnes trans’ et intersexes.

Alors que des propos transphobes inadmissibles ont été prononcés récemment dans certains médias, SOS homophobie réaffirme avec force son attachement à la lutte pour l’égalité et contre les discriminations, quelle que soit son identité de genre. L’humour ne peut servir de prétexte pour cultiver des stéréotypes de genre qui sont sources de violences et de discriminations.

Selon une enquête de 2014 (*), 85% des personnes trans’ ont été victimes d’un acte transphobe, 59% ont reçu des insultes, 13% ont subi des coups du fait de leur identité de genre. Sur le marché du travail, la vulnérabilité des personnes trans’ est manifeste, 28% des personnes trans’ ont perdu leur emploi à cause de leur trans-identité en 2014.
Les pouvoirs publics doivent prendre la mesure de la situation de grande vulnérabilité des personnes trans’ et intersexes en France et assurer la pleine protection de leurs droits fondamentaux.

SOS homophobie s’inscrit dans cette démarche et demande un changement d'état-civil libre et gratuit, entièrement démédicalisé et déjudiciarisé. Les travaux parlementaires sur le projet de loi « Justice du XXIème siècle » seront suivis avec la plus grande vigilance. En l’état actuel, le projet de loi prévoit un changement de sexe démédicalisé mais pas encore déjudiciarisé.
La diminution des discriminations et des violences à l’égard des personnes trans’ et intersexes ne sera effective que si des campagnes nationales d'information sur les transidentités et les questions intersexes sont mises en place.
Alors que les personnes intersexes subissent en France des mutilations corporelles, et ce dès leur naissance, il est urgent que les autorités publiques prennent les mesures nécessaires afin que leur intégrité physique et psychique soit effectivement protégée par la loi.
SOS homophobie insiste également sur la très grande vulnérabilité des personnes trans’ et intersexes migrantes. Leur situation doit être prise en compte lors de l'examen de demande d'asile ou de séjour, afin d’être en mesure de garantir leurs droits fondamentaux.
En outre, les personnes trans’ incarcérées doivent enfin pouvoir effectuer leur peine dans un cadre garantissant leur intégrité physique et morale, et le respect de leur identité de genre.

Alors que nous nous préparons à marcher pour la 20ème édition de l'Existrans le 15 octobre prochain pour un rassemblement festif, revendicatif et inspirant, SOS homophobie continuera de se mobiliser sans relâche pour construire une société plus ouverte et plus tolérante, une société respectueuse des droits fondamentaux des personnes trans’ et intersexes.

L’ensemble des revendications de SOS homophobie est à retrouver sur le site internet de l’association: https://www.sos-homophobie.org/revendications-trans-et-intersexes

(*) Comité IDAHO, rapport de la mission Transphobie de novembre 2014 menée par Karine Espineira et Arnaud Alessandrin
http://republiqueetdiversite.fr/wp-content/uploads/2014/11/Guide-Transphobie.pdf