Facebook : l'homophobie sur Internet doit être condamnée

Communiqué de presse

Paris, le 9 novembre 2009

Facebook : l'homophobie sur Internet doit être condamnée
SOS homophobie salue l’action courageuse de Nicolas Canut, étudiant en droit, qui a porté plainte contre la société américaine Facebook pour "complicité d’incitation à la haine et à la violence envers des personnes en raison de leur orientation sexuelle", après que le réseau social en ligne n’a pas supprimé le groupe "Anti PD", comme lui avait demandé le plaignant.

SOS homophobie soulève depuis plusieurs années déjà le problème des manifestations d’homophobie sur Internet. Dans son rapport annuel publié le 17 mai 2009, l'association a relevé qu’Internet était devenu le deuxième motif d’interpellation de SOS homophobie après le milieu professionnel, avec 15% des témoignages qui lui parviennent. Ce groupe sur Facebook, avec ses appels à "couper les mains (des pd)", n’est malheureusement qu’une des graves manifestations de l’homophobie sur Internet.

Différents paramètres législatifs empêchent parfois de définir clairement la responsabilité des auteurs de propos discriminatoires sur Internet : hébergeurs, rédacteurs et responsables éditoriaux sont, en fonction des situations, incriminables, mais parfois difficiles à identifier et rarement condamnés. Grâce à l’anonymat potentiel que peut garantir Internet, la profération d’idées, insultes et / ou menaces à caractère homophobe s’est considérablement accrue ces dernières années, souvent sous couvert de "liberté d’expression". Et elle n’est pas l’apanage des sites extrémistes : 30% des témoignages qui sont rapportés à SOS homophobie concernent des sites et forums grand public, à l’instar de Facebook.

SOS homophobie se réjouit de l'action engagée par la procureure de la République d’Avignon, qui a entendu la plainte de Nicolas Canut et a saisi les parquets de Nanterre, Paris et Avignon pour instruire le dossier. SOS homophobie, qui lutte elle-même contre l’homophobie sur Internet en effectuant un travail de veille et d'alerte, espère que cette affaire permettra de faire avancer la réflexion et les outils pour que les auteurs de propos homophobes sur Internet soient condamnés.