Fin des consultations des Etats généraux de la bioéthique : un bilan en demi-teinte selon SOS homophobie

Ce lundi 30 avril, a pris fin de la période de consultation des Etats généraux de la bioéthique. Face au noyautage de cette consultation par les anti-PMA, SOS homophobie dresse un bilan critique de ces débats et alerte les pouvoirs publics sur l’urgence d’une loi qui étend la PMA et protège pleinement toutes les familles.

Bien que nos familles ne devraient pas faire débat, nous nous sommes prêté·e·s à l’exercice démocratique dont le CCNE devait être le garant. Auditionné·e·s le 26 avril, nous avons aussi participé à certains débats régionaux et à la consultation en ligne. Force est de constater le parasitage de ces espaces d’échanges par les anti-PMA.

Dans les débats régionaux, les anti-PMA étaient surreprésentés quand ils n’ont pas été simplement invités à intervenir, comme Blanche Streb, directrice de la formation et de la recherche à Alliance Vita, à Lyon. L’atmosphère foncièrement hostile des premiers débats, où des personnes favorables à la PMA ont été huées et où des propos LGBTphobes ont été tenus, ont découragé de nombreuses personnes concernées à s’y rendre, faussant ainsi la représentativité de tels événements.

La rubrique “Procréation et société” du site internet du CCNE est un miroir déformant de l’image que les anti-PMA ont voulu lui donner. Du propre aveu du Médiateur du CCNE, “la nature des États généraux n’est pas référendaire” et “les contributions sur le site web ne peuvent pas être représentatives de la société française” [1]. A contrario, les sondages effectués sur des échantillons représentatifs (BVA pour l’Obs [2], Ifop pour La Croix [3]) montrent qu’une nette majorité des Français·e·s sont favorables à l’ouverture de la PMA.

Nous dénonçons l’attitude des anti-PMA, loin du débat apaisé souhaité par le Président de la République. L’expression de leur opinion s’est trop souvent traduite par des propos LGBTphobes dénigrant les familles homoparentales, comparant nos enfants à des OGM, ouvrant un magasin pour acheter des bébés.

Nous demandons à présent que les pouvoirs publics entendent cette majorité de Français·e·s favorables et portent au plus tôt un projet de loi sur l’ouverture de la PMA et la filiation pour garantir la sécurité sanitaire, juridique et matérielle de nos familles.

[1] CCNE, La lettre du Médiateur n°7, 09 avril 2018

[2] BVA Group, Les Français, la parentalité, la PMA et la GPA - Décrypter les mécanismes de l’opinion - Un sondage BVA pour l’Obs, 14 mars 2018

[3] Ifop, Les Français et les questions liées à la bioéthique - Ifop pour La Croix et le Forum européen de Bioéthique, décembre 2017