Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie : SOS homophobie encore et toujours mobilisée

Aujourd'hui, nous sommes le 17 mai 2010 et, comme chaque année depuis 2005, SOS homophobie et l'ensemble du monde associatif LGBT alertent l'opinion, les pouvoirs publics et les médias sur la réalité de l'homophobie et de la transphobie en France et dans le monde, à l'occasion de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie. Cette date marque, en 2010, les vingt ans du retrait de l'homosexualité dans la liste des maladies mentales de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Nous devrions célébrer cet anniversaire ; il n'en est rien.

Chaque année depuis 1997, il faut à SOS homophobie publier un rapport pour dresser une synthèse qui permet, si ce n'est de quantifier l'homophobie, d'en exposer les grandes manifestations, qu'elles soient dans le monde du travail, sur internet ou de la part de ses proches ; d'en montrer la violence, qu'elle soit sourde ou éclatante ; d'en démonter les mécanismes, pour pouvoir mieux lutter contre. Seul document édité chaque année pour faire l'état des lieux de l'homophobie telle qu'elle est nous est rapportée, notre rapport se veut autant un outil de travail qu'un acte militant.

Cette année ne fait pas exception : notre association a encore, via sa ligne d'écoute et son site internet, reçu entre 1200 et 1300 témoignages de victimes et témoins d'actes homophobes et transphobes. Les chiffres varient peu depuis 2004. L'impression selon laquelle l'homophobie n'existerait quasiment plus et la cause des personnes LGBT serait acquise relève encore de l'utopie : oui, être homosexuel ou trans aujourd'hui est globalement moins difficile qu'il y a dix, vingt, trente ans. Mais l'on peut encore être victime des pires maux de la part de personnes homophobes et transphobes. Et il est important de le dire, de le rappeler, année après année, pour que nous ne soyons jamais immobiles face à ces violences.

SOS homophobie, forte de ses 130 membres actif-ve-s, continue donc de se mobiliser. Ce lundi 17 mai, nous distribuons des tracts dans différents quartiers de Paris, aux heures d'affluence, pour sensibiliser le grand public ; nous intervenons à l'Organisation de Coopération et Développement Economiques (OCDE) pour une conférence sur l'homophobie dans le monde du travail ; nous rencontrons la secrétaire d'Etat Rama Yade, pour avancer dans la lutte contre l'homophobie dans le sport ; invités par l'association Homos & Bis d'Orsay (HBO) et l'Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans, nous sommes présents au Conseil Régional d'Île-de-France pour parler de la réalité des personnes LGBT en banlieue ; nous allons également à la RATP pour parler avec les salarié-e-s et les alerter sur la réalité de l'homophobie et de la transphobie. Et demain, mardi 18 mai, nous serons à une conférence à l'université de la Sorbonne sur l'homophobie chez les jeunes.

Le 17 mai étant la date de sortie officielle de notre rapport annuel, nous nous réunissons également à la mairie du IIIe arrondissement ce lundi, en soirée, pour présenter les résultats de notre rapport. A cette occasion, nous annonçons officiellement la nomination de Pierre Bergé, donateur généreux qui a considérablement aidé notre association pour la publication du rapport annuel, membre d'honneur de SOS homophobie. 

Ce rassemblement sera également l'occasion d'accueillir la cérémonie de remise du Prix Pierre Guénin contre l'homophobie, pour la deuxième année consécutive. Le jury du prix a distingué le film "Le Baiser de la lune", outil pédagogique destiné aux enfants de CM1 et CM2 pour leur montrer la diversité des relations amoureuses. Jeanne Broyon, journaliste et réalisatrice du documentaire "Des filles entre elles", diffusé vendredi 14 mai sur France 4, remettra le prix avec Pierre Guénin.

La remise de ce prix s'inscrit directement dans les revendications de SOS homophobie : il est du devoir de tous les acteurs sociaux et politiques de lutter contre l'homophobie et la transphobie, au même titre que toutes les autres formes de discrimination et de rejet. Et cette lutte passe par un travail de prévention considérable, à mener dès le plus jeune âge pour que les violences auxquelles peuvent être confrontées des personnes LGBT adolescentes et adultes, d'ici quelques années, cessent.