L'homophobie au travail est contre-productive !

La lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie au travail sont des réalités quotidiennes. Insultes, blagues à la machine à café, harcèlement moral, refus d'embauche ou licenciement discriminatoire, blocage dans la carrière : en l'espace de trois ans, plus de 500 situations d'homophobie dans le cadre professionnel ont été signalées à la ligne d'écoute de SOS homophobie. Ainsi, cette année encore, le milieu professionnel est le deuxième contexte d’homophobie signalée à l’association, après Internet, comme en atteste le Rapport annuel sur l’homophobie 2013.

 

Parfois les victimes, même quand elles ne sont pas paralysées par le mécanisme destructeur du harcèlement moral, hésitent à agir et craignent que des démarches n'aboutissent à rien, malgré les garanties que devraient apporter le code du travail et le code pénal.

 

Mercredi 24 avril, une décision exemplaire de la Cour de cassation est venue apporter une lueur d'espoir pour ces victimes*. La Caisse Régionale du Crédit Agricole Mutuel de Paris Ile de France  a été condamnée pour avoir discriminé un cadre bancaire dans sa progression de carrière en raison de son orientation sexuelle. En plus de la transaction initiale, les 35 000 euros de dommages et intérêts et les 580 000 euros au titre du préjudice financier viennent rappeler à l'employeur que l'homophobie au travail est contre-productive.

 

Car, si cette décision doit redonner de l'espoir aux victimes, elle doit aussi rappeler que quand un-e salarié-e ou un-e agent-e est bloqué-e dans sa carrière ou insulté-e au quotidien en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre,  l'employeur n'a à y gagner que de la démotivation, de la perte de créativité, de l'absentéisme et du turnover.

Elle doit enfin rappeler les conséquences parfois graves que de tels comportements peuvent avoir sur les victimes : mal-être, dépression, voire suicide..

 

Souhaitant que cette décision fasse date, SOS homophobie s’en félicite et rappelle aux entreprises et aux administrations que des ressources existent, comme le guide réalisé par IMS Entreprendre pour la Cité, pour prévenir les violences et discriminations homophobes au travail, au nombre desquelles les interventions et formations pour adultes que délivre l'association, par exemple auprès des managers de France Télévisions.

 

Victimes, collègues, hiérarchie la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie au travail ne sont pas une fatalité. Et comme un nombre croissant d'entreprises satisfaites de la démarche qu'elles ont mis en place, il est possible d'engager une politique diversité incluant explicitement l'orientation sexuelle et l'identité de genre, où chaque personne se sente acceptée tel-le qu'elle est.

 

*Cour de cassation 24 avril 2013 n° 11-15.204