La Halde doit demeurer indépendante

Alors que M. Louis Schweitzer achève son mandat à la tête de la Halde, la presse se fait l'écho d'une volonté de la majorité de la placer sous la tutelle du futur Défenseur des droits, institution qui regrouperait le médiateur de la République, le défenseur des enfants et la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).
SOS homophobie s'inquiète de ce regroupement et demande au gouvernement et à la majorité d'y renoncer. Pour Bartholomé Girard, président de SOS homophobie, "la Halde a besoin de voir ses moyens renforcés et non d'être rendue invisible".

Les risques du regroupement envisagé sont clairs: tout d'abord une perte de visibilité dans les médias et l'opinion de ces autorités indépendantes, alors que la Halde n'est aujourd'hui connue que de 54% des Français-e-s. Mais le risque majeur est qu'elles se voient dépouillées en douce de leurs moyens. En effet, lorsque le Parlement n'aura plus à s'exprimer que sur les crédits globaux du Défenseur des droits, le public n'aura plus aucune visibilité sur la répartition des moyens financiers entre ces autorités, dont on sait que les recommandations et rapports dérangent régulièrement le pouvoir. Certains députés (UMP) demandent déjà la disparition pure et simple de la Halde, alors que l'existence de cette autorité est une obligation européenne.

La Halde, le médiateur de la République, la CNDS et le défenseur des enfants ont fait la preuve de leur grande utilité au service des citoyen-ne-s, chacun dans son domaine. Ils doivent demeurer visibles et audibles, et il appartient au législateur d'en fixer les moyens en fonction des besoins. Les moyens dont dispose la Halde sont très faibles comparés à ceux de son homologue britannique.

SOS homophobie rend hommage à l'action conduite par la Halde depuis 5 ans, sous la présidence de M. Schweitzer. L'association a pu travailler avec la Halde de manière constructive sur nombre de discriminations liées à l'orientation sexuelle au sein de plusieurs groupes de travail, sur les discriminations à l'école ou au travail.

En décembre dernier, SOS homophobie et le Paris Foot Gay lui ont demandé d'étudier le refus discriminatoire du club Bébel Créteil de jouer un match contre le PFG, en octobre 2009.

SOS homophobie est une association mixte de lutte contre l'homophobie. A travers sa ligne d'écoute anonyme, elle vient en aide à toutes les victimes, femmes et hommes, d'actes et propos homophobes. Ligne Azur : 0 810 108 135 (Coût d'un appel local).

En savoir plus sur l'homophobie en France :
Rapport sur l'homophobie 2009