La lutte contre l'homophobie et la transphobie un an après l'arrivée au pouvoir de François Hollande

En 2012, SOS homophobie faisait parvenir à chaque candidat-e à l’élection présidentielle un questionnaire portant sur 12 revendications qui visent à lutter contre l’homophobie et la transphobie et à œuvrer pour l’égalité des droits. Un an après les élections présidentielles et législatives, force est de constater que ces sujets ne sont pas ignorés par le nouvel exécutif mais que des résultats concrets se font attendre.

 

Une étape de plus vers l’égalité des droits qui se fait toujours attendre

Si l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de personnes de même sexe a fait l’objet d’une loi promulguée le 17 mai 2013, cela ne constitue que deux des douze points soulevés par SOS homophobie. L’égalité des droits est une condition nécessaire à la lutte contre l’homophobie et la transphobie mais non suffisante. D’autant plus que cette loi, pour importante qu’elle soit, n’instaure toujours pas d’égalité entre les couples et les familles notamment en ce qui concerne l’accès à la PMA.

Un bilan similaire peut être fait en matière de transphobie : enfin sa prise en compte par l’introduction d’un nouveau critère de discrimination, mais en recourant à des termes impropres (« identité sexuelle » en lieu et place « d’identité de genre ») et récusés par tou-te-s.

Que dire de l’ouverture du don du sang aux hommes homosexuels et bisexuels, qui fut une fois de plus balayée d’un revers de la main après avoir pourtant reconnu que le risque ne tient pas à l’orientation sexuelle mais bien aux pratiques des individus ?

 

La lutte contre les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre n’est pas un sujet oublié d’une partie du gouvernement. Toutefois, les poussées de haine et de violences homophobes connues tout au long de l’année et plus encore ces six derniers mois témoignent de l’urgence à agir maintenant et plus concrètement.

Le Rapport Annuel sur l’homophobie affiche encore en 2013 comme 2e contexte d’interpellation de l’association le milieu professionnel. Les actions de lutte contre l’homophobie et la transphobie au travail doivent désormais dépasser la simple invitation des acteurs sociaux à en discuter. L’accueil qualifié des victimes ne doit plus dépendre du volontariat des professionnel-le-s qui – déjà sensibilisé-e-s – accepteraient d’organiser ou de suivre une formation sur ces questions.

 

Les réalisations et les annonces faites au cours de cette première année ont de quoi satisfaire mais laissent tout autant espérer que le
gouvernement et la majorité parlementaire ne s’arrêteront pas là. Il reste tant à faire, les victimes qui contactent SOS homophobie sont toujours tellement nombreuses, que la volonté politique, pour importante qu’elle soit, ne saurait suffire à endiguer l’homophobie, la biphobie et la transphobie.

 

Les 12 revendications de SOS homophobie, les réponses du candidat François Hollande et l’état des lieux à ce jour