Le prix Pierre Guénin contre l'homophobie est décerné à Sophia Aram

Le 12 mars 2013, les membres du jury du prix Pierre Guénin contre l’homophobie parmi lesquels compte SOS homophobie, se sont réuni-e-s sous la présidence de Christophe Girard et ont décidé de distinguer Sophia Aram.

 

Humoriste engagée, Sophia Aram assure notamment une chronique régulière pendant la matinale de France Inter. Dès le mois de septembre 2012, elle y délivrait un message de soutien à la lutte contre l’homophobie, ainsi que de soutien au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe. Aussi bien face à l’intensification du débat ou face à des invité-e-s peu conciliant-e-s de l’émission, Sophia Aram a tenu sa ligne de défense de la dignité des personnes LGBT.

 

Touchant au plus juste de l’argumentation, ses chroniques ont également contribué à expliciter le caractère homophobe de nombreuses oppositions comme par exemple dans sa chronique du 19 septembre 2012 : « Le mariage est fait pour se reproduire. Et moi qui croyais bêtement qu’un couple stérile ou qu’une femme ménopausée pouvaient se marier ? (…) N’est-on pas en train de nous ressortir la bonne vieille idée qu’il existe des relations contre-nature et qu’il est hors de question de leur donner une quelconque légitimité dans le cadre d’une institution comme le mariage ? ».

Ses chroniques ont également permis de déconstruire certains des arguments et préjugés opposés à l’égalité des droits : « On ne ment pas aux enfants.  Les enfants, si vos parents sont allés manifester le week-end dernier c’est parce qu’ils sont convaincus que des couples homosexuels ayant adopté ou ayant eu recours à la PMA n’auront pas d’autre choix que de mentir à leurs enfants pour leur expliquer qu’ils les ont conçus par l’opération du Saint esprit ».  (Chronique du 30 octobre 2012) Ou encore : « Il n’y a aucune chance que le mariage pour tous concerne le mariage religieux » (Chronique du 21 novembre 2012)

 

L’attribution du prix Pierre Guénin contre l’homophobie à Sophia Aram démontre que tous les pans de la société peuvent se saisir de la lutte contre l’homophobie : y compris les humoristes, y compris sans être directement concerné-e-s. Si Sophia Aram n’a pas été la seule à s’être engagée et mobilisée tout au long de l’année, le rôle modèle de ses interventions lui font amplement mériter ce prix.

 

 

Le prix Pierre Guénin contre l’homophobie avait distingué la pièce de théâtre Place des Mythos en 2009, le film d'animation Le Baiser de la lune en 2010, Hélène Mandroux maire de Montpellier en 2011, et conjointement Virginie Despentes et le Paris Foot Gay en 2012.

 

Depuis sa participation au FHAR avec Guy Hocquenheim et Pierre Hahn, et pionnier de la presse gay en France, Pierre Guénin se bat depuis la fin des années 1960 pour la visibilité des homosexuel-le-s dans la société civile et les médias. La création de son prix contre l’homophobie, unique en son genre en France, s’inscrit logiquement dans un parcours militant constant. Son prix annuel distingue une personne, un groupe de personnes ou un projet qui a particulièrement contribué à la lutte contre l'homophobie et à l'avancée des droits LGBT au cours de l'année passée. Le ou la lauréat-e permet à une association qu’il-elle désigne de recevoir une somme de 4000 euros.