Le visage de l’homophobie du quotidien : un homme jette de l’acide sur son voisin homosexuel

Depuis plusieurs mois, Michael est victime d’injures homophobes, de harcèlement et de menaces de mort de la part de son voisin. Le 12 avril 2015, il a été violemment agressé par ce dernier. Placé sous contrôle judiciaire, celui-ci comparaît aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Thionville. SOS homophobie s’est constituée partie civile dans ce procès. L’association sera représentée par Maître Lionel Oks, avocat au barreau de Paris.

Insultes homophobes, inscription « PD » sur les murs des parties communes, urine devant la porte : tel est le quotidien de Michael depuis maintenant plusieurs mois. Harcelé par son voisin en raison de son homosexualité, le jeune homme vit chaque jour dans la crainte de ces agressions répétées. Le point culminant est atteint le 12 avril dernier. Alors qu’il jardine sur son balcon, le bras de Michael est aspergé d’un mélange d’eau chaude et d’eau de javel. À la suite de cette agression, il reçoit 10 jours d’ITT. Depuis cette date, l’agresseur a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’approcher la victime. Il comparaît aujourd’hui devant le tribunal de Thionville pour injures, menaces de mort et violences aggravées en raison de l’orientation sexuelle de la victime.

La situation de Michael met en évidence l’ancrage de l’homophobie dans notre société ; elle montre les violences quotidiennes dont peuvent être victimes les personnes lesbiennes, gays, bi-e-s et trans (LGBT). Publié il y a quelques jours, notre rapport annuel 2015 sur l’homophobie (http://www.sos-homophobie.org/sites/default/files/rapport_annuel_2015.pdf) a ainsi révélé l’importance des LGBTphobies dans les contextes de la vie quotidienne (lieux publics, famille, travail, voisinage, commerces et services, milieu scolaire).

SOS homophobie exprime sa plus vive inquiétude face à cet enracinement de l’homophobie et de la transphobie en France. Dans ce contexte, notre association réaffirme son soutien actif à toutes les victimes d’homophobie et de transphobie. En plus de ses services d’écoute anonymes ouverts tous les jours (ligne d’écoute, chat’écoute) et du soutien juridique personnalisé qu’elle propose, notre association agit aussi en amont pour prévenir les paroles et les actes lesbophobes, gayphobes, biphobes et transphobes. Nos bénévoles sont notamment mobilisé-e-s auprès des jeunes, pour construire avec elles et eux une société dans laquelle chacune et chacun trouveraient leur place quelles que soient leur orientation sexuelle et leur identité de genre.

Plus largement, SOS homophobie en appelle aux pouvoirs publics pour que soit mise en place une politique active de lutte contre les LGBTphobies dans notre pays. Nul ne peut aujourd’hui ignorer les difficultés quotidiennes – parfois les violences – auxquelles sont confronté-e-s une partie des lesbiennes, gays, bi-e-s et trans. Toute inaction rend aujourd’hui comptables de ces violences celles et ceux qui refusent d’agir contre les LGBTphobies.

Contact presse :
Yohann Roszéwitch, président
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