Mariage pour tou-te-s : deux ans, la petite enfance des droits LGBT ?

Il y a deux ans, la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe était adoptée. Aujourd’hui, SOS homophobie s’inquiète de la persistance d’un discours politique visant à remettre en cause cette loi et nourrissant ainsi les discriminations envers les personnes lesbiennes, gays, bi-e-s et trans. Notre association appelle à la plus grande vigilance pour la sauvegarde du droit au mariage et à l’adoption, et à la poursuite du combat en faveur de l’égalité des droits et des libertés des personnes LGBT.

Nous n’oublions pas les premières images, en 2013, des marié-e-s gays ou lesbiennes, les premières adoptions au sein de familles homoparentales. La loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe a donné reconnaissance et dignité à ces couples et à ces familles. Malgré les débats passionnés qu’elle a suscités, les mots et les gestes de haine qu’elle a entraînés, cette loi est aujourd’hui approuvée par une très grande majorité de Françaises et de Français.

Pourtant, des voix s’élèvent régulièrement pour remettre en cause cette mesure républicaine. Des femmes et des hommes public-que-s continuent de nier l’égalité des droits au nom d’une prétendue hiérarchie entre les personnes selon leur orientation sexuelle. Elles et ils avivent ainsi sans vergogne l’homophobie et la transphobie. A une société de respect et d’égalité, elles et ils opposent un monde d’intolérance et d’exclusion. Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces déclarations qui ne font qu’attiser la haine de l’autre.

La loi sur le mariage pour tou-te-s est une loi nécessaire, mais aujourd’hui insuffisante. Ses défauts obligent encore certains couples binationaux à faire appel à la justice pour établir leur droit à se marier. Ses ambiguïtés contraignent certaines femmes à un long parcours judiciaire avant d’être reconnues pleinement comme les mères de leurs enfants. Ses insuffisances empêchent la juste reconnaissance de toutes les formes de parentalité (beaux-parents, coparents, parents sociaux) et entretiennent les inégalités, notamment en refusant l’accès à la PMA à toutes les femmes. SOS homophobie en appelle aujourd’hui aux pouvoirs publics pour que les couples gays ou lesbiens, et les familles homoparentales, soient pleinement reconnus.

Plus largement, le vote de la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe ne peut plus servir de paravent qui empêcherait toute avancée des droits et des libertés des personnes lesbiennes, gays, bi-e-s et trans. SOS homophobie soutient ainsi avec force l’ouverture du don de sang aux hommes gays et bisexuels, la simplification du parcours de transition des personnes trans et la mise en œuvre d’une politique ambitieuse de lutte contre les LGBTphobies à l’École.

La loi sur le mariage pour tou-te-s a été une étape importante dans la conquête des droits des personnes LGBT. Poursuivons ce combat pour faire de l’Égalité et de la Liberté une réalité pleine et entière pour les lesbiennes, gays, bi-e-s et trans.

Contact presse :
Yohann Roszéwitch, président
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