Maroc - Insultes homophobes du Ministre des droits de l’homme SOS homophobie appelle les autorités françaises à réagir

Le 28 septembre 2017, le Ministre d’Etat chargé des droits de l’homme au Maroc s’est exprimé en marge d’une réunion dédiée aux mécanismes de prévention de la torture organisée par le Conseil National des Droits de l’Homme. Interrogé par un journaliste sur le rejet récent par le Maroc des recommandations relatives à la décriminalisation de l’homosexualité formulées par l’ONU, Mustapha Ramid a répondu : « Trop c’est trop. Tout le monde donne de l’importance à cette homosexualité et veut en parler. Ces gens-là sont des ordures » (traduit de l’arabe« aousakh »).

Quelques jours plus tard, Mustapha Ramid a maintenu ces propos : « La déviance sexuelle (expression employée par le ministre pour l’ « homosexualité ») reste un crime puni par la loi marocaine et est de surcroît non-acceptable par notre société ». Il ne s’agit pas de la première sortie homophobe de Mustapha Ramid, qui avait déjà, en 2015, appelé les homosexuels «à changer de sexe» pour ne pas tomber sous le coup de la loi. 

Une quinzaine d’associations de défense des droits humains, dont notamment l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH), l’Association de défense des droits de l’Homme (ADDH), le Centre marocain pour la démocratie et la sécurité (CMDS), l'Association de lutte contre le sida, ont condamné ces propos dans une lettre commune à l'attention du chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani : « Nous considérons que qualifier d’ « ordure » des citoyens marocains comme tout autre citoyen, est une violation flagrante de la constitution marocaine, qui dans son préambule, adopte l’engagement de l’État marocain aux droits de l’homme tel que reconnu internationalement. Le ministre d’État, avec de telles déclarations, encourage l’homophobie ».

Ces propos interviennent dans un contexte de criminalisation des relations homosexuelles par l’article 489 du code pénal marocain, qui reste largement appliqué dans les tribunaux qui condamnent très régulièrement des personnes à de la prison ferme (jusqu’à 3 ans) sur ce fondement, et de rejet par le Maroc des recommandations d’abrogation de cet article par les Nations Unies.

SOS homophobie s’insurge contre ces propos qui constituent une attitude homophobe affichée et décomplexée du Ministre d’Etat chargé des droits de l’homme. Elle appelle les autorités françaises, qui entretiennent des relations diplomatiques, économiques et judiciaires étroites avec le Maroc, à intervenir auprès des autorités étatiques et gouvernementales marocaines afin que ces propos, qui constituent une atteinte grave aux libertés fondamentales universelles défendues par la France, soient officiellement condamnés et que des excuses soient exigées pour ces insultes.

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