Mois de décembre 2012, 3 fois plus de témoignages reçus par SOS homophobie qu’en décembre 2011 : la défense de l’intérêt des jeunes ne doit pas oublier les jeunes LGBT !

Si chaque année connaît un regain de témoignages en décembre, l’année 2012 aura été tristement exceptionnelle : trois fois plus de témoignages reçus par SOS homophobie qu’en 2011. Quand dans le même temps, le secrétaire général de l’Enseignement Catholique adresse aux 8300 écoles privées mais par ailleurs financées chaque année à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros par l’Etat, un courrier qui souligne « un risque » que le mariage pour tou-te-s ferait courir à la « croissance harmonieuse de chaque jeune ».

 

Cette déclaration s’ajoute à plusieurs autres émanant entre autres de l’épiscopat français mais également à celles du grand rabbin de France et du conseil français du culte musulman.

SOS homophobie s’inquiète de ces déclarations, justement dans l’intérêt de l’enfant, au vu des nombreux témoignages qu’elle a reçus par mails, par téléphone ou par tchat au mois de décembre et notamment à l’occasion des fêtes de Noël. Le mois de décembre est toujours symptomatique : les fêtes de fin d’année renvoient les plus faibles à leur vulnérabilité et au rejet qu’ils et elles subissent.

 

Si les sermons de prêtres appelant à manifester contre le mariage pour tou-te-s ont été nombreux à nous être relayés suite aux messes célébrées le 24 décembre, plusieurs jeunes lesbiennes, gays, bi ou trans nous ont également contacté-e-s ces derniers jours pour exprimer leur désarroi, leur souffrance et leur détresse face à leurs familles, enseignant-e-s ou proches qui ont exprimés des propos empreints d’homophobie et de violences, n’en déplaisent aux organisateurs de la manifestation du 13 janvier prochain.

 

SOS homophobie alerte tant l’enseignement catholique que l’ensemble des communautés religieuses sur les dangers qu’ils peuvent faire courir à ces jeunes qui se trouvent ainsi confrontés au quotidien au rejet de leurs personnes parce que leur orientation sexuelle ou leur identité de genre ne correspond pas aux standards prônés par ces instances, voire « au projet éducatif voulu »*.

C’est d’ailleurs pour aider ces jeunes que SOS homophobie a créé le site internet cestcommeca.net afin que la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre puisse être connue des jeunes, LGBT ou non.

 

La « croissance harmonieuse de chaque jeune » évoquée comme au cœur des préoccupations du secrétaire général de l’Enseignement Catholique devrait réjouir. Malheureusement elle alarme grandement SOS homophobie qui enregistre en 2012 le triste record du plus grand nombre de témoignages de discriminations, propos et agressions homophobes ou transphobes depuis sa création en 1994. Nous saluons par ailleurs le courage des personnels de l’enseignement privé religieux et des membres des différents clergés qui refusent de s’associer à ces manifestations et discours haineux et rétrogrades. Peu médiatisées, ces prises de position en faveur de l’égalité des droits et de la diversité des familles françaises méritent d’être soulignées.

 

Avant d’encourager des initiatives locales pour s’opposer au mariage laïque et républicain pour tou-te-s, l’enseignement religieux serait bien avisé d’encourager une réflexion en son sein sur le mal-être et le suicide des jeunes LGBT et son possible lien avec la « croissance harmonieuse » dont le secrétaire général de l’Enseignement Catholique se prévaut. S’il fallait encore rappeler l’évidence : ce n’est ni l’égalité des droits, ni le mariage pour tou-te-s, ni l’homoparentalité qui font courir un risque aux enfants mais bien la haine, l’intolérance et le rejet qu’ils et elles peuvent subir en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre et de celles de leur entourage.

 

* Selon les termes employés par une victime ayant contacté la ligne d’écoute de SOS homophobie ces derniers jours.