Nelly Olin brise la vie d'un gay et … se voit décorée de la légion d'honneur !

Le 11 septembre 2001, la vie de Christophe Bridou, chef de la police municipale de Garges-Lès-Gonesse, a basculé. Accusé par madame Nelly OLIN, sénateur-maire de la ville, d’escroquerie, de détournements de fonds et de vols. Se sont ajoutées, par plaintes pénales, des accusations de recel d’images à caractère pédophile.

L'homosexualité de Christophe ayant été révélée peu de temps avant : ceci explique sans doute cela.

Le cas de Christophe nous semble tout à fait emblématique de l'homophobie au travail qui fait l'objet, chaque année, de plus de 150 appels à notre association : en général, les propos sont tenus sans témoins et l'amalgame homosexualité / pédophilie est presque systématiquement utilisé pour stigmatiser ou harceler.

Révoqué et radié des cadres de la fonction publique, Christophe Bridou a toujours clamé son innocence. Il aura pourtant fallu six ans de mise en examen et de contrôle judiciaire pour que la justice rende une ordonnance de non-lieu disculpant Christophe Bridou de tous les faits dont il était accusé. La vie de Christophe Bridou a été réduite à néant, considéré comme coupable avant même que l'enquête commence : licencié sans assurance chômage, interdit de contact avec ses enfants…

Le 20 juillet 2007, le tribunal de grande instance de Pontoise lave de tout soupçons Christophe. Il dépose plainte pour dénonciation calomnieuse le 28 août 2007 contre Nelly Olin qui, en tant que maire de Garges-Lès-Gonesse avait auparavant porté plainte contre lui.

Depuis, aucune suite... L'instruction se prolonge bien au delà des délais normaux : attente habituelle pour Christophe.

Les enfants de Christophe Bridou déposeront plainte contre Nelly Olin, le lundi 8 décembre 2008 pour demander réparation de l'accusation calomnieuse qui les a privé de la présence de leur père pendant plusieurs années.

Toute cette affaire a brisé une famille, une vie, une carrière.

Le tribunal administratif de Pontoise a, cet été, refusé, contre toute attente et malgré la réquisition du commissaire du gouvernement, sa demande de réintégration dans ses fonctions policières l'obligeant à faire appel.

Nelly Olin ex- ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l’exclusion et ex sénateur-maire UMP de Garges-lès-Gonesse, a donné une interview au journal Le Parisien du 20 octobre 2008 indiquant qu'elle vivait pleinement sa retraite à quelques kilomètres du Val-d’Oise, dans les Yvelines. « Depuis un an, j’ai séjourné à Prague, Londres, Miami, New York. J’ai aussi traversé le Portugal et passé plusieurs semaines en Sardaigne, où j’ai de la famille et des amis. Dans les semaines à venir, je pars à Venise, puis je retourne en Floride et en Sardaigne ».

Dans le livre "Calomnie", retraçant son calvaire, Christophe Bridou relate : "Désormais, une nouvelle vie commence. Je suis SDF. Un homme de l'ombre parmi tant d'autres (…) cela va durer deux ans. De juin 2003 à septembre 2005, je vis au jour le jour. Sans toit ni perspective sérieuse.

Nelly Ollin a été décorée de la légion d'honneur le 4 décembre 2008.

La loi portant la création d'une légion d'honneur du 29 Floréal an X définit qu'elle récompensera : "les citoyens qui, par leur savoir, leurs talents, leurs vertus, ont contribué à établir ou à défendre les principes de la République, ou fait aimer et respecter la justice ou l'administration publique".

SOS homophobie s'interroge sur la pertinence de décorer une élue de la République, pourtant sous le coup de plainte pour dénonciation calomnieuse pour pédophilie d'un homosexuel. Qu'elle ait été ministre de la lutte contre la précarité serait-il suffisant pour oublier que sa plainte infondée a conduit à condamner un citoyen à l'exclusion ?

Quelle image donne-t-on de la République vis à vis des homosexuels, hommes et femmes, et de tous les citoyens, si l'on octroie cette récompense avant que la justice ne rende son avis sa décision ?

Un comité de soutien à Christophe Bridou a été créé sous l'égide de SOS homophobie. La réunion publique et presse de lancement se tiendra :

Lundi 08 Décembre 2008 à 19 heures

À La Maison des Metallos

94 rue Jean-Pierre TIMBAULT M° Métro Couronnes 75011 Paris

Si vous voulez soutenir Christophe, envoyez un mail à l'adresse suivante :

soutien.bridou@sos-homophobie.org

Nous demandons simplement à ce que justice soit faite avant que l'on récompense les accusés.

Chritophe Bridou doit être réintégré et mérite des excuses.