Nouveau gouvernement : SOS homophobie inquiète de certaines nominations

Mercredi 17 mai 2017, journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, la composition du nouveau gouvernement était rendue publique. SOS homophobie souhaite aujourd’hui partager son inquiétude face à certaines nominations.

SOS homophobie veut notamment dénoncer avec force la nomination de Gérald Darmanin comme ministre de l'Action et des Comptes publics. Un mois après l’adoption de la loi du 17 mai 2013 sur le mariage pour toutes et tous, Gérald Darmanin publiait sur twitter :  

SOS homophobie s’interroge. Est-il acceptable, en 2017, de nommer ministre une personne qui s’est engagée à ne pas marier, en tant que maire, un couple d’hommes ou de femmes, après que le Parlement s’est prononcé favorablement sur une loi autorisant ces unions ? Aurait-on eu la même marge de tolérance si M. Darmanin s’était engagé à ne pas marier une personne blanche avec une personne noire ? 
Il est temps de cesser de croire que l’homophobie est une opinion acceptable. Il est temps de cesser de minimiser, de banaliser les postures et les déclarations qui, à l’image du positionnement de M. Darmanin, ont un caractère clairement homophobe parce qu’elles refusent de reconnaître aux citoyen-ne-s homosexuel-le-s les mêmes droits qu’à leurs homologues hétérosexuel-le-s. La nomination de M. Darmanin légitime ces positionnements et SOS homophobie ne peut qu’exprimer une profonde amertume en tant qu’association de lutte contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie. 
Comment ne pas s’inquiéter de ce choix lorsque l’on sait que le Premier ministre Édouard Philippe a affiché son opposition à la procréation médicalement assistée (PMA), lorsque l’on constate qu’il s’est abstenu lors du vote de la loi sur le mariage pour toutes et tous ? Comment ne pas s’interroger sur la nomination de Gérard Collomb, maire de Lyon, qui a refusé de célébrer lui-même les mariages de personnes de même sexe après l’adoption de la loi Taubira ? Comment ne pas ressentir du scepticisme lorsque l’on voit la proximité de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, avec SOS Education, association proche des mouvements réactionnaires ?

SOS homophobie reste déterminée à se battre pour les personnes lesbiennes, gays, bies, trans et intersexes (LGBTI), pour la reconnaissance de leurs droits et de leurs libertés. La tâche qui s’annonce est ardue. Les prises de position et les déclarations de certains membres du nouveau gouvernement nous inquiètent. Elles exigent qu’Emmanuel Macron réaffirme son engagement à lutter contre toutes les formes de discriminations et que son gouvernement s’engage à faire avancer les droits des personnes LGBTI sans attendre.
Plus d’excuses ou d’attente inutile pour que la PMA soit ouverte à toutes les femmes, que le parent social soit reconnu, qu’un terme soit mis aux mutilations des intersexes, que le changement d’état civil des personnes trans soit entièrement libre et gratuit, que la Délégation interministérielle de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT monte en puissance.

SOS homophobie affirme que la victoire des libertés et des droits fondamentaux sur la haine le 7 mai dernier doit se déployer, prendre tout son sens, toute sa place. Dans l’intérêt des personnes LGBTI, agissons pour la construction d’une société ouverte, de respect, de libertés.