PMA, une promesse oubliée

A l’occasion de sa visite au Vatican ce week-end, Manuel Valls a confirmé que le gouvernement s’opposerait à tout texte sur la procréation médicalement assistée (PMA) « jusqu’à la fin de la législature ». Le Premier ministre préfère ainsi céder aux revendications bruyantes de quelques-un-e-s plutôt que d’assurer l’égalité entre toutes les femmes.

Pendant la campagne de l’élection présidentielle de 2012, le candidat François Hollande s’était clairement engagé en faveur de l’ouverture de la PMA : « Une femme doit pouvoir recourir à l’assistance médicale à la procréation, soit parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, soit parce qu’elle ne souhaite pas avoir une relation avec un homme. »

D’hésitations en reculades, la promesse est devenue renoncement. Pendant les débats sur le mariage pour tou-te-s, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault sacrifiait ainsi délibérément la PMA. En février dernier, au lendemain d’une nouvelle manifestation des opposant-e-s à l’égalité des droits, il annonçait ainsi son opposition à tout amendement portant sur ce sujet dans la future loi Famille.

Nous attendions du nouveau gouvernement du courage et de la détermination sur cette question. Il n’en est rien. Dès sa nomination, la secrétaire d’Etat chargée de la Famille, Laurence Rossignol, déclarait que la PMA n’était pas un « sujet à l’ordre du jour ». Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, affirme quant à elle que « la PMA n’est pas la question qui préoccupe de façon majoritaire les Français. »

Le rôle du gouvernement est-il aujourd’hui de répondre uniquement à celles et ceux qui manifestent avec force dans la  rue contre l’égalité des droits ? Frigide Barjot parle aujourd’hui de « victoire », tandis que Christine Boutin rappelle son désir de voir abrogée la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe.

La recherche de l’apaisement doit-elle se faire au détriment de la sécurité, des droits et de l’égalité de toutes ? Aujourd’hui, la PMA est une réalité. Des milliers de femmes, lesbiennes ou hétérosexuelles, mariées ou célibataires, ont recours à la PMA à l’étranger, mettant ainsi leur santé en danger. L’ouverture de la PMA à toutes les femmes mettrait fin à une situation flagrante de discrimination à l’encontre de ces femmes.

SOS homophobie en appelle au gouvernement pour qu’il prenne en compte les préoccupations de toutes les femmes et s’engage clairement sur l’égalité. Nous en appelons également aux parlementaires pour qu’ils-elles prennent toutes leurs responsabilités afin que soit votée une loi Famille ambitieuse qui inclut la PMA pour toutes.

SOS homophobie soutient par ailleurs l’ouverture de la PMA à toutes les femmes en ouvrant aujourd'hui une page internet dédiée, qui répond à toutes les questions sur le sujet et aux arguments des opposant-e-s.

L’égalité pour toutes, c’est maintenant !