Présidentielle 2012 : Première intervention de SOS homophobie en école primaire

Ce jeudi 12 avril, SOS homophobie a mené sa toute première intervention auprès d'enfants en école primaire. Deux classes (CP-CE1 et CM1-CM2) d'Île-de-France ont ainsi eu l'occasion de découvrir le film « Le Baiser de la lune » de Sébastien Watel, diffusé à grande échelle depuis quelques jours, et de discuter ensuite pendant 1 heure avec des intervenant-e-s de SOS homophobie. 

Au cours de cet échange, les enfants ont pu exprimer leurs impressions et sentiments en voyant une histoire d'amour entre deux poissons de sexe masculin, et plus globalement leur rapport à l'homosexualité. Loin d'être à l'abri des clichés, beaucoup d'entre elles et eux se sont fait l'écho des stéréotypes véhiculés par la société. Mais toutes et tous ont reconnu, à la fin de la discussion, la nécessité de respecter les personnes homosexuelles comme toutes les autres. 

Au sortir de ces interventions, la conviction de SOS homophobie, agréée par le ministère de l'Éducation Nationale, n'en est que renforcée : c'est bien dès le plus jeune âge, à l'école primaire, que les questions sur les relations amoureuses et la diversité des désirs se posent. C'est bien dès l'âge de 6 ans que les enfants s'interrogent sur ce qu'est être une fille, ce qu'est être un garçon, sur les relations amoureuses entre deux personnes de même sexe. C'est bien à ce moment du développement psychique, affectif et sexuel d'un enfant qu'il faut ouvrir son horizon et le sortir d'un moule normatif nourri par des décennies de contes racontant les amours de princes et de princesses qui se marient et ont beaucoup d'enfants. 

SOS homophobie, qui intervient depuis plus de 10 ans en collège et lycée dans toute la France (7000 élèves sensibilisé-e-s en 2010-2011), a mené cette action inédite dans le cadre de la campagne présidentielle. Parmi les douze questions soumises aux candidat-e-s (http://www.sos-homophobie.org/presidentielle) figure en effet la demande de notre association d'intervenir dès l'école primaire. Et c'est l'un des sujets les plus controversés : si la majorité des candidat-e-s se prononcent en faveur d'une sensibilisation à la diversité des relations amoureuses et sexuelles à partir du collège, ils ne sont que trois à vouloir ouvertement commencer ce travail dès l'école primaire : François Hollande, Nathalie Arthaud et Eva Joly (qui propose même d'intervenir dès l'école maternelle). Seule Marine Le Pen se prononce contre toute forme de sensibilisation à l'école, quel que soit le niveau : « Ce n’est ni le rôle de l’école ni des programmes scolaires. » 

SOS homophobie pense au contraire que l'école française, qui veut apprendre aux enfants à être des citoyen-ne-s responsables et respectueux-ses des personnes qu'ils et elles rencontrent, est justement le lieu idéal pour commencer ce travail de longue haleine. SOS homophobie va travailler pour que, dans les années à venir, de plus en plus d'enfants soient sensibilisé-e-s à ces sujets, afin de faire reculer toujours davantage la haine et le rejet dont peuvent être victimes des lesbiennes, des gays, des bi et des trans.