Présidentielle 2012 : 3940 signatures pour les deux pétitions sur l'ouverture du don du sang

COMMUNIQUÉ DE PRESSE INTER-ASSOCIATIF
POURQUOI SANG PRIVER ? - SOS HOMOPHOBIE – TOUS RECEVEURS TOUS DONNEURS

3940. C'est le nombre de signatures que nos trois associations - Pourquoi Sang Priver ?, Tous Receveurs Tous Donneurs et SOS homophobie - ont collectées pour les deux pétitions lancées le 5 mars dernier dans le cadre de la campagne présidentielle pour demander, une fois de plus, l'ouverture du don du sang aux hommes gays et bi. 

La première pétition, destinée exclusivement à des hommes gays et bi souhaitant donner leur sang, a rassemblé 1280 signatures. Autant de donneurs potentiels à côté desquels passent les pouvoirs publics et autorités sanitaires en France, eux qui sans cesse lancent des appels au grand public pour pouvoir sauver des vies. Rappelons que la France, selon les dernières données de l'IFOP, compte quelque 2 millions d'hommes gays et bi : autant de citoyens qui ne peuvent théoriquement pas donner leur sang, sauf s'ils mentent ou cachent qui ils sont. 

La seconde pétition, ouverte à tout le monde, a été signée par 2660 personnes en un mois. Des femmes, des hommes, des hétérosexuel-le-s ou homosexuel-le-s pour qui l'orientation sexuelle d'un donneur n'est pas un critère, que seul compte sur ce plan de la sexualité des relations protégées.  Les milliers de signatures collectées pour ces deux pétitions, sur un sujet pourtant technique et peu connu du grand public, prouvent bien l'importance de cette question. L'ensemble des signatures, collectées par nos associations via des pétitions en ligne et sur le terrain, vont être envoyées au Ministère de la Santé et à l'Établissement Français du Sang. 

Nos trois associations ne le diront jamais assez : le fait de considérer les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes comme une population à risque n'est pas simplement une interdiction, mais bien une discrimination. Elle alimente le mythe d'une communauté dont les pratiques sexuelles seraient forcément dangereuses, et pour qui l'orientation sexuelle déterminerait d'emblée une prédisposition à la maladie. Elle nourrit, dans l'inconscient collectif, l'idée que l'homosexualité est nécessairement porteuse de maladie. 

Or être homosexuel ne dit rien de la réalité de sa vie sexuelle. On peut être en couple depuis 10 ans et exclusif comme avoir de nombreux partenaires. La diversité des pratiques chez les personnes homosexuelles est strictement identique à celle des hétérosexuel-le-s : l'orientation sexuelle n'est donc pas un critère pertinent pour le don du sang. Ce sont bien les pratiques qui doivent être prises en compte, car elles seules reflètent la réalité de la vie sexuelle d'une personne. 

Les candidat-e-s à l'élection présidentielle l'ont bien compris, elles et eux qui ont répondu majoritairement "oui" à la levée de l'interdiction en France au questionnaire que SOS homophobie leur a soumis (http://www.sos-homophobie.org/presidentielle) et aux requêtes que Pourquoi Sang Priver ? leur a adressées. 

Il faut toutefois noter les positions ambivalentes de François Bayrou et Nicolas Sarkozy, qui sur ce sujet ne s'expriment pas clairement pour la levée de l'interdiction. Quant à Marine Le Pen, elle est la seule candidate ouvertement opposée à ce que les hommes gays et bi puissent donner leur sang.  

Quel que soit le résultat de l'élection présidentielle, le 6 mai prochain, nos associations continueront de se battre pour que cette interdiction soit levée, afin que les hommes gays et bi puissent, eux aussi, accomplir ce geste civique et sauver des vies.