Procès Bruno Wiel - Les impressions de Bruno après la première semaine

Bruno a proposé à SOS homophobie de livrer régulièrement ses impressions sur le procès. Voici comment il décrit son état d'esprit après une semaine de procès, à mi-parcours :

"Tout d'abord, je tiens à vous présenter toutes mes excuses. En effet, je m'étais engagé à vous livrer quotidiennement mes impressions et mes sentiments sur les journées d'audience aux assises, mais je ne pensais vraiment pas être si fatigué chaque soir en quittant Créteil.

Cette semaine a réellement été éprouvante. Pourtant, les journées étaient consacrées à la personnalité de ces individus, leur vie, leur famille.... Mais le fait de noter, d'écouter, de me concentrer me fatigue énormément. De plus, j'ai aussi continué à rencontré beaucoup de journalistes de presse écrite, ayant décidé de refuser toutes les invitations des télé.

Manifestement, les quatre mis en cause ont bien répété leurs leçons avec leurs avocats : ils ont joué les victimes d'une vie de jeune de banlieue, avec des familles pauvres, avec l'absence de repère paternel... Ils ont essayé de se "victimiser" pour expliquer leur violence ! L'un d'eux a même tenu à s'adresser à moi personnellement, à s'excuser et s'est engagé à me dire toute la vérité ! Or, vendredi, le président du jury leur a laissé à chacun la parole pour expliquer leur version et ce fut toujours le même discours, les mêmes mensonges, en contradiction avec leurs déclarations faites auprès des policiers lors des interrogatoires. Comme vous avez pu le lire dans la presse, je n'ai ressenti aucun regret dans leurs yeux, aucune émotion à part lorsque j'ai entendu les excuses, j'ai dû quitter la salle d'audience : son discours était franc et chargé de regret. Mais il a ensuite dû en discuter avec les autres inculpés ou ses avocats, mais vendredi, toujours les mêmes mensonges : je serais monté en voiture pour aller faire une partouze avec eux dans un hôtel en banlieue parisienne.

J'ai quitté le Tribunal de Grande Instance très énervé, et mon petit frère, qui a passé la semaine à mes côtés, devait rentrer chez lui, en province. Mon état d'esprit n'a cessé de changer cette semaine, je me permettais même parfois de les plaindre... Mais il me suffisait de croiser un miroir, de voir mes lunettes ou la trace de tracheo que j'ai sur le coup pour me rappeler ce qu'ils m'ont fait subir.

A la veille de ce début de semaine qui ne devrait être consacré qu'aux faits qui leur sont reprochés dont mon agression, je me sens étrangement plus détendu que la semaine dernière : le fait de connaître les lieux, de pouvoir enfin m'exprimer, de savoir que mes avocats ainsi que celle de SOS homophobie vont enfin pouvoir entrer en scène et leur poser ces questions dont j'attends toujours les réponses : pourquoi ? Comment peut on vivre en ayant fait ca, s'en rappeler, ne pas éprouver de réelle culpabilité... ?

J'ai heureusement un esprit très positif, mais je ne réussis toujours ni à comprendre ni à excuser. Si réellement leur but premier était de me dérober ma CB pour leur trafic de carte, pourquoi m'emmener dans un parc en banlieue alors qu'ils ont clairement avoué m'avoir palpé dans la voiture et s'être aperçu que je n'avais pas de CB sur moi ? J'avais  alors de gros problèmes d'argent, j'étais en commission de surendettement et ne sortais qu'avec ma pièce d'identité et un peu d'espèces.

J'espère que cette dernière semaine de procès m'apportera les réponses que j'attends depuis si longtemps."