Purges, tortures et exécutions d’homosexuels en Tchétchénie : SOS homophobie appelle les autorités françaises et européennes à agir

SOS homophobie alerte sur la situation actuelle des homosexuels en Tchétchénie: selon le journal d’opposition russe Novaïa Gazeta ainsi que plusieurs témoins, les autorités tchétchènes ont lancé, depuis la fin de mars, une vaste opération de répression contre leurs concitoyens homosexuels masculins ou soupçonnés de l’être. Une centaine de personnes auraient été arrêtées – notamment des membres des instances religieuses de Tchétchénie, y compris des personnalités proches du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov – et seraient détenues et torturées dans des “prisons secrètes” de la république, en particulier dans la ville d’Argoun, près de Grozny. Trois d’entre elles seraient mortes mais ce chiffre serait largement sous-estimé selon certains témoins.

Cette vague de répression ferait suite aux démarches entreprises début mars par des militants de la communauté LGBTI participant au projet GayRussia.ru, pour organiser des Marches des fiertés dans plusieurs villes du Caucase du Nord, à la suite desquelles les autorités tchétchènes auraient décidé de réaliser des « purges préventives », selon Novaïa Gazeta.

Réagissant à ces accusations, le porte-parole de la présidence tchétchène a montré, par son intervention, l’homophobie du régime en place. Il ne serait pas possible, selon lui, d’arrêter les homosexuels en Tchétchénie… tout simplement parce qu’il n’y en aurait aucun sur ce territoire ! La chargée des droits de l’homme a quant à elle déclaré que la justice sera très clémente avec les familles qui tueraient l’un des leurs s’il est homosexuel – avant de se rétracter.

Être soupçonné-e d’être homosexuel-le dans le Caucase du Nord, c’est en effet risquer d’être tué-e, parfois par sa propre famille. Depuis cette vague d’arrestations, la plupart des homosexuel-le-s ont fermé leurs comptes sur les réseaux sociaux, et certain-e-s ont fui parce qu’ils et elles connaissaient quelqu’un qui a été arrêté, ce qui peut suffire à les faire arrêter. Le réseau LGBTI de Russie a créé depuis le 29 mars une ligne d’urgence pour les habitant-e-s du Caucase du Nord.

SOS homophobie s’insurge contre ces rafles, ces tortures et ces exécutions commanditées par le gouvernement tchétchène.

Dans ce contexte, nous avons pris bonne note de la réaction de l’Union Européenne, qui se dit préoccupée et considère que ces faits, s’ils sont avérés, constituent une violation des engagements internationaux de la Russie en faveur des libertés fondamentales.

Mais SOS homophobie appelle les autorités françaises et européennes, ainsi que les organisations internationales, à réagir plus fortement encore. Elles doivent notamment intervenir auprès de la Russie pour qu’elle fasse cesser ces exactions, poursuivre en justice les auteurs de ces crimes, et venir en aide, dans la mesure de leurs moyens, aux personnes LGBTI qui sont ou ont été victimes de cette sorte d’agissements atroces.

Enfin, SOS homophobie interpelle les candidat.e.s à l’élection présidentielle afin qu’ils et elles prennent position rapidement sur cette actualité glaçante, qui prouve que l’homophobie prend encore aujourd’hui des proportions effroyables dans plusieurs régions du monde. La politique étrangère étant l’un des domaines d’action réservés du président de la République, nous souhaitons que les candidat.e.s à la plus haute fonction élective s’engagent clairement pour lutter contre les LGBT-phobies et défendre les droits humains au niveau international.