Quel candidat à la présidentielle veut lutter contre la progression de l'homophobie ?

Le Parlement européen a adopté jeudi à Strasbourg une résolution condamnant la montée de l'intolérance envers l'homosexualité en Europe. La motion cite notamment des évènements et des déclarations homophobes partout en Europe ces derniers mois. Par exemple l'interview de l'évêque de Namur, Mgr Léonard, qui avait qualifié l'homosexualité d'anormale ou encore les récentes déclarations du ministre polonais de l'Education qui avait annoncé son intention de déposer un projet de loi punissant tous les enseignants qui défendraient à l'école les droits des homosexuels et lesbiennes. Un autre projet visant à écarter les homosexuels polonais de certains emplois y est également dénoncé.

SOS homophobie recueille chaque jour des témoignages de gays et lesbiennes discriminés, insultés, agressés en France. Une agression physique est signalée tous les deux jours et demi. Sans compter toutes celles et tous ceux qui ne témoignent pas.

Bien que les agressions contre les homosexuel(le)s ne soient pas souvent médiatisées, deux d'entres elles l'ont été ces derniers jours.

D'abord l'agression d'un homosexuel de 50 ans, dans un square de Brive-la-Gaillarde, qui est toujours hospitalisé au CHU de Limoges. Il a été placé dans un coma artificiel et son état était jugé grave mercredi. Deux jeunes hommes d'une vingtaine d'années, ont été mis en examen pour "violences en réunion à caractère homophobe", mardi soir à Tulle. Les deux jeunes gens s'étaient rendus dimanche soir dans un jardin public, habituel rendez-vous des gays, dans l'intention avouée de « casser du pédé ». Après avoir déversé un flot d'injures à caractère homophobe, les agresseurs auraient passé à tabac le quinquagénaire.

Ensuite, le procès de deux jeunes gens qui avaient jeté un homosexuel dans un canal de Nancy en août 2003, causant sa mort par noyade, a démarré jeudi à huis clos devant la cour d'assises des mineurs de Nancy. Les accusés, 17 ans au moment des faits, étaient repartis sans répondre aux appels à l'aide de l'homme, qui, ne sachant pas nager, a fini par se noyer. Aujourd'hui âgés de 20 ans, ils sont poursuivis pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec préméditation et en raison de l'orientation sexuelle de la victime". Ils avaient l'intention de casser du pédé et ils le reconnaissent.

SOS homophobie assure les familles et les ami(e)s des victimes de sa solidarité et de son soutien.

SOS homophobie se félicite que les sujets relatifs au mariage homosexuel et à l'adoption aient eu leur place pendant la campagne électorale. Cependant, comme nous le soulignons depuis plusieurs années, il est impératif de mettre en œuvre une politique volontariste et courageuse de lutte et de prévention de l'homophobie, notamment en milieu scolaire car les agresseurs, comme on le voit une nouvelle fois dans ces deux affaires, sont souvent jeunes.