Réduire l'homophobie, la transphobie et la serophobie pour mieux vieillir

A tout âge, la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie nuisent au bien-être, comme peut en témoigner le chapitre "Mal de vivre" du Rapport annuel sur l’homophobie de SOS homophobie. Une attention particulière doit être portée sur les personnes lesbiennes, gays, bi-e-s et trans avançant en âge, largement oubliées des travaux jusqu’ici.

En effet, les personnes de plus de 50 ans sont largement représentées parmi les victimes qui contactent SOS homophobie pour témoigner d'un mal-être, le plus souvent lié aux violences et discriminations vécues pendant des années, des décennies.

 Comment vieillissent les lesbiennes, les gays, les bi-e-s et les personnes trans ? Les discriminations vécues ont-elles un impact sur leur santé ? Et en particulier, comment vieillissent les personnes atteintes du VIH ? Comment intégrer ces populations dans l'adaptation de la société au vieillissement ?

Autant de questions à l'origine de la mission confiée par Michèle Delaunay, ministre déléguée aux personnes âgées et à l'autonomie, à SOS homophobie, à Aides et au Groupe SOS.

 Le 27 novembre au soir, nous avons remis notre rapport à la ministre Delaunay, au Centre LGBT Paris-Ile de France, également en présence des associations « les Sénioritas » et « les Gais retraités ».

 Ce rapport rappelle l'histoire de personnes qui ont vécu la majeure partie de leur existence en étant discriminées et met en lumière les conditions d'un vieillissement serein.

Ce rapport fait ainsi état de l’homophobie et de la transphobie qui peuvent toucher les personnes LGBT vieillissantes, qui se cumulent parfois à la sérophobie dont sont en outre victimes celles qui vivent avec le VIH. Autant de formes de rejet et de discriminations qui exacerbent l’isolement dont les personnes peuvent souffrir du seul fait de l’avancée dans l’âge. Toutefois, nos travaux permettent également de mettre en lumière que la solidarité dont les personnes font preuve, et en particulier dans le milieu associatif, peut contribuer à un mieux vieillir.

Le lien social apparait en effet comme un facteur capital pour une avancée en âge dans les meilleures conditions possibles.

Ainsi, ce rapport est porteur de nombreuses propositions pour que la société intègre au mieux les personnes LGBT vieillissantes, parmi lesquelles :

- la formation des aides à domicile et des personnels en maison de retraite
- le développement, via des enquêtes, de la connaissance des LGBTphobies vécues par les personnes âgées, pour mieux cibler les actions de prévention contre ces violences et discriminations et leurs effets
- l'urgence de légiférer sur le changement d’état civil, dont les conditions actuelles précarisent sur le plan social et sanitaire les personnes trans

Des constats et analyses aux propositions, le rapport est consultable ici