SOS homophobie aimerait que Christian Vanneste soit une légende

SOS homophobie demande à l’UMP de réagir vivement et de prendre des sanctions à l’encontre de M. Vanneste suite à ses affirmations assimilant la déportation des homosexuels français à une légende.

En cette mi-février 2012, ce dernier a encore suscité la polémique par ses propos à l’encontre des personnes homosexuelles. Désormais bien connu, pour ses positions relatives à l’homosexualité dont il a fait fond de commerce : « erreur de parcours de développement de la personnalité sexuelle », « menace pour la survie de l’humanité », « anomalie anthropologique », évocation systématique d’un « lobby gay » (…), le député du Nord remet en question la déportation des homosexuels français pendant la Seconde guerre mondiale. Dans une vidéo publiée le 10 janvier sur le site Liberté politique, il évoque « la fameuse légende de la déportation des homosexuels. » Il affirme qu’« en Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à peu près à 30 000 déportés (…) Il n’y a pas eu de déportation homosexuelle en France ».

Ces propos négationnistes étayés par des chiffres qui ne correspondent pas aux recherches sur ce sujet, vont à l’encontre de toutes les études historiques publiées ou en cours (consultables notamment sur le site de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation ou de l’association les Oubliés de la Mémoire). Et ce n’est pas le poids numéraire des homosexuels, français ou étrangers dans la déportation qui peut permettre de relativiser la barbarie des camps de concentration ou l’horreur de l’idéologie nazie à l’encontre des homosexuels. La déportation pour motif d’homosexualité a d’ailleurs été reconnue par Lionel Jospin, alors Premier ministre, en 2001, et Jacques Chirac, Président de la République, en 2005.

Au-delà de cette contre vérité historique du député Vanneste, SOS homophobie s’insurge contre l’assimilation de cette déportation à une « légende », position qui vise encore une fois à décrédibiliser les revendications pour une égalité des droits de tou-te-s, quelle que soit leur orientation sexuelle ou identité de genre. Suite aux prises de position de Nicolas Sarkozy, désormais candidat aux élections présidentielles, contre le mariage des couples de même sexe, et contre l’égalité des droits entre les citoyen-ne-s de ce pays, M. Vanneste s’est assurément senti légitimé dans ses prises de position virulentes contre les homosexuel-le-s. Par ces propos à quelques jours de grandes échéances électorales, Christian Vanneste réussit encore une fois à faire parler de lui.

SOS homophobie demande à ce que l’exclusion de l’UMP du député du Nord soit confirmée, ainsi que sa privation d’investiture pour les législatives 2012. Rappelons qu’en 2007, M. Vanneste n’avait pu se présenter aux élections législatives sous l’étiquette UMP suite aux propos suivants : « L’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité ». Il avait néanmoins pu rejoindre le groupe UMP de l’Assemblée nationale le 17 juin 2007. Ces exclusions doivent être définitives si le parti présidentiel veut rester crédible dans son engagement pour le respect des personnes homosexuelles et bisexuelles.