SOS homophobie appelle à manifester le 23 novembre contre les violences sexistes et sexuelles

SOS homophobie appelle, à l'initiative du collectif #NousToutes, à manifester le 23 novembre prochain, à Paris contre les violences sexistes et sexuelles. Cette journée est l’occasion de rappeler que les femmes lesbiennes et bisexuelles, et les femmes trans sont elles aussi victimes de ces violences. Les témoignages recueillis par SOS homophobie en témoignent. L’an dernier, nous avons enregistré des augmentations significatives avec plus 42% de manifestations lesbophobes, plus 25% de biphobie et plus 22 % d’actes transphobes par rapport aux témoignages reçus à 2017.

Les lesbiennes c’est fait pour faire bander les mecs, rien d’autre.

Alors que je tiens le bras de ma copine, un homme nous crie dessus puis il commence à me tripoter : le bras, le dos, les fesses.

Avec ma copine, nous nous embrassions dans un bar, un mec essaie de « rejoindre » le bisou. On lui dit non ! Et là il nous dit qu'on est égoïstes et que deux meufs ensemble c'est du gâchis.

Une femme m’est tombée dessus, insultante, d’une violence incroyable, voulant savoir si j’étais un homme ou une femme. Elle me touchait avec obscénité.

Lors d’une soirée avec ma petite amie, nous avons dû subir les questions d’un homme : « Vous faites quoi au lit ? Vous savez vous êtes le fantasme de tous les mecs ici.... Si vous voulez faire un plan à trois je veux bien... ». Il se frottait à moi, son entrejambe me touchant la jambe. J'étais dégoutée, trop gênée et intimidée par la situation pour me défendre. Personne ne nous a défendues non plus.

Témoignages reçus par SOS homophobie

Les femmes lesbiennes et bies, cis ou trans dérogent aux normes hétérosexistes imposées dans notre société. Elles sont rejetées, insultées, discriminées, agressées en tant que femmes et en raison de leur sexualité et/ou de leur identité de genre. Toutes ces violences constituent un continuum et des empêchements à disposer de son corps et de sa sexualité.

Le corps des femmes, objet du désir masculin, est trop souvent hypersexualisé. En s’affranchissant des hommes, la sexualité entre femmes des lesbiennes et des bisexuelles est une sexualité dérangeante, voire provocante pour certain·e·s. Ainsi, la lesbophobie se manifeste notamment par un discrédit de leur sexualité allant du déni aux tentatives de se réapproprier leur corps, en s’imposant dans leur couple ou en perpétrant des viols à visée punitive.

En bousculant les stéréotypes imposés à chacun·e, les personnes trans et non-binaires sont également confrontées à des agressions répétées : humiliations, rejets, outing, mégenrages…

Force est de constater que la réalité de ces violences conduit parfois les femmes lesbiennes et bisexuelles à développer des stratégies d’invisibilité pour se protéger du sexisme, de la lesbophobie, de la biphobie. C’est la raison pour laquelle SOS homophobie a lancé une campagne d’appel à témoignages à destination des femmes, cis et trans, victimes d’actes lesbophobes, biphobes ou transphobes. 

A l’occasion du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, SOS homophobie réaffirme avec force son engagement contre toutes les formes de violences faites aux femmes : harcèlement, violences verbales, physiques, psychologiques, discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. La lutte contre la lesbophobie, la biphobie et la transphobie est partie prenante de la lutte contre le sexisme, les stéréotypes de genre et les violences faites aux femmes.