SOS homophobie publie le Rapport 2009 sur l’homophobie

A l'occasion de la 5ème Journée internationale de lutte contre l'homophobie (Idaho), l’association SOS homophobie publie le Rapport 2009 sur l’homophobie, qui analyse l’étendue et la diversité des manifestations hostiles envers les lesbiennes et les gays en France.

Le Rapport 2009 sur l'homophobie
A défaut de statistiques officielles, il demeure le seul outil d'analyse quantitative et qualitative de l'homophobie en France.
En 2008, l’association a encore reçu un nombre très important de témoignages d’homophobie : 1246 appels et courriels. Ils ne représentent bien sûr qu’une faible partie de l’ensemble des manifestations homophobes survenues en France.

L’analyse des témoignages reçus en 2008 révèle les grandes tendances suivantes :
- l’homophobie dans le milieu professionnel demeure le premier motif d’appel, ce qui appelle une réponse déterminée des pouvoirs publics et des entreprises, à l’instar de nos voisins européens.
- la hausse continue des témoignages d’homophobie sur Internet, qui sert souvent de défouloir. Des modérateurs se réfugient derrière la liberté d’expression pour refuser de retirer des propos pourtant délictueux.
- la permanence de l’homophobie dans la famille et le voisinage.

« La visibilité accrue des lesbiennes et des gays ne doit pas masquer la permanence et la violence d’une homophobie présente à tous les niveaux de la société » soulignent Jacques Lizé et Stéphanie Arc, président et-vice-présidente de SOS homophobie. Ils rappellent également que l’homophobie n’est pas l’affaire des seuls gays et lesbiennes. Des hétérosexuels indignés témoignent sur la ligne d’écoute. Et à Paris, début mai, deux frères hétérosexuels ont été tabassés dans un bar par des jeunes qui voulaient « casser du pd ».

En 2008 le gouvernement a pris des décisions stigmatisant les homosexuel-le-s : expérimentation d'un logiciel policier permettant un fichage des homosexuel-le-s, déchéance de la nationalité d’un Français marié à un Néerlandais, maintien de l’interdiction du dong de sang, inaction suite à la condamnation de la France par la justice européenne pour discrimination à l’encontre d’une lesbienne souhaitant adopter. L’égalité des droits entre homosexuel-le-s et hétérosexuel-le-s progresse chez nos voisins européens et dans l’Amérique d’Obama, mais le gouvernement français s’entête à demeurer dernier de la classe.

SOS homophobie appelle le gouvernement à démontrer que sa reconnaissance de la Journée internationale contre l’homophobie n’est pas qu’une simple déclaration de principe. En particulier, les actions engagées pour la prévention de l’homophobie à l’école doivent être étendues.

Cette Journée 2009 met l’accent sur la transphobie. SOS homophobie soutient pleinement son appel : Refusons la transphobie, respectons l’identité de genre !

Quelques témoignages reçus par l’association en 2008 :
- Au travail : « On veut pas de pédé dans ce service », « La police recrute n’importe quoi aujourd’hui, des noirs, des pédés, des brouteuses ». A l’annonce de leur PAcs, Elise et Lucie ont subi brimades, mise à l’écart et propos diffamatoires devant les clients avant d’être licenciées.
- Lieux publics : un groupe de vigiles s’approchent de Jérémy qui embrasse son compagnon sur le quai de la gare : « dans mon pays on t’aurait déjà crevé les yeux ». Jérémy est tabassé et projeté sur les rails. Il finira à l’hôpital avec une double fracture.
- Voisinage : « L’un de mes voisins me traite de « sale gouine » et menace d’envoyer des gens pour me tabasser. J’ai vraiment peur car (…) je risque de tomber nez à nez avec lui presque tous les jours. ». « Grosse gouine tu vas crever ».
- Sur Internet : « Ceci est un sodomite, c’est un pervers », « pédophile du PS », « PSG enculé ».

Notes
SOS homophobie est une association nationale de soutien aux victimes et de prévention de l’homophobie. Elle est entièrement composée de bénévoles. Ligne d’écoute anonyme : 0810 108 135
Le Rapport 2009 sur l’homophobie et la Synthèse de l’enquête sur la lesbophobie sont en vente en librairie et peuvent être commandés sur le site www.sos-homophobie.org. La version intégrale de l’enquête est disponible en téléchargement libre sur le site http://www.sos-homophobie.org/ et peut être envoyée sur demande.

Contact Presse : 06.28.32.02.50