Suite à une circulaire de 1983, les homosexuels masculins, mais aussi parfois des lesbiennes, sont exclu(e)s systématiquement du don du sang, du seul fait de leur orientation sexuelle.

Aujourd'hui, en France, comme dans la majorité des pays européens, un homosexuel ne peut pas donner son sang. Tout donneur potentiel qui a ou a eu des relations homosexuelles et le reconnaît lors de l'entretien médical qui précède le prélèvement se voit en effet systématiquement écarté.

Le principe de la sélection des donneurs repose sur une circulaire de la Direction Générale de la Santé du 20 juin 1983 dont l'objectif était d'écarter les groupes risques, soit ceux où la prévalence du virus (nombre de personnes contaminées sur la population totale du groupe concerné) est statistiquement la plus forte. Bien que les échantillons soient systématiquement testés, les méthodes utilisées ne pouvaient garantir à l'époque une sécurité à 100%. En cause : la fenêtre de séroconversion, période durant laquelle le virus peut être présent dans le sang mais non détectable par les tests. En écartant les donneurs statistiquement les plus touchés par le VIH, les pouvoirs publics cherchaient donc à minimiser les risques de contamination de dons.

Aujourd'hui cette mesure est discriminatoire car les arguments avancés à l'époque pour décider de sa mise en place sont obsolètes. En effet, depuis 1997, la contamination VIH est devenue majoritairement hétérosexuelle. En 2003, elle était responsable de 58% des nouveaux cas de sida et de 68% des nouvelles séropositivités. De plus, les gays recourent plus au dépistage systématique que les hétérosexuels (89% des gays versus 36% de l'ensemble des hommes, source INVS). Il y a ainsi plus d'hétérosexuel(le)s que de gays porteurs du VIH qui s'ignorent.
Cette sélection, censée sécuriser les dons, ne tient pas compte des pratiques à risque. Les homosexuels sont d'office écartés du don du sang même s'ils sont séronégatifs et n'ont pas eu de pratiques à risques alors qu'un hétérosexuel ayant eu des pratiques à risques sera seulement exclu temporairement du don (six mois après un rapport non protégé).
Seule l'honnêteté des donneurs peut empêcher la transmission de sang contaminé, un homosexuel comme un hétérosexuel peut très bien mentir lors du questionnaire médical.

SOS homophobie lance actuellement une grande campagne pour tenter de faire cesser cette discrimination. En pratique, il s'agit de recueillir des "promesses de dons". Tout gay séronégatif peut s'engager à donner son sang, en renseignant le document si l'Établissement Français du Sang (EFS) change sa législation.
Les gays séropositifs, les hétérosexuels, les lesbiennes peuvent également soutenir la campagne en signant "l'engagement receveur". Ils s'engagent ainsi à accepter de recevoir une transfusion si l'EFS acceptait le don du sang pour les homosexuels.
A l'issu de la campagne, les noms des signataires (anonymisés) seront remis symboliquement à l'EFS à charge pour lui de les accepter et ainsi sauver des vies ou de les refuser.

SOS homophobie veut ainsi :

  1. Informer la population sur l'existence de cette discrimination et provoquer un débat public sur la question.
  2. Faire en sorte que, dans la sélection des donneurs, la notion de "groupe à risque" soit remplacée par la notion de "pratique à risque", c'est-à-dire que soient exclus du don les candidats qui ont eu des rapports non protégés avec un partenaire dont ils ignoraient le statut sérologique mais que cesse l'exclusion des donneurs potentiels sur la simple base de leur orientation sexuelle déclarée.
  3. Obtenir de l'Établissement Français du Sang et des pouvoirs publics que les homosexuels puissent donner leur sang.

SOS homophobie
www.sos-homophobie.org
Ligne d'écoute anonyme : 0810 108 135 ou 01 48 06 42 41

Contact presse :
Flannan Obé : 06.03.20.15.63 /