Suppression de l'avantage fiscal du PaCS : l'UMP engage la marche arrière pour les gays et lesbiennes

Nous savons le gouvernement français actuel peu alerte sur l'égalité entre les citoyens et citoyennes de France. Nous connaissons la surdité d'une bonne partie de la classe politique depuis plusieurs années quant aux discriminations dont sont encore victimes plusieurs millions de Français-es. Nous sommes bien témoins de ses tractations pour établir des hiérarchies entre les populations. Mais l'amendement déposé ce mardi 9 novembre par le député Hervé Mariton et ses collègues UMP dans le projet de loi des finances 2011 marque une nouvelle avancée dans le conservatisme et les inégalités. La commission des Finances a adopté cet amendement. Si nous avions encore besoin d'une preuve, la voici : pour les gays et les lesbiennes de France, le mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy sera non seulement marqué par l'immobilisme (refus des pensions de réversion pour les couples pacsés, refus du mariage et de l'adoption...), mais également par un retour en arrière catastrophique en matière de droits des personnes LGBT. Et, une fois de plus, nous sommes loin derrière les autres pays européens.

Comme si cela ne suffisait pas que les gays et lesbiennes soient discriminé-e-s et n'aient pas accès au mariage, mais uniquement au PaCS, la commission des Finances souhaite maintenir l'avantage fiscal de la triple déclaration des revenus pour les couples mariés, mais pas pour les couples pacsés. Les lesbiennes et gays, qui n'ont d'autre choix pour s'unir et faire reconnaître civilement leur union que de contracter un PaCS, seront donc celles et ceux qui participeront le plus à l'effort de réduction du déficit de l'Etat. Un couple hétérosexuel, visiblement seule union valable aux yeux de la majorité actuelle, aura toujours la possibilité de se marier, et donc de bénéficier d'avantages fiscaux. Les couples homosexuels sont, une fois de plus, lesés, discriminés, considérés comme inférieurs.

A l'heure où le gouvernement prône des mesures anti-discriminatoires à l'école et dans le sport et déclare vouloir s'engager contre l'homophobie, et après des années de lutte pour approcher le régime des couples pacsés sur celui des couples mariés, cet amendement est purement et simplement une nouvelle attaque à l'endroit des couples de même sexe. Il est des paradoxes qui glissent très facilement vers l'hypocrisie.

SOS homophobie exige depuis plusieurs années que les gays et lesbiennes aient accès au mariage. Nous appelons le gouvernement à faire barrage au rétablissement de cette discrimination. Une hiérarchie de droits entre différents contrats d'union n'est justifiable qu'à la condition fondamentale, immédiate et non discutable que tous les couples, qu'ils soient hétérosexuels ou homosexuels, n'aient accès à l'ensemble de ces contrats.