Une promesse de sang ?

Mardi 17 mars, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, s’est de nouveau prononcée en faveur d’une levée de l’interdiction pour les homosexuels et bisexuels masculins de donner leur sang. Selon la ministre, « il ne serait pas acceptable que l’orientation sexuelle soit perçue comme un critère d’exclusion ». SOS homophobie salue ces propos mais restera extrêmement attentive à la prise effective de mesures pour mettre fin à une discrimination qui interdit à vie aux hommes gays et bisexuels d’effectuer cet acte citoyen.

En juin 2012, Marisol Touraine, déjà ministre de la Santé, déclarait que le don de sang serait bientôt possible pour les homosexuels, avant de reculer à plusieurs reprises en 2013. Elle annonce désormais que le questionnaire préalable au don de sang pourrait être modifié après l’avis qui sera rendu dans quelques jours sur ce sujet par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Ce questionnaire exclut aujourd’hui les hommes ayant eu au cours de leur vie des relations sexuelles avec d’autres hommes.

SOS homophobie veillera à ce que toute évolution des conditions du don de sang soit en accord avec la promesse du candidat François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012, qui à notre question « Ouvrirez-vous le don du sang aux homosexuels ? » répondait : « Oui, je mettrai fin à l’exclusion du don de sang, parce que chaque prélèvement est contrôlé d’abord, et parce qu’il est dévastateur à tous les niveaux d’accréditer une forme de présomption de séropositivité des hommes homosexuels. Il n’y a pas de "population à risques", mais des "pratiques à risques". » (http://www.sos-homophobie.org/presidentielle/presidentielle-2012-reponses-de-francois-hollande-au-questionnaire-de-sos-homophobie)

Notre association revendique la levée de l’interdiction pour les hommes gays et bisexuels de donner leur sang. Cette discrimination se nourrit en effet des stéréotypes et préjugés sur les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi-e-s et trans), alimentant elle-même le mythe d’une communauté dont les pratiques sexuelles seraient forcément dangereuses, et pour qui l’orientation sexuelle serait synonyme de maladie.

SOS homophobie sollicite une audience auprès du ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes afin de faire valoir nos revendications après les dernières déclarations de la ministre.

Contact presse :
Yohann Roszéwitch, président
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