Vigilance sur la représentation de la diversité à l’école

Hier sur France Bleu Loire Océan, la présidente de la « Manif pour tous Loire-Atlantique », France de Lantivy, a demandé aux responsables de l’enseignement catholique de son département de ne pas diffuser le court-métrage Ce n’est pas un film de cowboys, au motif qu’ « un film qui présente l’homosexualité à des enfants, c’est un risque de confusion ». « Nous nous battons pour que les sexes hommes-femmes et filles-garçons soient respectés en tant que complémentarité, et pas indifférenciés » a-t-elle déclaré. SOS homophobie condamne ces propos avec la plus grande fermeté et s’inquiète d’un climat de plus en plus malsain où la simple évocation de l’homosexualité ou du genre à l’école semble aujourd’hui poser problème.

A la rentrée dernière, France de Lantivy envoyait un courrier à tous les chefs d’établissement de Loire-Atlantique, les mettant en garde contre toute utilisation d’outils pédagogiques présentant la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre, en ligne de mire le livre pour enfants Tango a deux papas, mettant en scène une famille homoparentale, et le film Tomboy, traitant du genre. Pour des raisons similaires, la militante anti-genre Farida Belghoul avait lancé en janvier dernier des « Journées de retrait de l’école » pour s’opposer à un programme d’éducation à l’égalité filles-garçons. Plus récemment, la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) attaquait auprès du Conseil d’Etat la Ligne Azur, dispositif destiné aux jeunes qui se questionnent sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Ces derniers jours enfin, des élu-e-s de Versailles proches de la « Manif pour tous » auraient réclamé le contrôle de l’orientation sexuelle des animateurs périscolaires de la ville.

SOS homophobie dénonce la multiplication de ces attaques, qui stigmatisent les personnes lesbiennes, gays, bi-e-s et trans (LGBT) et nourrissent un peu plus les LGBTphobies. Depuis deux ans, nous constatons une libération de la parole homophobe et transphobe, qui légitime souvent des actes plus violents (menaces, harcèlement, agressions physiques). Nous regrettons que ces thèses réactionnaires soient autant relayées, et appelons à ne pas céder face à ces mouvements extrémistes, bruyants mais minoritaires.

L’École doit être un lieu où est représentée la diversité, des orientations sexuelles et des identités de genre, des familles, des parents, des enfants. C’est à l’adolescence que l’individu se découvre, se construit, dans un monde encore trop souvent normé, et qu’il a le plus besoin de représentations de la diversité. Face à l’inconnu, à ce qu’il ressent comme une différence, il est souvent désemparé, d’autant plus s’il n’ose pas en parler à ses proches, par peur de leurs réactions. L’École doit donner à chacune et à chacun la liberté de vivre sa vie quelle que soit son orientation sexuelle ou son identité de genre.

L’École doit aussi ouvrir les élèves à la différence, au respect et à la tolérance en les sensibilisant aux refus des discriminations.
Agréée par le ministère de l’Education nationale au titre des associations complémentaires de l’enseignement public, SOS homophobie intervient depuis 10 ans en milieu scolaire, à la demande et en présence du personnel éducatif, afin de déconstruire les stéréotypes et les préjugés qui forment le terreau de l’homophobie et de la transphobie. En 2013-2014, nous avons ainsi sensibilisé plus de 17 500 collégien-e-s et lycéen-ne-s, dans 14 académies.

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