Et les lesbiennes ?

La circulaire de 1983 concerne l'interdiction de don du sang qui touche "les personnes homosexuelles ou bisexuelles ayant des partenaires multiples". En fait, à l'époque, le Pr Roux visait uniquement les gays (majoritairement touchés par le VIH à l'époque), même si la formulation n'est pas très heureuse (assimilation "personne homosexuelle"=gay). Cependant, de façon abusive, des médecins de l'EFS se référant à cette circulaire en sont venus à l'interdire également aux lesbiennes.

En 2002, l'EFS a publié de nouvelles recommandations se rendant compte du statut potentiellement discriminatoire de cette directive et a précisé le motif d'exclusion qui n'est plus d'être "une personne homosexuelle ou bisexuelle" mais d'avoir eu "des relations homosexuelles masculines", ce qui revient sensiblement au même quant à la motivation originale de la circulaire, mais qui a l'avantage de sous-entendre clairement que les lesbiennes peuvent donner leur sang.

C'est pourquoi nous nous référons toujours à la circulaire de 1983 et non aux nouvelles recommandations de 2002 pour notre initiative qui concerne la catégorie d'homosexuels qui ne peuvent pas donner leur sang, à savoir les gays, vu que la position de l'EFS n'a pas changé sur ce point.
Lire les nouvelles recommandations de l'EFS (bas de la page 55, source INVS, fichier PDF disponible sur le site web de l'INVS)

Ce sont bien les relations homosexuelles masculines qui sont motif d'exclusion, les relations lesbiennes n'étant pas mentionnées. Cependant il existe d'autres motifs d'exclusion telle que le multipartenariat sexuel par exemple...

En résumé, l'EFS n'interdit pas le don du sang aux lesbiennes du seul fait de leur orientation sexuelle : quand cela arrive, c'est une application abusive et purement discriminatoire de quelques médecins de l'EFS qui n'ont pas compris la directive qu'on leur a enseignée. Malheureusement, cela semble concerner un certain nombre de médecins. SOS homophobie a réalisé une enquête sur la lesbophobie, à laquelle ont répondu 1793 lesbiennes. 178 lesbiennes rapportent un ou plusieurs cas de lesbophobie dans le domaine de la santé et des soins, dont :

  • 79 auprès de gynécologues,
  • 54 lors d'un don du sang,
  • 40 auprès de psychologues,
  • 29 auprès de généralistes,
  • 28 dans les hôpitaux,
  • 16 auprès d'autres professionnels de santé,
  • 8 dans le cadre de la médecine scolaire.

 

Nous avons donc choisi (avec l'accord de la Commission Lesbophobie de SOS homophobie) de ne pas inclure les lesbiennes à la promesse de don du sang car le don du sang leur est autorisé en théorie et qu'il n'y a donc aucune interdiction à lever pour elles. Nous ne nions pas qu'elles sont elles aussi victimes de discrimination puisque nous avons bien remarqué qu'elles aussi étaient parfois exclues du don du sang, ce qui montre la complète absurdité de cette directive puisqu'elle n'est même pas bien appliquée ou comprise par les médecins de l'EFS eux-mêmes ! Les lesbiennes, tout comme les autres catégories de personnes soit qui peuvent donner leur sang soit qui en sont empêchées par un autre motif, sont donc invités à signer l'engagement "receveur(se)".

Au travers de cette initiative, SOS homophobie souhaite informer les gens sur l'absurdité de cette exclusion y compris sur une exclusion complètement abusive des lesbiennes, nous ne les oublions absolument pas dans ce débat et nous les invitons à se solidariser contre cette exclusion en signant un engagement receveuse.