Débats à l'Assemblée nationale : témoignages de membres

Des bénévoles de SOS homophobie se relaient pour suivre les débats depuis l'Assemblée Nationale. Retrouvez ici leurs témoignages, qui ne se veulent pas journalistiques, de nombreux médias rendant déjà compte des débats, pour certains en temps réel.

Débats au Sénat sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe – Mercredi 10 avril, par P., membre du GRI

Bienvenue dans la faille spatio-temporelle du Sénat, un vortex en plein Paris où le temps se dissout, où la parole s’étire, où les arguments se répètent. Où on vote avec des morceaux de papier dans des urnes d’un autre temps. Où des êtres grisonnants – et souvent ventripotents – évoluent avec difficulté dans les travées. Où on se demande quand aura lieu la pause bingo ou le thé dansant.

Une capsule où, cette après-midi, se déroule la vision collective de la famille version UMP. Les amendements discutés concernent la question de l’adoption. Accrochez-vous, ça secoue.

Dans cette capsule, « le père est celui qui engendre et la mère celle qui donne la vie. » Les homosexuels qui ont des enfants peuvent prétendre au titre d’éducateurs, mais pas de parents. Serge Granpa Simpson Dassault peine à articuler que l’enfant adopté par un couple homo restera un « éternel orphelin », que sa vie « sera un enfer » et que ce type d’adoption « compromettra l’avenir de la France » !

On s’épouvante que la présomption de paternité disparaisse, et avec elle la prédominance du nom du père. Triste patriarcat !
On parle en tant que médecin de l’importance des complexes d’Œdipe et d’Electre.

On convoque la menace planante des couples homos qui voleront les enfants à adopter aux couples hétéros. Pire encore, cette loi empêcherait dans certains pays toute adoption par des couples français, puisqu’ils seraient soupçonnés d’homosexualité !

On a du mal à dire « gestation pour autrui », on bafouille « gestion pour autrui » plus d’une fois. On invente l’acronyme GPMA.

On est choqué – réflexe bourgeois – d’appeler un chat un chat : « ça me choque quand un enfant dit qu’il a deux papas ou deux mamans, mais pas un papa et son compagnon, ou une maman et sa compagne. »

On s’empêtre dans des contradictions et des inepties, par exemple sur la question de l’adoption par les célibataires. D’un côté on souligne la nécessité d’une analogie de structure entre la famille biologique et la famille adoptive, de l’autre on ne voit aucune incohérence à l’adoption par un adulte célibataire.

On reconnaît parfois la capacité des homosexuels à élever des enfants, à donner de l’amour, mais on invoque la raison supérieure des repères. Car, oui, avec deux papas, qui consolera l’enfant ? Comment l’enfant adopté, abandonné une fois, pourra-t-il panser ses blessures ? Ces pauvres adoptés, qui, jusqu’à la mort, cherchent leur père !

Il faudra l’énergie des deux ministres Taubira et Bertinotti pour sortir enfin de cette bulle passéiste et craintive, et oxygéner les débats. Sans se lasser, elles qui répètent les mêmes arguments depuis des mois maintenant et se voient opposer les mêmes réponses, elles font le job. Bertinotti d’abord, qui commence par remercier les homos de donner cette occasion de revoir le droit de la famille (de rien, madame la Ministre, ça fait plaisir). Son discours est pacificateur, mais ferme. Elle resitue les choses, reprend méthodiquement : « Etre un père ou une mère, c’est beaucoup plus compliqué qu’être géniteur ou génitrice. » Elle, comme Taubira, rappelle que l’altérité ne se limite pas à cet horizon étriqué de complémentarité des sexes. Elles multiplient les exemples déjà existants, Espagne, Pays-Bas, Belgique, où rien de ce que les Cassandre de droite prédisent n’est arrivé.

Taubira, inusable, fait de la pédagogie ; habile, elle humanise le rapport à l’enfant ; stratège, elle flatte les sénatrices et sénateurs ; amusée, elle se joue des objections qui reviennent en boucle. Il faut dire que la surdité, dans cet hémicycle, doit être un réel problème ! Fair-play, un sénateur UMP reconnaît après l’intervention de la Garde des Sceaux que la circulaire GPA était fondée et regrette d’avoir cosigné un amendement à ce sujet.

A la fin d’une de ses interventions, Bertinotti en appelle à l’empathie : « Mettez-vous à la place des enfants ». C’est bien la clé de ce débat, et toute sa difficulté. La parole de l’enfant est fragile, délicate, facilement manipulable. L’adoption, qu’elle soit simple ou plénière, ne concerne pas que les homos, loin de là. Ce débat lance des interrogations plus globales : quand un couple hétéro adopte, est-ce que ce n’est pas déjà du droit à l’enfant ? Comment peut-on prôner la biologie toute-puissante, la virilité et la procréation naturelle et en même temps admettre la PMA, mais seulement pour les hétéros ? Que fait-on de la GPA quand elle est utilisée par des couples hétéros ? Isoler les familles homoparentales des autres familles n’a au final pas de sens. C’est là où ce projet de loi atteint ses limites – là aussi que la nécessité d’une loi globale sur la famille se fait sentir.


Le combat est loin d’être terminé, pour percer la bulle des résistances traditionnalistes et amener enfin la reconnaissance de la diversité à son terme.


Débats au Sénat : 3e jour par L. intervenante en milieu scolaire

A l’ordre du jour : examen des articles additionnels proposés par l’UMP et visant à instaurer une Union Civile.

 

Sur la forme :

 

Moquette rouge, dorures chargées, statues impressionnantes, petits fauteuils bordeaux en velours rembourés… Pas de doute, vous êtes bien au Sénat. Ambiance feutrée, décor luxuriant, costumes et protocoles, bienvenu dans un autre siècle.

Loin de nous les agitations véhémentes et excitées de l’Assemblée Nationale, les délicieuses coupures de micro inopinées de Claude Bartolone, les frénétiques rappels au règlement de Monsieur Mariton, les contorsions paniquées des députées pour atteindre leur place au moment du vote ou encore les supplications fatiguées de Christian Jacob à l’appel des pains au chocolat, ici, on change de rythme et on découvre…la len-teur.

 

Cinq minutes de temps de parole par sénateur, soit plus du double de celui des députés, prise de parole inopinée pour explications de vote, temps de pause entre chaque phrase, formules de politesse à n’en plus finir, ici, on prend le temps de prendre le temps.

 

Devant nos yeux ébahis, une quantité non négligeable de personnages en queue de pie et sautoirs en or s’affairent : comme à l’Assemblée, les huissiers sont chargés de transporter les petits mots que les sénateurs écrivent à leurs camarades. Mais si on observe bien, on réalise qu’il y a une sorte de hiérarchie entre les huissiers. Il y a ceux qui évoluent dans la fosse aux lions, et les « super-huissiers » qui sont sur le podium et ont le droit d’approcher le Président. 

 

Soudain, un serveur ouvre la porte du fond et s’arrête net. Il porte un plateau sur lequel est posée une petite serviette dorée et un verre contenant…une menthe à l’eau. Jetant des regards à droite et à gauche, il ne bouge pas : il attend. Soudain, un super-huissier l’aperçoit et se précipite pour le délester de son plateau et porter au Président sa menthe à l’eau.

 

Alors que le débat se termine sur une tirade essoufflée de l’opposition, le Président claironne : « je suis saisi d’une demande de scrutin publique par le groupe SRC ! ». A ce moment là, une cloche retenti dans le couloir et l’armée d’huissiers, dont les déplacements polis et modérés n’étaient régis que par l’intendance de la salle, se met à bondir et à s’activer. Tels des jouets mécaniques, Leurs gestes s’enchainent alors avec précision et rapidité : Accrocher les panneaux « Pour », « Contre » et « Abstention » sur les grandes urnes en forme d’amphore vertes, et les déposer sur le pupitre central, en haut de l’escalier. Pendant ce temps, les responsables de groupe rassemblent les cartons de vote : bleu pour voter contre, blanc pour voter pour et rouge pour s’abstenir (allez chercher la logique dans les couleurs…). Puis, ils se placent à la queue leu-leu en bas à droite de l’escalier et montent chacun
leur tour donner les cartons à l’huissier avant de descendre par l’escalier situé à gauche cette fois-ci. L’huissier est chargé de ranger les cartons dans urnes en fonction de leurs couleurs. La sonnerie du couloir retentie alors une seconde fois. C’est alors que les urnes sont transportées derrière le Président où elles sont renversées d’un coup sec dans des paniers en osier avant qu’un autre huissier vérifie qu’elles sont bien vidées de tous leurs cartons. Les paniers en osier sont alors vidés dans des balances qui vont compter les voies en pesant les cartons. Les résultats sont alors saisis par des huissiers installés derrière des écrans d’ordinateur (anachronisme complet avec le reste
du décor) et le Président utilise sa grosse cloche pour sonner un bon coup et annoncer le résultat du scrutin.

 

Ayant en mémoire la panique complète qui régnait à l’Assemblée au moment du scrutin, lorsque les députés disposaient d’une minute et demi pour bondir et/ou se contorsionner pour rejoindre leurs places et appuyer sur un bouton pour voter, le déroulement du scrutin au Sénat m’a beaucoup amusée…

 

En face, dans l’arène, l’ambiance est à la détente. Installés dans leurs fauteuils de velours, les sénateurs lisent Le Monde, Madame Le Figaro ou l’Humanité.

 

Sur le fond :

 

Sur le fond, les éternels arguments-disque-rayés de l’UMP tournent en boucle, balayant toutefois un champs assez large de méthodes d’attaque :

Outre les arguments habituels au sujet du bien-fondé de la norme hétérocentrée…

 « Le parlement n’a pas à modifier d’un simple projet de loi une norme établie pour le bien commun »

« Pérénnité de l’ordre social »

« Comment peut-on se substituer à la nature pour donner aux couples homosexuels un droit à la parentalité ? »

On se dit qu’un peu de drame ne peut pas faire de mal : 

« ruinerait la famille »

« drame humain »

On passe du mépris….

« Une fois cette loi votée, il y aura quelques mariages, comme ça, parce que ça fait bien, que ça fait de belles photos dans les magazines ! » Mr Portelli 

Au sujet des enfants d’homos :
« Ce n’est pas dans le cadre du mariage pour tous que l’on forgera de vraies personnalités »

… A la comparaison insultante…

« Il y a beaucoup de vétérinaires parmi nous. Nous pratiquons le transfert d’embryon et nous le faisons dans un seul but : améliorer la race. » Mr Thrillard

« sélectionner leur descendance »

…en passant par le procès d’intention…

« Les enfants ne sont ni des objets pour satisfaire un désir ni un médicament pour soulager une souffrance. »

…et le glissement vers l’homophobie….

« Le projet parental n’est pas le même dans un couple de personnes de sexe différent que dans un couple de même sexe. »

« On ne peut pas mettre sur le même plan un couple homosexuel et un couple hétérosexuel . Un homme et une femme, ça n’est pas pareil que deux hommes ou deux femmes ! » Mr Gélard

On frise le ridicule…  

Un sénateur s’inquiète du confort des enseignants de SVT : « Comment vont faire les enseignant avec les cours sur la procréation et la génétique ? Imaginez la situation des enfants de couples homosexuels ! »

Et pour finir, on se prend les pieds dans le tapis avec les acronymes :

« Le militantisme revendicatif de la LGTB et de l’AGPL ! »

 

Pour étoffer un peu l’ensemble, Madame Isabelle Debré se lance dans une tirade pour expliquer que l’homosexualité des partenaires ne sera pas requise pour l’établissement d’un mariage entre deux hommes. Elle explique alors les risques de mariages blancs à craindre avec cette loi :

« ‘’Va-t-on réclamer un certificat d'homosexualité ?’’, m'a-t-on demandé ce matin. Bien sûr que non ! On ouvre, au vrai, le mariage non à des couples, mais à des personnes de même sexe. Soit un couple hétérosexuel, avec trois ou quatre enfants, qui divorce. Monsieur a des difficultés avec son ex-femme (Evidemment, c’est Monsieur a des problèmes avec Madame et non l’inverse ! vous apprécierez le sexisme au passage..) et apprécie son associé (un homme, cela va de soi !) qui n'est pas homosexuel : il lui propose le mariage ! Vous verrez les dérives qu'il y aura...  « 

 

L’esprit de Madame Debré n’a pas été effleuré une seconde par l’idée que l’associé en question puisse être UNE associéE et que, donc, un tel mariage blanc pouvant dors et déjà avoir lieu, il n’était pas à craindre davantage avec cette loi.

L’exemple de madame Debré nous démontre, s’il était encore nécessaire de le faire, l’impact des stéréotypes genrés sur l’élaboration des peurs et des fantasmes de l’oposition.

 

Et puis,  il y a Mr Cointat, OVNI parmi le ciel gris de l’UMP :

« Pour moi, je voterai, non par conviction mais par devoir, le texte proposé par le rapporteur. L'équité est pour moi fondamentale. Les législateurs que nous sommes ne sauraient laisser persister un déni de droit. À défaut du contrat d'union civile, je préfère voter le moindre mal, le mariage pour tous, à deux mauvaises solutions : ne rien faire ou le pacs. (« Très bien ! » à gauche) Mes positions m'ont valu une avalanche d'insultes et de menaces. Mais au milieu de cette noirceur nauséabonde, j'ai aussi reçu un rayon de soleil, émanant d'un jeune homosexuel qui me disait combien mon choix signifiait pour lui à l'heure où l'homophobie se banalise… »

 

Enfin, alors que le public, épuisé, se tord de douleur sur son banc, arrive le moment tant attendu :  Christiane Taubira rend les copies.

Magistrale, sans notes comme à l’accoutumée, elle remet les points sur les i devant des sénateurs UMP ébahis et callés au fond de leurs sièges :

«  Monsieur Cointat, je salue vos propos.

 […]

Monsieur Revet, la position de principe du Gouvernement est inchangée. Vous pouvez ne pas l'apprécier, mais votre proposition est de nature totalement différente.

[…]

Monsieur Trillard, vous vous êtes référé à une déclaration que j'ai faite à l'Assemblée nationale en en extrayant un membre de phrase. Je vous incite à vous reporter à l'ensemble de ma déclaration. […] Je passe sur votre rapprochement avec le transfert d'embryons pratiqué par les vétérinaires qui relève d'un registre que j'ai aussi entendu, hélas, à l'Assemblée nationale.

[…]

Monsieur Karoutchi, vous avez regretté avec franchise que le projet de loi sur l'union civile n'ait pu être adopté sous le précédent quinquennat. Je regrette en effet que la précédente majorité ne l'ait pas soutenu.

[…]

Monsieur Raffarin, je ne tire pas les mêmes conclusions que vous de votre belle profession de foi.

[…]

Monsieur Gournac, vous avez évoqué Aimé Césaire. Il est extrêmement délicat de faire parler ceux qui sont partis. Il se trouve qu'il ne s'est pas exprimé sur le mariage ouvert aux couples de même sexe.

 

Et, fidèle à elle-même,  Christiane Taubira termine sur une citation d’Aimé Césaire :

Néanmoins, à la lecture de son oeuvre, on peut s'interroger sur ce qu'il a pu dire sur les personnes qui sont victimes de discriminations dans le Cahier d'un retour au pays natal : « Comme il y a des hommes hyènes et des hommes panthères, je serai un homme juif, un homme hindou de Calcutta, un homme de Harlem qui ne vote pas... ».  

 

Applaudissements à gauche ; MM. Yann Gaillard et Michel Bécot applaudissent aussi.

 

Débats au Sénat, 1er jour par E. du groupe relations institutionnelles

Christiane Taubira, toujours sans note, présente avec ferveur le texte du mariage pour tous. Son discours est beau mais semble moins magique que celui tenu 2 mois plutôt à l‘Assemblée Nationale.

C’est peut être la marque de la légère fatigue que l’on ressent tous face à ces débats qui s’allongent et aux confrontations stériles avec les anti-mariage pour tous. A propos des antis, la passionaria de la cause, FB, est aussi dans les tribunes avec ses acolytes (ceux qui veulent rester célibataires toute leur vie).

Pour ceux qui s’attendaient à un débat plus courtois au Sénat, on déchante rapidement. L’opposition traite de « racoleuse » la garde des sceaux quand elle souligne l’adhésion des Sénateurs ultra-marins au projet de loi. Côté poésie, Christiane Taubira ne fait pas de citation de Léon Gontran-Damas mais de Paul Verlaine et d'Aimé Césaire.

Puis vient le tour de Dominique Bertinotti, qui présente le texte, et même si elle est pressée de toutes parts pour préciser le calendrier de la grande loi sur la famille (qui devrait traiter de la PMA), elle reste bien muette.

Ensuite Jean-Pierre Michel, le rapporteur du projet de loi parle. Et il est droit, sûr de lui. Le matin même il a comparu au tribunal contre les anti-mariages, et revendique son courrier et ses tweets (sur les serre-têtes et les jupes plissées). Il faut dire qu’il les a déjà vu les antis, du temps du PACS, qu’il a déjà affronté leur dégoût des LGBT, leurs visions d’apocalypse. Autres temps, même haine. Dommage que Frigide B soit partie rejoindre les manifestants dehors, elle aurait mérité d’écouter son discours.

En même temps, son absence calme les Sénateurs les plus opposés au mariage, qui d’un coup ne parlent plus des manifestations et de leur Million de manifestants fantasmé. A chaque fois qu’elle réapparaît,  ils se mettent à reparler de ces manifestations. Il est bien triste que des élus cherchent une reconnaissance auprès de personnages aussi marginaux.

Puis Michelle Meunier parle en des mots très justes du mariage et de la lutte contre l’homophobie.
Jean-Pierre Sueur parle sans note, en vrai tribun. Il est physique, présent. C’est un vrai Sénateur, belle mèche blanche, air de notable, c’est un des leurs. Et il leur explique,  la dépénalisation de l’homosexualité, le passage de la honte à la fierté, un beau mot que celui de fierté.

Puis les orateurs se succèdent.

Zocchetto, qui bien qu’assis à coté de Chantal Jouanno pendant la séance n’est pas favorable (et semble avoir une vision bien triste de l’homosexualité). Puis on semble être revenu aux Primaires socialistes de 2011 avec Jean Michel Baylet.

Puis Esther Benbassa monte à la tribune, pleine d’espoir. C’est une militante de toujours des droits LGBT, la seule élue verte présente en permanence dans l’hémicycle. Elle cite même la Genèse pour mieux s’en éloigner. Mais les Sénateurs ne l’écoutent pas, on se croirait dans une buvette à coté d’un match de foot, et sa voix semble n’être que le son d’un poste de radio qui commente un match. C’est bien triste.

Et enfin arrive Patrice Gélard. Les mêmes pulls que Mariton, une mèche inimitable. Il était plus drôle lors de la COCOE. C’est un opposant historique du Pacs, dont l’argumentation est insidieuse. Sous ses airs de gratte papier, on sent poindre l’animal politique. Ses exemples sont bien choisis, ambigus. Quand il parle de couples d’amis intimes, des ses propres enfants qui ont eu un enfant (de 8 ans aujourd’hui) en co-parentalité, que souligne- t- il ? Leurs difficultés réelles ne sont qu’une excuse pour ajourner ce projet, en renvoyant les discussions à un hypothétique meilleur texte. Et la PMA –GPA en boucle, on se croirait à une manif d’antis. Et on est parti pour beaucoup l’entendre, c’est lui qui a déposé la majorité des 300 amendements.

A la reprise à 22H, il n’y a plus grand monde, ni dans la salle, ni dans la tribune.

Alain Milon, l’un des rares UMP qui aura le courage de voter pour explique son futur vote.  Il parle est cela sonne juste. Pourquoi quand tous ces opposants parlent, on entend rien de vrai, que des prêches et des proverbes répétés en boucle ? C’est  comme si seule la  vérité et la compassion donnaient du sens à la parole.

Enfin Chantal Jouanno. Elle est belle, elle est en colère. Elle parle des horribles intimidations dont elle est victime, de son engagement laïque, et l’on y comprend qu’elle parle aussi de la difficulté d’être une femme en politique aujourd’hui. Elle cite Brown vs. Board of education aux USA contre les mariages mixtes. A ce moment précis,  elle représente ce qu’il y  de noble dans la politique, les idées, les lois qui changent la vie des gens et la liberté.

Même Jean-Pierre Bel, qui préside les débats, s’ennuie et oublie de rappeler le temps de parole limité de chaque orateur. La nuit est longue dans ce palais.

E. groupe relations institutionnelles


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