Mariage pour Tous et Toutes

Pourquoi cette page ?

Le débat sur la loi « mariage pour tou-te-s » gagne actuellement en intensité. Ce débat, nous y participons et nous l’encourageons. C’est pourquoi nous le souhaitons riche et approfondi mais surtout respectueux et pertinent.
A notre grand regret, certaines participations au débat ne remplissent pas ces conditions et consistent surtout en des échanges d'invectives, d’exagérations déplorables et de manipulations malhonnêtes. Non seulement cela ne fait pas progresser le débat sur la question de l’égalité des droits mais surtout ces invectives entretiennent un climat et des préjugés homophobes dont notre association connaît trop bien les conséquences.
Dans un débat, il y a les pour et les contre. SOS homophobie est pour le mariage pour tou-te-s et répond ici aux arguments des opposant-e-s.

Notez que les argumentaires et les articles référencés sur cette page sont donnés à titre d’information, et ne reflètent pas forcément la position de SOS homophobie.



Mariage homo, mariage gay, mariage pour tou-te-s ?

Les opposant-e-s au projet de loi utilisent les expressions “mariage homo” et “mariage gay" pour donner l’impression que ce sont des revendications communautaristes qui réclament des lois spécifiques, alors que c’est exactement l’inverse : aujourd’hui le mariage est réservé à la "communauté" présumée hétéro ! Avec le mariage pour tou-te-s, il s’agit d’obtenir les mêmes droits pour toutes et tous. Les lesbiennes, les trans, les bi, les gays, les hétéros composent la société ensemble et à ce titre, ils et elles ont droit aux mêmes droits.




Pourquoi les opposant-e-s au mariage mettent-ils le mot “mariage” entre guillemets ?

Pour dénigrer cette forme d’union. Certain-e-s parlent aussi de “duos homosexuels” dans le but de rabaisser les couples de même sexe qui ne mériteraient donc même pas le qualificatif de couple... Pourtant, la loi de 1999 sur le Pacs et le concubinage prévoit déjà que le couple peut être formé de deux personnes de sexes différents ou du même sexe. “Couple”, c’est donc le bon mot selon le Code civil et aussi selon le dictionnaire.




Le Pacs ne suffit-il pas ?

Non. Les droits donnés par le Pacs et le mariage sont très différents ! Contrairement au mariage, le Pacs ne prévoit pas la protection du ou de la partenaire survivant-e en cas de décès (pensions de réversion, droits de succession). Il ne prévoit pas non plus les droits extra-patrimoniaux liés à la famille, comme le port du nom de son ou de sa partenaire, ou les liens de parentalité et droits de filiation. En conclusion, le couple marié est mieux protégé par la loi que le couple pacsé.
Il est inacceptable que l’Etat français, dont la devise est pourtant "liberté, égalité, fraternité", discrimine légalement les couples sur la base de l'orientation sexuelle des partenaires.




Est ce qu'il pourrait suffire d'améliorer le Pacs, ou de proposer aux couples homosexuels une union civile ?

Il est symboliquement très important que la loi donne aux couples homosexuels les mêmes droits qu'aux couples hétérosexuels, et que leurs unions portent le même nom. Si le mariage civil des couples hétérosexuels devait aussi être renommé "union civile" alors pourquoi pas ! Mais n'est-il pas plus simple et plus clair d'ouvrir à tous et à toutes la possibilité de se marier ?




Je suis contre l'ouverture du mariage aux homos, mais je ne suis pas homophobe ! (habituellement suivi de : "j’ai même des homosexuels parmi mes amis")

Les violences physiques et les discriminations homophobes que tout le monde condamne ne sont qu'une conséquence de l’homophobie. La source ultime de l'homophobie est à rechercher dans une conception hiérarchisée des orientations sexuelles et des identités de genre. Considérer que les couples homo et hétéro ne doivent pas être traités de façon égale est une reconnaissance implicite de cette hiérarchie. L'inégalité devant la loi rappelle chaque jours aux jeunes LGBT (Lesbiennes, Gay, Bi, Trans) que l’Etat les considère comme des sous-citoyens.

Par ailleurs, même s'il ne s'agit pas d'amalgamer toutes les personnes qui s'interrogent sur le bien-fondé de cette nouvelle loi, on ne peut pas nier que le "débat" sur le mariage a libéré la parole homophobe, et que cela a créé des violences psychologiques sans précédent pour toutes les personnes lesbiennes, gays, bi, trans, leurs familles, leur entourage, et pour toutes les personnes attachées aux valeurs humaines qui sont à la source du bien-vivre ensemble. Avant l'ouverture des débats à l'Assemblée Nationale, SOS homophobie a demandé à l'ensemble des parlementaires de signer la Charte d'engagement moral pour un débat parlementaire respectueux.




Le mariage est-il une attente du “lobby homosexuel” ?

S’il existe un lobby homosexuel, nous en voulons bien l’adresse ! L’homophobie aurait été annihilée et le mariage pour tou-te-s voté depuis longtemps.
Plus sérieusement, il existe des associations militantes qui revendiquent certains droits mais elles peuvent difficilement être qualifiées de lobby puisqu’elles ne revendiquent pas l’octroi de droits spécifiques ! L’objet des revendications est bien d'obtenir les mêmes droits que les hétérosexuel-le-s.
L’objet des revendications des associations telles que SOS homophobie est bien que les couples de même sexe aient les mêmes droits que les couples hétérosexuels.




"Il ne faut pas céder à la mode du moment"

Devons-nous considérer que le fait d’ouvrir le droit de vote aux femmes ou de permettre aux personnes de culture différente de se marier (mariage mixte) étaient des "modes du moment" ? Non, il s’agissait simplement de mettre tou-te-s les citoyen-ne-s sur un pied d’égalité en palliant des inégalités de droit discriminantes, notamment sexistes et racistes. Ces mesures n’ont nullement contribué à une quelconque destructuration de la société. Permettre à tous et toutes d’accéder au droit de se marier, quelle que soit son orientation sexuelle, s’inscrit dans la même démarche.




Est ce que l'ouverture de mariage à tous les couples risque de bouleverser notre société ?

Non ! L’homosexualité a toujours existé, de même que les couples de même sexe. Par ailleurs notre société a évolué… maintenant la loi doit suivre. La majorité de la population française est favorable à cette loi, la société est prête.
De nombreux pays ont déjà légalisé le mariage pour les personnes homosexuelles sur l'ensemble de leur territoire. Par exemple, les Pays Bas, il y a déjà onze ans, et ce pays ne s’en porte pas plus mal. De même que l’Afrique du Sud depuis 2006, l’Espagne depuis 2005 ou la Belgique depuis 2003. Pas de bouleversements de société en vue. Des arguments apocalyptiques sur les conséquences potentielles pour la société d’une loi ont déjà été utilisés lors des débats sur l’adoption du PACS en 1998 et 1999. Treize ans après son entrée en vigueur, la société française a intégré ce nouveau droit, et son large usage, plébiscité par des centaines de milliers de couples hétérosexuels ou homosexuels, démontre l’inanité des arguments de l’époque.




Le mariage pour tou-te-s va-t-il dénaturer l’institution du mariage ?

Non. Le mariage est une institution qui n’a rien de naturel. D’ailleurs, dans la loi, le mariage n’est que partiellement une institution, c’est aussi un contrat. Donner de nouveaux droits aux homosexuel-le-s n'enlèvera rien aux hétérosexuel-le-s.




Le mariage est-il sacré ?

Cette question est hors sujet. C’est du mariage civil dont il est question ici. L'évolution du mariage religieux ne dépendra que des institutions religieuses concernées.




Les représentant-e-s des religions n’ont-ils-elles pas leur mot à dire ?

Chaque citoyen-ne ou représentant-e d’un culte a naturellement le droit de s’exprimer librement et de participer au débat. Mais les Eglises et l’Etat sont séparés depuis la loi de 1905, et le législateur élabore et vote la loi en totale indépendance par rapport aux représentant-e-s des différents cultes.

Par ailleurs, il ne faudrait pas croire que “les religions” s’expriment de façon monolithique contre le mariage pour tous : dans les trois monothéismes, il n'y a que dans le catholicisme que la hiérarchie soit si forte et la parole si unifiée ; la situation est très différente pour l'Islam et le Protestantisme. Et surtout, les croyant-e-s sont des sujets, avec des positions contrastées, qui ne sont pas toujours celles du clergé.




Le mariage est-il une institution millénaire ?

C’est une institution multi-millénaire, mais qui n’a pas cessé d’évoluer dans l’histoire, les interdictions successives qui lui ont été imposées (unions entre clans différents, entre confessions religieuses différentes, interethniques, mariage imposé et non d’amour jusqu’au XIXème siècle en Occident…) étant progressivement abolies grâce au désir de liberté des individus. Mais il faut noter que Le mariage civil (la réforme de la loi ne concerne évidemment pas le mariage religieux) ne date que de 1791. Il est régi par un ensemble de lois qui donnent des droits et imposent des obligations au couple, pour l’organiser et pour protéger les plus faibles à l'intérieur de la famille (conjoint-e-s, enfants quand le couple se sépare ou qu’un parent décède). Les lois doivent s'adapter à l’évolution de la société. Et en la matière, le droit français n’est pas un grand rapide. La dernière grande réforme du droit matrimonial date de 1985, moment où les deux époux devenaient enfin égaux devant la loi. La dernière grande réforme de la famille date elle de 2004, quand les enfants (né-e-s de parents hétérosexuel-le-s) sont aussi enfin devenus égaux : légitimes, naturel-le-s, adultérin-e-s, ils et elles ont désormais les mêmes droits. Seuls restent à l’écart les enfants né-es de parents homosexuel-le-s.




Le mariage, c’est un homme et une femme !

Ce n’est qu’une question de définition. Oui pour l’instant selon le droit français ; non ailleurs ou en France lorsque la loi aura changé.
Rappelons qu’au départ le Code civil n’indique pas explicitement que les marié-e-s doivent être de sexes différents. L’article 144 du Code civil, qui est interprété comme imposant que le mariage soit conclu entre un homme et une femme, indique seulement que “L'homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus.” C’est la Cour de Cassation, lors de la fameuse affaire du mariage de Bègles, qui a annoncé en 2007 que selon cet article “le mariage est l'union d'un homme et d'une femme".




Je connais un-e homosexuel-le qui ne veut pas se marier !

Oui, et alors ? Il y a aussi des hétéros qui sont pour le mariage pour tou-te-s et des hétéros qui ne veulent pas se marier. Le mariage pour tou-te-s doit permettre à chaque couple de choisir entre l’union libre, le Pacs et le mariage. Que chaque couple ait le droit de ne pas se marier ! Le droit de se marier, ce n’est pas l’obligation de se marier, les hétérosexuel-le-s sont bien placé-e-s pour en parler.




Les maires pourront-ils refuser de marier les homosexuels ?

Evidemment pas. Est-ce qu’il serait acceptable qu’un maire refuse de marier un couple d’âges, d’origines ethniques, d’origines sociales ou de confessions religieuses différentes par exemple ? Quand la loi sera en vigueur, le mariage pour les couples de même sexe sera légal, ce sera un droit.
Le-la maire est non seulement un-e citoyen-ne – donc soumis-e à la loi comme les autres – mais aussi et surtout il-elle est un-e représentant-e de l’Etat. A ce titre il-elle est chargé-e de l’exécution de la loi dans sa commune (article L2122-27 du Code général des collectivités territoriales). Il-elle ne peut donc pas s’y soustraire et refuser de marier un couple de même sexe si la loi autorise ce mariage. Il-elle peut cependant demander à un-e adjoint-e, ou à un-e simple membre du conseil municipal, d’officier à sa place.




Le mariage sert-il à faire des enfants ?

Non, les couples hétérosexuels stériles et les personnes hétérosexuelles trop âgées pour faire des enfants ont le droit de se marier. Le mariage n’impose aucune obligation de faire des enfants. Cette idée que le mariage “sert à faire des enfants” peut venir d’une confusion avec le mariage religieux qui lui conçoit l’union comme ayant vocation à construire une famille. Il est vrai que pendant tout le premier siècle du mariage civil (entre 1791 et 1912), il n’y avait pas de filiation possible en dehors du mariage. Le père marié bénéficiait de la présomption de paternité (c’est encore vrai aujourd’hui) et l’enfant né hors mariage ne pouvait pas être reconnu (preuve d’ailleurs que la filiation fondée sur le mariage n'était pas indissociable de la biologie). La situation a complètement changé aujourd’hui: la plupart des enfants naissent hors mariage, et le père reconnaît l’enfant à l’occasion d’une simple démarche en Mairie. Le mariage n’est donc plus, aujourd’hui, la condition de la filiation.

En savoir plus :
Mariage des personnes de même sexe et filiation : le projet de loi au prisme des sciences sociales : la vidéo de la Rencontre-débat organisée par les Cercles de formation de l'EHESS et le document d’analyse pdf.



Existe-t-il des études qui montrent que les enfants sont moins bien élevé-e-s par des parents gays ou lesbiens ?

Non. D’après le journal Le Monde, 70 articles scientifiques consacrés au développement de l’enfant dans les familles homoparentales n’ont pas montré de différences significatives entre les enfants élevé-e-s dans des familles homoparentales et les autres, et en particulier aucun impact sur l'orientation sexuelle : évidemment, on ne devient pas homo quand on est élevé par des homos ! sinon les hétéros n’auraient que des enfants hétéros... Les enfants élevés par des couples homosexuels ne souffrent pas de l’homosexualité de leurs parents, mais de l’homophobie de celles et ceux qui, à l’école ou ailleurs, cherchent à les stigmatiser. C’était la situation des enfants de divorcés avant que le divorce ne devienne plus fréquent et que cette stigmatisation ne disparaisse.




Il y a déjà trop peu d’enfants adoptables par des couples hétéros !

Il y a effectivement beaucoup moins d’enfants légalement adoptables en France que de candidat-e-s à l'adoption. Il serait toutefois parfaitement discriminatoire de décider que, lorsque l’adoption par les couples homos sera possible, les couples hétéros seront prioritaires. La remarque trahit précisément l’idée d’établir une hiérarchie entre les couples en fonction de l’orientation sexuelle des partenaires. Un couple dont l’un-e, l’autre ou les deux partenaires sont bisexuels aurait-il moins de droits que le couple hétérosexuel ?




L'adoption va-t-elle faire arriver les enfants dans les familles homoparentales ?

Ils y sont déjà ! Selon les sources, entre 50 000 et 300 000 enfants vivent déjà dans des familles homoparentales en France. Il s’agit de situations diverses : des enfants initialement né-e-s alors que leurs parents étaient en couple hétérosexuel, des enfants né-e-s grâce à une PMA réalisée à l’étranger, des ami-e-s qui forment un projet parental entre eux-elles... Ce que la loi va apporter à ces enfants, c’est une sécurité supplémentaire, les mêmes droits que ceux qu’elle donne aux enfants élevé-e-s dans des familles hétéros, la même protection en cas de décès d’un des parents ou en cas de séparation du couple. Permettre l’adoption de l’enfant du-de la conjoint-e à l’intérieur d’une famille homoparentale, c’est sécuriser les enfants !




Est-ce que la PMA et la GPA, c’est la même chose ?

La procréation médicalement assistée (PMA), ou assistance médicale à la procréation (AMP), est un ensemble de pratiques dans lesquelles la médecine intervient pour permettre à un couple infertile d'avoir un enfant. Le premier enfant issu d’une fécondation in vitro est né en France en 1982, et près de 50 000 enfants naissent en France chaque année grâce aux techniques de PMA, qui sont strictement encadrées par la loi.

La GPA (gestation pour autrui) est une méthode particulière d’assistance médicale à la procréation qui consiste à faire porter par une femme (une “mère porteuse”) un enfant, conçu à partir d’embryons fournis par un couple dont la femme est infertile. Cette technique est interdite en France par la loi bioéthique de 1994 (le Code civil dispose que : « Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d'autrui est nulle ») et condamnée par le code pénal.

Le projet de loi actuel n’aborde plus la PMA, et le gouvernement n’a jamais proposé d’autoriser la GPA (voir ci dessous la note sur la circulaire dont il a été question lors des débats à l’assemblée nationale le 30/01/2013).




Pourquoi revendiquer la procréation médicalement assistée pour les couples de lesbiennes ?

Parce que la loi va entériner le fait qu’un enfant peut avoir deux parents du même sexe, et que les couples hétérosexuels stériles ont, d'après la loi actuelle, le droit d’avoir recours à la PMA. L’impossibilité d’accéder à la PMA pour les lesbiennes serait incohérente et injuste : mariées, elles doivent avoir le même droit à la PMA que les couples hétéros eux aussi mariés. Les lesbiennes devraient y avoir accès suivant les mêmes conditions que les couples hétérosexuels : si elles sont mariées ou peuvent justifier d'une vie commune d'au moins deux ans.




Aujourd’hui la PMA, demain la GPA ?

L’argument polémique selon lequel on ne peut revendiquer l’ouverture à tous d’un droit déjà existant parce que cela appellerait forcément la revendication de nouveaux droits est évidemment malhonnête, et sert surtout à faire du spectacle dans l’hémicycle.

Les personnalités et associations féministes et LGBT n’ont pas d’avis unanime sur l’interdiction de la GPA, mais la position de SOS homophobie est claire : nous revendiquons l’égalité de traitement pour les couples homosexuels et hétérosexuels. Si la GPA venait à être autorisée en France pour les couples hétérosexuels (ce qui est très improbable), alors nous exigerions que les couples homosexuels puissent y avoir accès aussi. C’est le même raisonnement qui nous fait demander l’accès à la PMA pour les couples de lesbiennes (la PMA telle qu’elle est envisagée aujourd’hui ne concerne pas les couples d’hommes).

Mais la GPA est légale et encadrée dans certains pays (et dans certains de ces pays, elle est accessible aussi aux couples d’hommes). Ce qui pose problème aujourd’hui, c’est la retranscription sur les registres d'état civil français d'actes de naissance enregistrés à l'étranger et concernant des enfants nés par GPA de géniteurs français. Cette question n’a rien à voir avec celle du mariage pour tous ! En 2009, le Conseil d'État a rendu un avis préconisant le maintien de l'interdiction de la gestation pour autrui en France, tout en proposant que « la situation juridique des enfants nés à l’étranger par recours à cette pratique soit aménagée, de façon que ceux-ci ne soient pas pénalisés par le fait que leurs parents d’intention ont eu recours à une pratique interdite en France ». C’est le but de la fameuse circulaire, qui s'adresse aux tribunaux d'instance pour faciliter la délivrance de certificat de nationalité française. Il n’y a en effet pas d'éléments de droit qui justifient qu'on ne donne pas de certificat de nationalité française à ces enfants qui sont Français




Les enfants ont-ils le droit d’avoir un père et une mère ?

Oui les enfants ont le droit d’avoir un père et une mère mais ils n’ont pas l’obligation d’avoir un père et une mère ! Corrélativement, les parents d’un enfant n’ont pas l’obligation de lui « fournir » un père et une mère. Sinon l'état devrait imposer au million de femmes élevant seules un enfant de vivre avec un homme et vice versa pour les pères qui élèvent seuls leurs enfants. Il faudrait aussi supprimer les procédures qui ont pour conséquence de ne laisser qu’un parent à l’enfant (adoption par un-e célibataire) ou même aucun (accouchement sous X). Et que faire en cas de décès d’un des deux parents ?
Le droit de l’enfant, c’est celui d’être protégé par l’Etat. De fait, aujourd’hui en France, des dizaines de milliers d’enfants vivent dans des familles homoparentales sans aucune reconnaissance légale, dans un total vide juridique.




"Les enfants ont besoin d'un double référent paternel/maternel"

Ces “référentiels” binaires ne cachent-ils pas une vision sexiste de la famille ? Est-ce qu’il doit réellement y avoir un rôle attribué au papa et un autre à la maman ? Quel rôle exactement ? L’homme, viril nécessairement, doit travailler pour représenter l’autorité, rapporter de l’argent dans le ménage et aller regarder des matchs de foot ? Pendant que la femme, elle, jolie, douce, soumise, s’occupe des enfants et fait le ménage ? Encore une fois, que faire des parents célibataires ?
Et puis, les parents ne sont pas les seuls référents adultes d’un enfant : le reste de sa famille et de son entourage sont autant de modèles possibles.
Ce dont les enfants ont besoin, c’est de parents qui les aiment et prennent soin d’eux, deux caractéristiques qui ne sont pas liées à l’orientation sexuelle des parents.




Bientôt des enfants avec quatre parents ?

Cette structure familiale existe déjà et peut être vécue en tout équilibre ; il s'agit principalement de familles dans lesquelles les parents hérérosexuels se sont séparés et ont trouvé un nouveau ou une nouvelle partenaire, mais aussi de certaines familles homoparentales. C’est le principe des familles recomposées que d’avoir pour effet de donner plus de deux parents à un enfant.




Le mariage homosexuel c'est consacrer le droit à l'enfant, au lieu des droits de l'enfant !

Si permettre aux homosexuel-le-s d’avoir des projets de parentalité consacre le droit à l’enfant au lieu des droits de l’enfant, alors cela revient à considérer que les couples hétérosexuels n’ont des enfants que par accident ! Les couples hétérosexuels ont eux aussi des projets, d’avoir des enfants ou non, d’utiliser des moyens de contraception, d’avoir des enfants à telle époque de leur vie et de leur couple ou non, de recourir en cas de besoin à différentes techniques telles que le don de gamètes, la fécondation in vitro, l’adoption, etc. Les hommes et les femmes décident donc déjà de quand et comment avoir leurs enfants. Le droit de l'enfant est celui d'être élevé dans un cadre protecteur et aimant !




Le projet de mariage homo "n'est pas constitutionnel" ?

Le Conseil constitutionnel, "gardien de la constitution", a pourtant indiqué dans une réponse à une QPC du 28 janvier 2011 "qu'aux termes de l'article 34 de la Constitution, la loi fixe les règles concernant « l'état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et libéralités » et qu' « il est à tout moment loisible au législateur (...) d'adopter des dispositions nouvelles dont il lui appartient d'apprécier l'opportunité et de modifier des textes antérieurs (...) dès lors qu'il ne prive pas de garanties légales des exigences de caractère constitutionnel.»

Le mariage pour tous serait donc inconstitutionnel seulement s'il empêche que la loi garantisse ce qu'on appelle les « exigences de caractère constitutionnel.» Ces exigences sont tous les droits reconnus par la constitution elle-même, par son préambule, par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, par le préambule de la constitution de 1946 etc.

Or aucun principe constitutionnel ne réserve le mariage à un couple hétérosexuel, c'est même presque le contraire puisqu'un des premiers principes constitutionnels est celui de l'égalité entre les citoyen-ne-s ! Par ailleurs, la loi ne privera les couples hétérosexuels et les familles hétéroparentales d'aucun droit fondamental. Le texte inclut seulement les couples de même sexe et les familles homoparentales dans le champ protecteur de ces droits fondamentaux.




Un gouvernement ultérieur pourrait-il abroger ce texte et "démarier" les couples homosexuels ?

Le parlement est souverain, mais il lui sera difficile de revenir en arrière. Les juristes mettent en avant "l'intangibilité de l'état civil, grand principe du droit civil" ou l'article 2 du code civil selon lequel "la loi dispose pour l'avenir, elle n'a point d'effet rétroactif". Par ailleurs la menace de revenir en arrière sur le PACS n'a bien sûr jamais été suivie d'effet. Aucun des pays qui a fait passer ce type de loi n'est revenu en arrière. Et heureusement : le but de cette loi est de protéger les familles ; l'abroger reviendrait à précariser de façon dramatiques les situations de ces familles homoparentales.




Pourquoi ne pas organiser un référendum sur le sujet ?

Au-delà des doutes sur la constitutionnalité d'un tel procédé, et de la question de son coût (130 millions d'Euros pour celui sur le traité constitutionnel européen !), il convient de se demander si la tenue d'un référendum sur le sujet serait plus démocratique. Nous pensons que non, car le suffrage universel a déjà tranché : le mariage et l’accès à la parentalité pour tou-te-s étaient l’engagement 31 du candidat François Hollande, et cinq autres candidats s’étaient clairement engagés pour l’égalité des droits.
Par ailleurs, de nombreuses avancées sociales n’ont pas fait l’objet d’un referendum (autorisation du divorce, légalisation de l’interruption volontaire de grossesse). Et que dire de l’abolition de la peine de mort qui n’était même pas soutenue, en son temps, par une majorité de la population ? N’était-ce pas pour autant une grande avancée de société ?




Aujourd'hui, le mariage, demain la pédophilie, l'inceste ?

Ce sont des amalgames particulièrement insultants et inacceptables ! La polygamie, l’inceste et la pédophilie ne sont pas davantage liés à l’homosexualité qu’à l’hétérosexualité ! Ce sont des crimes sanctionnés par la loi et leur et leur commission n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle de leur auteur-e. Tout cela relève de la manipulation par la peur et du fantasme, fantasmes par ailleurs déjà exprimés lors des débats sur le Pacs…

Pour un florilège de déclarations homophobes, voir ici:
http://lmsi.net/2000-ans-d-homophobie
Le rapport annuel de SOS homophobie