Présidentielle 2012 : réponses de Marine Le Pen au questionnaire de SOS homophobie

SOS homophobie a fait parvenir à tou-te-s les candidats à l'élection présidentielle 2012 un questionnaire comportant 12 questions. Les réponses ci-dessous sont indiquées en l'état. Vous pouvez télécharger la réponse complète de Marine Le Pen en bas de la page.


1. Légaliserez-vous le droit au mariage dans sa forme actuelle pour les couples du même sexe ?

Je suis opposée au mariage pour les couples homosexuels car je pense que la loi de la République fixe l’intérêt général. Or ce type de loi relève de l’intérêt particulier donc participe du communautarisme.
Par ailleurs, je crois que cette revendication est soutenue par des associations qui prétendent parler au nom des homosexuels mais qui ne représentent pas l’ensemble des homosexuels.
Une question se pose alors : est-ce le rôle de la République de légiférer sur une demande ultra-minoritaire concernant déjà une minorité de personnes ?
Rien n’empêche cependant de réfléchir à une évolution de PACS notamment sur les questions fiscales, de logement ou en cas de décès d’un des deux partenaires.

2. Instaurerez-vous l’égalité des droits dans l’accès à la parentalité pour toutes et tous ?

J’y suis défavorable car la question n'est pas de savoir si un couple homosexuel sera à même d'éduquer aussi bien un enfant qu'un couple hétérosexuel, ni de juger des cas particuliers (ce qui n'est pas le rôle de la loi), mais d'agir dans l'intérêt de l'enfant.
Pour ma part, je pense qu'il ne peut y avoir de "droit à l'enfant". Un enfant, quelle que soit sa famille et toutes sont loin d'être parfaites, a besoin de s'identifier autant qu'il est possible, à son père et à sa mère et d'avoir au moins un modèle parental.
Je vous renvoie aux propos tenus en 1998 lors du débat sur le Pacs par Elisabeth Guigou, alors ministres socialiste de la Justice : « Je soutiens comme de nombreux psychanalystes et psychiatres qu’un enfant a besoin pour sa structuration psychique, sociale et relationnelle d’avoir face à lui pendant sa croissance (…) un modèle de l’altérité sexuelle, un référent homme et un référent femme ». A la différence du PS qui a aujourd’hui changé d’avis, je crois que ce qui était vrai hier l’est toujours aujourd’hui.

3. Ajouterez-vous l’identité de genre aux critères de discriminations reconnus par la loi ?

La loi punit sévèrement toute forme de discriminations, il suffit de l’appliquer. Par ailleurs, je ne partage par cette vision d’une subdivision à l’infini des Français selon des catégories déterminées. Je ne reconnais qu’une seule communauté, la communauté nationale.

4. Porterez-vous le délai de prescriptions pour les injures dans le cadre privé à 12 mois ?

Il faudrait déjà s’entendre sur la notion juridique d’insultes à caractère homophobe. Est-on homophobe lorsque l’on critique ou l’on s’oppose au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels ? Est-on homophobe lorsqu’on considère que le défilé de la Gay Pride n’est pas toujours du meilleur goût ? La tendance à vouloir interdire tout débat en criminalisant les opinions divergentes ouvre la porte à toutes les dérives.
Ce n’est pas en multipliant les recours auprès de tribunaux déjà engorgés que l’on fera reculer les véritables insultes homophobes. C’est avant tout une question d’éducation.

5. Inclurez-vous explicitement l’orientation sexuelle et l’identité du genre dans les motifs ouvrant droit au statut de réfugié ?

Le droit d'asile tel qu’il a été défini par la Convention de Genève dans son article 1 est pour le moins clair est précis : "est considérée comme réfugié la personne, qui, en raison de persécutions pour des motifs de race, de religion, de nationalité ou d'appartenance à un groupe social ou politique, ne peut ou ne souhaite regagner son pays ou étant privé de nationalité, ne peut ou ne souhaite regagner le pays où elle a sa résidence habituelle". Je souhaite que l’on revienne à l’application stricte de ce texte.
On ne peut multiplier à l’infini les critères ouvrant l’accès au droit d’asile alors que notre pays concentre à lui seul 20% des demandes d’asile en Europe.

6. Donnerez-vous les moyens à un organisme public de lutter efficacement contre l’homophobie et la transphobie sur Internet ?

Par définition Internet est un espace de liberté et doit le rester. Cependant la liberté n’autorise pas à diffamer, insulter ou attenter à la dignité humaine. Les lois réprimant ces types de délits existent, il suffit là encore de les appliquer.

7. Ouvrirez-vous le droit du sang aux homosexuels ?

La législation actuelle sur le droit du sang n’exclut pas les homosexuels de la collecte de sang, elle définit une liste de catégories de personnes contre-indiquées parmi lesquelles vous trouvez également les personnes prenant certains traitements, les personnes ayant subi une opération, un tatouage dans les quatre mois précédant le don du sang, les personnes ayant subi même depuis longtemps une greffe d’organe, ou encore les femmes enceintes ou ayant accouché depuis 6 mois. Il n’y a pas de volonté de cibler spécifiquement les homosexuels, mais de prendre en compte des impératifs de sécurité.
Il me paraît essentiel de garantir le risque zéro tant pour le donneur que pour le receveur et cela pour tout type de personnes et quelle que soit leur orientation sexuelle.

8. Mettrez-vous en place un plan national de prévention spécifique sur la santé sexuelle des lesbiennes ?

L’information et la prévention notamment sur les infections sexuellement transmissibles doit se faire dans un cadre général. Le milieu médical et hospitalier apporte il me semble les réponses nécessaires tant au niveau de la prévention que de la prise en charge des IST.

9. Inclurez-vous dans les programmes scolaires la sensibilisation à la diversité des relations amoureuses et à la question du genre, et ce dès l’école primaire ?

Ce n’est ni le rôle de l’école ni des programmes scolaires qui doivent avoir comme seule vocation la transmission des savoirs.

10. Formerez-vous le personnel de l’Aide sociale à l’enfance pour qu’il détecte l’homophobie et la transphobie dont peuvent être victimes les adolescents dans leurs familles ?

Cette structure doit par définition être à l’écoute des difficultés et des souffrances que peuvent rencontrer certains enfants dans leur milieu familial quelle que soit l’origine de ce mal être.

11. Demanderez-vous officiellement aux entreprises de mettre en place des formations de lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes LGBT au travail ?

Les personnes victimes de discriminations directes ou indirectes en raison entre autres de leurs mœurs et de leur orientation sexuelle sont protégées par la loi du 16 novembre 2001 portant sur les discriminations au travail qui interdit et sanctionne ce genre de comportement.

12. Inscrirez-vous dans la formation initiale des agents de la fonction publique un module de sensibilisation à l’homophobie et à la transphobie ?

Le service public se doit de garantir un accès égalitaire à tous. La République s’adresse à des citoyens et non à des communautés. Les spécificités et les particularismes communautaires n’ont pas à être pris en compte.

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