Présidentielle 2012 : réponses de Nicolas Dupont-Aignan au questionnaire de SOS homophobie

SOS homophobie a fait parvenir à tou-te-s les candidats à l'élection présidentielle 2012 un questionnaire comportant 12 questions. Les réponses ci-dessous sont indiquées en l'état. Vous pouvez télécharger la réponse complète de Nicolas Dupont-Aignan en bas de la page.


Monsieur,

Vous voudrez bien trouver ci-après les réponses à vos questions, que je vous remercie de m'avoir adressées.

Vous en souhaitant réception,

Bien Cordialement.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Candidat à la présidence de la République
Député de l’Essonne – Maire d’Yerres

1. Si vous êtes élu, légaliserez-vous le droit au mariage dans sa forme actuelle pour les couples de même sexe ?

Cette question de société est une véritable interrogation qui traverse notre société. Je pense que le prochain président de la République devra avoir le courage de clairement la trancher. Nous savons en effet combien la loi est aujourd'hui hypocrite et combien le malentendu actuel favorise l'incompréhension, et - in fine - le rejet de l'autre. A mon sens, le législateur devra concilier deux principes très importants.
Le premier de ces principes est bien entendu le droit de chaque individu de vivre sa vie comme il l’entend, et de pouvoir aimer qui il veut. A cet égard, je ne pense pas que l'amour ait un sexe. Les homosexuels doivent pouvoir vivre leur amour librement au sein de la société française, protégés de tous les actes qui pourraient remettre en cause leur statut de citoyens à part entière.

Il m’apparait donc parfaitement légitime de vouloir solenniser les liens forts qui unissent deux personnes. Ainsi, il est juste que chacun puisse en France organiser au grand jour son bonheur comme il l'entend. Je suis donc en faveur d'une véritable "alliance", conclue en Mairie et ouvrant droit à certains avantages supplémentaires par rapport au PACS (notamment fiscaux), comme la possibilité notamment de toucher une réversion en cas de décès. Je prévois aussi logiquement des obligations plus fortes, calquées sur celles du mariage, pour ce qui concerne la séparation.

2. Si vous êtes élu, instaurerez-vous l’égalité des droits dans l’accès à la parentalité pour tous ?

Le second de ces principes est qu'il n'existe pas dans notre société française - je le crois profondément - un « droit à l'enfant ». C'est la raison pour laquelle je suis opposé à l'adoption par un couple homosexuel. En effet, obtenir un enfant n'est pas un droit, et parfois la vie -dans sa dureté - empêche malheureusement des personnes pourtant tout à fait aptes à éduquer un enfant d'en avoir un.

Je crois en revanche qu'il existe un droit imprescriptible pour chaque enfant d’avoir un père et une mère à sa naissance. En ce sens, on peut considérer que je privilégie le droit de l’enfant au droit "à" l’enfant. Alors bien sûr, la vie écarte parfois l'enfant très tôt de son père ou de sa mère, et nul doute - dans l'absolu - qu'un couple homosexuel stable le rendrait plus heureux. Mais je ne pense pas comme législateur qu'on puisse priver dès le jour de sa naissance l'enfant de l'idée même d'un père ou d'une mère : en clair, on ne peut pas être le fils ou la fille de deux personnes du même sexe.

Pour toutes les raisons que je viens d’expliquer précédemment, je suis favorable à une véritable union pour les couples homosexuels grâce à la création d’un nouveau contrat d'alliance. En revanche, je m’oppose à ce que cette union s’appelle mariage et qu’elle ouvre le droit à l’adoption qui doit rester un droit pour les couples hétérosexuels.

3. Ajouterez-vous l’identité de genre aux critères de discrimination reconnus par la loi ?

La question du genre n’est pas, selon moi, un sujet d’abord politique, mais scientifique. Et c’est au législateur, c’est-à-dire aux parlementaires, conseillés par des experts, qu’il revient de déterminer s’il y a lieu d’ajouter l’identité de genre comme 19ème critère de discrimination reconnu par la loi. Non au Président de la République, qui a le droit d’avoir une opinion mais pas de l’imposer à une majorité législative.

Les questions sociétales illustrent bien le rôle du Parlement tel qu’il a été voulu par le général de Gaulle, et qui est de prendre en compte les aspirations fluctuantes de la société, même si celles-ci déplaisent au Président de la République. Si le Parlement estime que l’homoparentalité ou la légalisation de l'euthanasie active sont opportuns, tant pis si le Président ne partage pas personnellement ces positions.

C’est pourquoi, d’une manière générale, je reste relativement discret sur ces questions sociétales. Je ne cherche pas, moi, mon discriminant dans la surenchère, entre la droite et la gauche, à un pseudo progressisme qui ne leur sert que d’alibi à leurs démissions sur les enjeux socio-économiques d’une politique digne de ce nom.

4. Porterez-vous le délai de prescription des injures dans le contexte privé à 12 mois ?

Oui. Je ne vois pas d’inconvénient à ce que le délai de prescription pour les injures dans le cadre privé soit porté à 12 mois.

5. Inclurez-vous explicitement l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans les motifs ouvrant droit au statut de réfugié ?

Oui, je suis favorable à ce que l’orientation sexuelle et l’identité de genre puissent être inclus dans les motifs ouvrant droit au statut de réfugié. Le droit d’asile doit être ouvert à tous les persécutés, dès lors que cette persécution ne fait pas de doute raisonnable.

6. Donnerez-vous les moyens à un organisme public de lutter efficacement contre l’homophobie et la transphobie sur internet ?

J’estime que c’est aux forces de l’ordre, police et gendarmerie, de s’assurer du respect de la loi sur le territoire national ainsi que sur les sites internet relevant du droit français. Je m’engage à leur accorder des moyens renforcés. J’ai d’ailleurs explicitement prévu de recruter 10 000 nouveaux fonctionnaires de police et de gendarmerie, pour remplacer intégralement ceux qui sont partis en retraite et n’ont pas été remplacés.

7. Ouvrirez-vous le don du sang aux homosexuels ?

Sur le principe oui.

8. Mettrez-vous en place un plan de prévention spécifique sur la santé sexuelle des lesbiennes ?

Oui, je suis plutôt favorable à ce que soit mis en place un plan national de prévention spécifique sur la santé sexuelle des lesbiennes.

9. Inclurez-vous dans les programmes scolaires la sensibilisation à la diversité des relations amoureuses et à la question du genre, et ce dès l’école primaire ?

Je suis bien évidemment favorable à ce que les collégiens et lycéens soient sensibilisés, au cours de leur parcours scolaire, à la diversité des relations amoureuses. Cela peut se faire prioritairement dans l’enseignement de la littérature (ancienne, moderne et contemporaine), mais aussi à travers les cours d’histoire, de biologie et, par-dessus tout, de philosophie.

10. Formerez-vous le personnel de l’Aide Sociale à l’Enfance pour qu’il détecte l’homophobie et la transphobie dont peuvent être victime les adolescents dans leurs familles ?

Je suis effectivement favorable à ce que le personnel de l’Aide Sociale à l’Enfance soit formée à mieux détecter les comportements susceptibles de constituer des délits aux yeux de la loi.

11. Demanderez-vous officiellement aux entreprises de mettre en place des formations de lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes LGBT au travail ?

Je suis tout à fait prêt à demander aux entreprises de mettre en place des formations de lutte contre les discriminations au travail, si ce n’est déjà le cas. L’entreprise ne saurait constituer une zone de non-droit.

12. Inscrirez-vous dans la formation initiale des agents de la fonction publique un module de sensibilisation à l’homophobie et à la transphobie ?

Je suis bien entendu favorable à ce que les agents de la fonction publique soient sensibilisés aux discriminations sexuelles tombant sous le coup de la loi.

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