Conclusions

Cette édition du Rapport sur l'homophobie a été construite à partir de quatre sources :

  • les témoignages d'homophobie que nous avons reçus au cours de l'année 2002,
  • le travail effectué par les différentes commissions de SOS homophobie,
  • le suivi de l'actualité sur la période avril 2002/mars 2003,
  • l'analyse de la presse sur la même période.

A propos des témoignages reçus sur notre ligne d'écoute

"En 2002, 398 personnes ont appelé la ligne de SOS homophobie : il s'agit en très grande majorité d'hommes, d'homosexuels/les et presque aussi souvent de franciliens que de provinciaux. Ce sont principalement les 25-34 et 35-50 ans qui nous contactent même si on constate une augmentation des appels des très jeunes.
Une écrasante majorité de ces appelants (près de 40%) sont victimes d'homophobie dans la vie quotidienne, c'est-à-dire dans leurs relations avec le voisinage, l'administration, les commerces ou les services. C'est un chiffre qui augmente d'année en année, alors que les témoignages d'homophobie dans le monde du travail diminuent et occupent la seconde place avec près de 21% des appels. Viennent ensuite les catégories "mal de vivre" (11%) et "homophobie familiale" (8,5%), les appels divers constituant 21% du total.
Précisons enfin que sur l'ensemble de ces appels, 10% relatent des agressions physiques." (p.59 du Rapport)

À propos des politiques

"On peut diviser la classe politique française en trois pôles quant à leur attitude vis-à-vis des problématiques homosexuelles: un pôle clairement homophobe (l'extrême droite), un pôle homophile (le PCF et les Verts), un pôle parfois homophobe, parfois homophile : un "ventre mou" qui est souvent embarrassé quand on lui parle de ces questions et qui rassemble le PS et la droite.
Pour autant, la distinction gauche/droite vaut toujours : quand la gauche plurielle a voté pour le PaCS en 99, elle l'a fait dans un esprit d'égalité entre homos et hétéros et donc en se plaçant dans une tradition égalitaire. Quand la droite a proposé, puis voté, l'amendement sur la pénalisation de l'homophobie, elle s'est inscrite dans la logique répressive qui est la sienne en ce moment. La gauche comme la droite ont donc bel et bien fait progresser les droits des homosexuels ces dernières années, mais chacune à sa manière et selon ses critères et ses priorités." (p.39 du Rapport)

À propos de la presse

"On peut s'estimer plutôt satisfait de la presse française grand public : pas fondamentalement homophile, mais pas foncièrement homophobe. Pas de quoi se plaindre donc, sinon sur un point : la place accordée aux lesbiennes. En un an et sur sept titres, les articles qui leur sont consacrés se comptent sur les doigts d'une main. Quant à la lesbophobie, il n'en est question nulle part, sinon une fois dans le supplément Paris-Ile-de-France du nouvel Observateur. Loin de nous l'idée d'accuser les journalistes de faire preuve de discrimination, mais force est de reconnaître que sur ce point, ils ne font que participer à un déni généralisé de l'homosexualité féminine dans notre société au lieu de remplir leur rôle d'aiguillon en parlant de ce que tout le monde tait." (p.128 du Rapport)